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Trois ans, ça rime pas avec délinquant

Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant. Dans ce contexte, une récente expertise de l'INSERM prend un relief tout particulier. Un comité a décidé de lancer une pétition. Il y a déjà plus de 24 600 signataires. Cette pétition demande notamment un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants.  

Version imprimable | Zarchives (côté cour) | Le Mardi 28/02/2006 | 10 commentaires | Lu 601 fois


Commentaires

Ma colocataire, qui est directrice d'école maternelle, m'avait déjà rapporté la circulaire leur réclamant la liste des futurs délinquants repérés dans les petites classes ...
Ficher des p'tits bouts ... j'en suis tellement ... (je trouve pas le mot exacte pour exprimer )

 


pkdille | Le Mardi 28/02/2006 à 09:19 | [^] | Répondre

Re:

Scandalisée ? Ecoeurée ?
Doit ressembler à ça, le mot, non ?
Moi, je trouve ça pathétique. Et dangereux. Et en même terriblement dans la lignée de tant de choses.

 


Didier | Le Mardi 28/02/2006 à 09:28 | [^] | Répondre

Re: Re:

En même temps, détecter très tôt les cas difficiles permet sans doute de leur apporter toute l'aide nécessaire, il faut que ce soit le sens de cette démarche. Et si cette mesure permet d'en sauver ne serait-ce qu'un seul, , il faut agir.

 Détecter ne suffit pas hélas. 

 


Eden | Le Mardi 28/02/2006 à 10:14 | [^] | Répondre

Re: Re: Re:

Oui, et une fois encore, tout cela renvoie à la façon don on s'y prend. Tel qu'il est posé là, le principe du fichier risque de tourner à plein régime, et avec lui celui de l'étiquette, et avec lui, celui de la discrimination a priori. Des "systèmes" ne remplaceront pas le manque de moyens humains et matériels accordés aux "professionnels" du champs social. Ils méritent mieux !
Mon sentiment : à force de placer les politiques de solidarité sous les fourches caudines de la "rentabilité, de ramener les choses à de l'assistance et à de l'allocation, de raisonner en terme de fonctionnement, de sabrer les actions d'associations et de professionnels qui ne font jamais ces métiers par hasard, on ne se situe pas en terme de temps, d'échanges, de relations humaines, de médiations, etc. On ne fait que de la prévention là où il faudraitr de l'éducation. Et on ne fait que la prévention "négative" car sinon, il faudrait des moyens, un projet, de la patience. Alors on se protège, on se défend, on anticipe des problèmes à venir là où il faudrait investir sur des solutions. Le fameux principe de précaution. Il est pénible, celui là.
En même temps, je me doute bien que les mauvaises personnes ne peuvent pas trouver les bonnes solutions !!!! On n'attend pas de Villepin et de son équipe qu'ils soient audacieux sur ces thèmes, non plus... !!!

 


Didier | Le Mardi 28/02/2006 à 10:40 | [^] | Répondre

Re: Re: Re:

Je crains Eden, en lisant les actions préconisées (entre autre "calmer" les dits enfants en leur donnant des médicaments) qu'il ne s'agisse pas de les aider, mais de les répertorier dans LE fichier.
Il existe déjà dans le système scolaire des "aides" pour accompanger les enfants en difficultés, sauf que les éducateurs qui partent à la retraite ne sont pas remplacés, et que la pénurie des effectifs ne permet pas de répondre à la demande.
Seulement voilà, cette aide est anonyme et les enfants ne sont pas répertoriés ... ils arrivent en primaire sans étiquette "futurs délinquants" sur le front.

 


pkdille | Le Mardi 28/02/2006 à 12:31 | [^] | Répondre

J'ai signé, bien sûr!
Ceci n'est que le symptôme des dérives a-démocratiques de notre société. Il s'agit bien de discrimination précoce et l'application de l'idée très anglo-saxonne que l'inné prime sur l'acquis. Il s'agit de stigmatiser au plus tôt les indésirables, les intouchables...

 


Le Monolecte | Le Mardi 28/02/2006 à 11:09 | [^] | Répondre

«On analyse l'enfant sous l'angle du trouble à l'ordre public qu'il représente, plus que de sa souffrance.»

Comme vous je considère que le pricipe de carnet de comportement est stigmatisant. Cette pétition a le mérite de soulever la question des moyens à mettre en oeuvre pour véritablement aider et suivre l'enfant en difficulté bien qu'un réseau d'aide, insuffisant, existe déjà. En cela, le débat démocratique est utile...

 


Eden | Le Mardi 28/02/2006 à 17:01 | [^] | Répondre

Puissance du net

Un exemple de la puissance citoyenne du net ? Les instigateurs de la pétition espéraient 20 à 30 000 signatures. Ils en sont à plus de 100 000 ! Libé, dans cet article, s'est d'ailleurs intéressé à la démarche.

 


Didier | Le Vendredi 17/03/2006 à 18:16 | [^] | Répondre

Suivi d'info... Reçu ce mail....

Notre mouvement, grâce à la mobilisation de plus de 189 000 signataires de l'appel "Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans", a commencé à porter ses fruits, tant du côté des enjeux de société qu’au plan du débat scientifique.

Le gouvernement a renoncé au zéro pointé pour les enfants turbulents. La recherche systématique chez les enfants de « troubles du comportement » dans le cadre d’un dépistage précoce systématique n’a pas été retenue dans le projet de loi de prévention de la délinquance, présenté en conseil des ministres le 28 juin et qui sera bientôt soumis au parlement. Ce premier succès est celui de tous les signataires de l’appel. Nous nous en réjouissons mais nous continuons à être inquiets notamment sur les questions soulevées par la possible levée du secret professionnel.
Vous pouvez lire à ce sujet le communiqué de presse de Pasde0deconduite du 16 juin 2006.


L'action à mener maintenant : sauvegarder le secret professionnel

Le projet de loi de prévention de la délinquance qui vient en discussion au Sénat le 13 septembre (http://www.senat.fr/dossierleg/pjl05-433.html) comporte toujours, dans son article 5, une mesure de levée du secret professionnel dans le cas de personnes présentant de graves "difficultés sociales, éducatives ou matérielles" au profit du maire de la commune. Ainsi, les professionnels de santé ou de l’action sociale seraient dans l'obligation d'informer systématiquement le maire de difficultés qui relèvent d’un soutien social, éducatif ou de soins, au nom de la prévention de la délinquance.
Or chacun sait qu'il est essentiel que les citoyens puissent continuer à bénéficier de garanties de protection de l’intimité de leur vie privée, lorsqu'ils ont besoin d'une aide. C’est parce qu’ils savent cette confidentialité protégée que les parents acceptent de faire part de leurs difficultés les plus graves et de recevoir le soutien des professionnels qui sont alors fondés à élaborer avec eux des mesures de prévention ou de soins.
A l'évidence, selon le projet actuel, les familles ne pourraient plus faire confiance à ces professionnels et leur parler librement de leurs difficultés.
Si cet article était voté, c'est la condition première de tout travail de prévention efficace et de qualité qui serait détruite. Alors, au nom d'une soit-disant meilleure efficacité de la prévention, on aboutirait au résultat inverse.

En cohérence avec l’esprit de l’appel
"Pasde0deconduite pour les enfants de 3 ans"
que nous avons soutenu ensemble auprès des pouvoirs publics,
nous demandons à tous les parlementaires
de préserver les fondements du secret professionnel,
en supprimant l’article 5 du projet de loi de prévention de la délinquance.

Nous vous proposons de soutenir cette démarche en envoyant dans les jours qui viennent à votre député(1) et à votre sénateur(2), ainsi qu’au premier ministre(3), le courrier qui figure en pièce jointe.


D’autres informations sur l'action menée

- "Pasde0deconduite" a rencontré le cabinet du premier ministre, le ministre de la santé, les responsables parlementaires à l’assemblée nationale et au sénat correspondant à l’ensemble des partis politiques. Un prochain rendez-vous est fixé avec le président du Comité national consultatif d’éthique.

- Un ouvrage intitulé "Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans", préfacé par Albert Jacquart, a été publié aux éditions Erès. Il est disponible en librairie dans toute la France. (plus d’information).

- "Pasde0deconduite" a organisé une journée de débat scientifique le 17 juin 2006 à Paris. Celui-ci a été filmé. Les principaux extraits seront bientôt mis en ligne sur Internet. Vous pourrez trouver le lien sur notre site à partir du mois d’octobre. Les actes seront également disponibles.

- Suite à notre action, le ministère de la santé a demandé à l’Inserm d’organiser en octobre 2006 un colloque sur la notion discutable de « trouble des conduites ». Cette initiative doit permettre de confronter d’une part l’approche réductrice soutenue par l’expertise Inserm de septembre 2005 et d’autre part l’approche de "Pasde0deconduite" qui défend une pratique de la prévention ouverte, humanisante et prévenante. Cette confrontation porte aujourd’hui non seulement sur la prévention et le soin psychique, mais aussi sur les recherches dans ces domaines. Plusieurs spécialistes de l’enfance du collectif "Pasde0deconduite" interviendront lors de ce colloque.


Nous vous invitons à vous rendre régulièrement sur le site
www.pasde0deconduite.ras.eu.org, où nous nous efforçons de tenir à jour les informations pour suivre le développement du mouvement autour de « Pasde0deconduite ».

 


Didier | Le Mardi 12/09/2006 à 05:51 | [^] | Répondre

Reçu dans ma boite mail ce communiqué de presse

L'Inserm vient d'annoncer une refonte de ses méthodes d'expertises dans le domaine de la santé psychique. Le débat scientifique et de société impulsé par "Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans" a donc porté ses fruits.
Face à l'ampleur du mouvement, le ministre de la santé avait chargé l'INSERM d'organiser un colloque<
  . Celui-ci, intitulé « Trouble des conduites : de la clinique à la recherche », s'est tenu le 14 novembre dernier à Paris.
L'Inserm y a fait son "mea culpa"
 .
Dans sa conclusion, le porte parole de l’Inserm a annoncé que les méthodes de travail des expertises Inserm dans le domaine psychique seront revues. Il y aura, notamment, prise en compte de la diversité des approches épistémologiques et pratiques, comme de l'expérience des acteurs de terrain et de l’apport des sciences humaines et sociales concernées par les problématiques considérées. "La multidisciplinarité est une condition d'une démarche éthique et scientifique", a considéré Jean-Claude Ameisen, président du comité d'éthique de l'Inserm. Jean Marie Danion, professeur de psychiatrie à Strasbourg, directeur de l'unité Inserm 666 et porte parole de l'Institut précise : "Désormais lorsqu'une expertise aura de fortes implications sociétales, comme celle-là, nous demanderons aux professionnels de terrain de nous faire des propositions sur les noms d'experts à consulter. Puis, à l'issue de ce travail, mais avant sa publication, nos interlocuteurs y auront à nouveau accès, afin de ne pas donner l'impression d'un texte détenteur d'une réalité intangible. Il nous faut également rejeter toute approche sécuritaire, en étant d'une vigilance sans faille vis-à-vis des risques de récupération politique".

Il aura fallu un an de travail et d'action du collectif "Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans" pour aboutir à cette prise de conscience.  Fin 2005, l'Inserm publiait une expertise sur le « trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent » . Elle établissait une corrélation abusive entre des difficultés psychiques de l’enfant et une évolution vers la délinquance. Elle préconisait le dépistage de ce qui était appelé « trouble des conduites » chez l’enfant dès le plus jeune âge.
Au même moment, un plan gouvernemental de prévention de la délinquance apparaissait. Il prônait notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance.

Janvier 2006, l’appel « Pas de conduite pour les enfants de trois ans » était lancé
  . Il s'élevait contre les risques de dérives des pratiques de soins, notamment psychiques, vers des fins normatives et de contrôle social. Il refusait la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social. Il engageait à préserver, dans les pratiques professionnelles et sociales, la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social, éducatif… vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement. Il appelait à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants.

L'appel était très vite porté par près de 200 000 signataires
  . Le débat scientifique et de société prenait alors une ampleur sans précédent, témoignant massivement d’un double refus :
- refus d’une prévention prédictive, du déterminisme et du conditionnement : à trois ans, tout n’est pas joué ;
- refus de voir la politique de sécurité s'emparer, à travers un projet de loi sur la prévention de la délinquance, des domaines qui relèvent de la politique de santé, notamment de ce qui a trait au dépistage précoce dans la sphère psychique.

Juin 2006, "Pas de 0 de conduite" publie son premier ouvrage et organise un débat national
   poursuivant la critique du rapport Inserm et dénonçant sa récupération politique(1).

Le gouvernement annonce alors le retrait de l'article sur le dépistage précoce du projet de loi prévention de la délinquance et renonce à l'idée d'un carnet de comportement dès la maternelle
. Le dépistage précoce d'un trouble psychique chez les touts petits est déconnecté de la législation sur la délinquance.
Dans le même temps, la validité scientifique de l’expertise de l'Inserm est de plus en plus contestée
   par l’immense majorité des professionnels concernés, par de très nombreux chercheurs et par de larges secteurs de l’opinion publique et des familles. Notamment, la pertinence de la notion même de "trouble des conduites".

Lors du colloque Inserm du 14 novembre 2006, devant le ministre de la santé et le directeur de l’Inserm, c'est quasiment à une contre-expertise collective sur la question du dépistage des troubles des conduites de l'enfant que se sont livrés tous les grands noms de la pédopsychiatrie française, et des pédiatres, psychologues, sociologues, épidémiologistes...
(cf. le programme et la liste des intervenants du colloque sur le site de Pasde0deconduite). Xavier Bertrand, ministre de la santé, a déclaré : "C'est la souffrance de l'enfant qu'il faut s'attacher à traiter". Il a plaidé pour un dépistage précoce, mais estimé que "toute association systématique entre troubles du comportement et délinquance est infondée". Regroupant les professionnels de la pédopsychiatrie, de la psychologie, de la santé et de la petite enfance, des chercheurs et des familles, ce colloque a dégagé un rejet quasi unanime à l’égard des préconisations de dépistage précoce de la délinquance, d'un dépistage centré sur les seuls symptômes visibles, d'un contrôle des familles et d’une approche sécuritaire des difficultés de santé. Tous les professionnels se sont accordés sur la nécessité d'une prévention globale des troubles, dans le respect de l'humanité et de la singularité de l'enfant comme de sa famille. Ils ont mis en valeur la notion d’accompagnement.
Aujourd'hui, un demi-million d'enfants sont suivis en psychiatrie publique, autant en CMPP (consultation médico-psycho-pédagogique) et en libéral. Mais tous s'accordent pour déplorer les listes d'attente interminables et le manque de moyens pour démarrer une prise en charge, une fois les premiers troubles détectés.

Ainsi, en moins d’un an, toutes les énergies mobilisées autour de Pasde0deconduite auront permis d’obtenir un double succès, sur le plan des enjeux scientifiques et de société, mais aussi sur celui des pratiques professionnelles de prévention dans le champ de la santé et de la petite enfance
  .

Les près de 200 000 signataires de l’appel Pasde0deconduite restent mobilisés
, à l’heure où les fondements du secret professionnel, gage de l’efficacité et de l’éthique des pratiques de prévention, sont remis en cause par le projet de loi de prévention de la délinquance.
Son article 5 prévoit toujours une mesure de levée obligatoire du secret professionnel dans le cas de personnes « présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles » au profit du maire de la commune.
Le collectif Pasde0deconduite saura dénoncer
   les initiatives de fichage d’enfants en difficulté, dont la presse s’est fait l’écho, et qui pervertissent les pratiques de prévention.
Il saura aussi rester vigilant
  sur les contenus et l'éthique des productions scientifiques et des rapports officiels dans le domaine de la santé psychique de l’enfant et de la prévention.

www.pasde0deconduite.ras.eu.org
contact@pasde0deconduite.ras.eu.org

 


Didier | Le Samedi 16/12/2006 à 09:10 | [^] | Répondre

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