S'identifier


Allez, créons nous donc une nouvelle phobie (collective) !

Comment faire pour installer dans les esprits le fait que la violence est partout, et que cette violence est chez ces salauds de jeunes. Eh bien par exemple, inventons un nouveau baromètre. Qui classerait les établissements scolaires les plus violents, genre. Ca tombe bien : l'état le fait. Et un média le diffuse. Et tous les embrayent sur ce média qui diffuse ce baromètre. Effet magique. On va aussi en parler dans les salons de coiffure, les boulangeries, les cafés et hop, nous serons ainsi dotés d'une nouvelle phobie, bien comme il faut, idéale pour placer quelques slogans dans les mois venir. C'était l'exercice de décryptage du jour ! Dans un canard, par exemple 20 Minutes, ça donne ce type d'information d'article : -----" La violence scolaire a augmenté de 1 % par rapport à l'an dernier, avec 82 007 faits dans 7 924 établissements publics. Ces chiffres, complétés par un classement révélé aujourd'hui par Le Point, indiquent que 45 des 5000 collèges ont signalé, au cours de l'année 2005-2006, plus de 100 actes de violences (dont trois établissements plus de 200, tous situés en Languedoc-Roussillon). En moyenne, chaque collège français a été touché par 14,8 actes de violences. Les cent lycées généraux les plus violents ont subi entre 23 et 108 actes ; les lycées professionnels entre 28 et 110. Les violences physiques sans arme sont les plus fréquentes (29,7 %), suivies des insultes graves et menaces (26 %) et 35 ports d'arme à feu ont été recensés. Pour réaliser ce classement, trois du Point ont dû mener une bataille juridique de dix-huit mois pour obtenir les données du fichier Signa, qui recense les actes de violences dans l'Education nationale".

La source de l'image est ici.

Version imprimable | Zarchives (côté cour) | Le Jeudi 31/08/2006 | 30 commentaires | Lu 1318 fois


Commentaires

pas simple tout ça

ben voilà, tu mets à mal le journalisme factuel avec l'information l'article de 20 minutes ! On ne peut pas leur reprocher d'avoir donné une opinion. Mais d'augmenter les peurs de chacun avec quelque chose d'aussi brut, certes.
J'imagine tous les parents qui achètent Le Point pour regarder de près le collège/lycée où va leur rejeton. D'ailleurs le news mag a sûrement du augmenter ses tirages pour l'occasion.
Mais d'un autre côté, les journalistes ont du se battre pour obtenir l'information, dans une société où l'information étatique est censée être libre. Pour une fois, on ne peut pas accuser la justice d'avoir été partiale en faveur de l'état.
ça me rappelle un classement des hôpitaux qui à l'origine était chez Sciences et Avenir, puis a migré avec son géniteur chez ... Le Point ?

Bref, il y a du bon et du mauvais boulot fait de chaque côté. Et puis ça pose la question suivante : "ce type d'information doit-il être mis à la disposition du public, par exemple en ligne ?"

PS: J'ai essayé de ne pas la faire "tenante de causes", vu le message ci-dessus : Ce débat n'a pas vocation à servir de tribunes à quelques tenants de causes mais à donner la parole à des citoyens qui souhaitent simplement donner leur point de vue. L'esprit est donc à la construction, à l'échange mature d'avis et d'idées. Tout contrevenant à cette règle toute simple sera impitoyablement bouté hors de cet espace de paroles écrites !

 


La grande Loulou | Le Jeudi 31/08/2006 à 20:08 | [^] | Répondre

Ca pue la manip quand même, non ?

Je suis pour partie d'accord avec toi mais ça pue la manip quand même.
Point de vue des journalistes, je conçois ce que tu dis. Cette question de l'info, est-ce qu'on la sort, est-ce qu'on ne la sort pas... En même temps, z'ont largement eu le temps de s'interroger si l'histoire des 18 mois de bagarre s'avère vraie. Auquel cas, chapeau les gars pour la tenacité. Donc s'ils peuvent faire ça, au Point ou ailleurs, on peut supposer qu'ils peuvent s'attaquer à d'autres "dossiers", du coup... ?
Ceci dit,  ce n'est pas spécialement aux journalistes que j'ai pensé en mettant en ligne ce billet. Plutôt au système qui peut sans problème créer ces infos et les diffuser.
Ces infos-là, je ne les aime pas parce qu'elles suintent le doigt qui se pointe et qui dit pas bien. Et parce que vraiment, je ne vois pas bien ce que concrètement ça peut apporter ? J'ose même dire que si ça se trouve, ça peut booster les troisièmes ou quarantièmes du classement. Un peu comme l'hiver dernier où les banlieues chauffaient à mesure que les uns passaient à la télé et pas les autres.
Ca ne fait pas trés responsable, tout ça. Genre conscience "concrète" de ce qu'on dit, à qui on le dit, etc.
Et pis dans l'histoire, je pense aussi aux communautés éducatives. Ca doit être dur et j'ai d'ailleurs vu un reportage télé où un enseignant disait que les gens s'étaient sentis piégés et qu'ils allaient sans doute ne plus remplir le logiciel en question. Si ça se trouve, le classement en question ne reviendra pas .
Au final, il y a malaise(s). Face à un "coup" qui ne me semble pas pouvoir être réalisé sans que les politiques ou leurs serviteurs y soient allés de leur coup de pouce.
face au fait que "comme par hasard" , l'info tombe à quelques jours de la rentrée. cool pour l'ambiance ! Je ne demande évidemment qu'à me tromper...

 


Didier | Le Jeudi 31/08/2006 à 22:19 | [^] | Répondre

Re: Ca pue la manip quand même, non ?

Je crois qu'il y a 2 débats dans cette affaire : celui de l'information, mais qui n'est pas nouveau car j'ai le récent souvenir d'une conversation au sujet de l'affaire d'Outreau... et il y en a tant d'autres... et puis il y a le débat autour de la stratégie du ministère de l'Education nationale (et plus globalement du gouvernement) en mettant ce logiciel. La question qui s'impose est : à quoi doit servir l'analyse des résultats statistiques fournis par la bête ?
Quand on sait que le niveau de violence n'est pas dicerné par l'outil, c'est-à-dire qu'une insulte par exemple se classe dans la même catégorie que la présence d'une arme à feu dans l'établissement (source le 13h00 de France 2, jeudi), on peut réellement se demander l'objectif d'un tel rapport !

N'oublions pas que la sécurité sera le sujet phare des prochaines élections présidentielles !

 


Francis | Le Vendredi 01/09/2006 à 08:54 | [^] | Répondre

Deux débats ? Plutôt trois, quatre, cinq, six !!! Magnifique !

Trois débats, même ! L'info, effectivement ; la "stratégie du ministère" , effectivement ; mais aussi celui de la manipulation des foules. Je ne sais plus où je lisais que tout l'art des politiques, c'était de s'arranger pour créer les sujets de discussion du peuple, histoire d'amener ce dernier à épouser les thèses du politique. C'est ce qui est fascinant par exemple dans le duo Sarko-Ségo, qui sont à fond là-dedans, notamment parce qu'ils ont réussi à utiliser les médias. Ce ne sont pas eux qui parlent de la société, mais la société qui parle d'eux et de ce qu'ils ont en tête.
Quant à ce que tu exprimes sur la violence, le vrai ojectif de tels rapport, je souscris à fond ! Quelles sont au juste les références, les constats, qu'est-ce que l'on veut amener, faire, etc.
D'ailleurs, il y a sans doute un quatrième débat : celui du règne des statistiques. Qui deviennent des fins en soi. Alors que ce ne devraient qu'être des outils au service de...
Cinquième débat, du coup : le mode de gouvernance et la manière, non de poser des problèmes mais de ne plus essayer de les résoudre. Là est peut-être le vrai décalage entre un monde et un autre, celui des vrais gens et celui des gens de "pouvoir" (au sens large)... qu'ils soient actuellement en poste ou qu'ils l'aient été. La force d'inertie est redoutable et les progressistes le savent bien...
Et l'on en revient à un sixième débat, celui à venir et qui va demander je crois au citoyen un magnifique exercice de vigilance et plus : celui, de fond, qui va consister à essayer de choisir une vision de la société, bref, voter pour un président ou une présidente de la république puis des députés. Voter pas comme on joue au loto mais comme on choisit un projet.
Probable d'ailleurs que la nétosphère aura un sacré rôle à jouer dans cette vigilance ! Tout du moins je l'espère...
 

 


Didier | Le Vendredi 01/09/2006 à 10:41 | [^] | Répondre

Pas faux

Un clin d'oeil bienvenu pour ce débat dans le blog Pépites. Il est mis en ligne ce petit billet :

Info secrète

" L’info, c’est quelque chose que quelqu’un, quelque part, tient à garder secret. Sinon, ça n’est que de la pub. " Dixit Lord Northcliff, magnat britannique de la presse. (Cité par www.cecidit.com)



 


Didier | Le Vendredi 01/09/2006 à 10:31 | [^] | Répondre

Le Point est vraiment un torchon !

C'est pas la première, ni la dernière fois que le point nous sort des "articles" qui vont toucher le bon petit peuple que nous sommes.

Je hais ce torchon qui nous manipule pour vendre du papier !

En plus, je vous rappelle que MÔsieur le ministre de l'intérieur ET président du Conseil Général des Hauts de Seine avait mis en place un test pour le policier référents dans certains collèges des Hauts de Seine.

Comme les conclusions de ce test allaient vers "ça sert à rien", il faut bien justifier d'une autre façon la généralisation des policiers en arme pour s'occuper de l'éduction de nos enfants à l'intérieur des collèges.

(oups en colère Impertinences!)

 


impertinences | Le Vendredi 01/09/2006 à 16:21 | [^] | Répondre

J'ai aujourd'hui acheté ce fameux Point ainsi que son concurrent l'Express, qui titrait aussi sur la rentrée pour le marronnier post-estival. Une comparaison des dossiers sûrement instructive

 


La grande Loulou | Le Samedi 02/09/2006 à 00:44 | [^] | Répondre

Re:

Tu nous raconteras ?

 


Didier | Le Samedi 02/09/2006 à 05:26 | [^] | Répondre

Re: Re:

Raooo ! Didier ! tu es comme moi ... tu ne veux pas acheter le torchon !

 


impertinences | Le Samedi 02/09/2006 à 12:42 | [^] | Répondre

Re: Re: Re:

Je veux bien parler du phénomène mais pas aller jusqu'à leur filer ma thune !!!!
Je suis plus globalement un "déçu" des hebdos nationaux, qui annoncent des trucs en une, qu'on achète et qu'on se dit après : bravo les gars, vous m'avez encore eu !

 


Didier | Le Samedi 02/09/2006 à 12:52 | [^] | Répondre

1- L'Express

Certes c'est un marronnier (un sujet récurrent et qui fait vendre), mais il y est très bien traité. Le dossier indique en filigrane l'évolution de l'école et du métier de prof. Il donne la parole à tous et montre toute la difficulté actuelle d'enseigner avec moins de moyens de la part de l'état, des syndicats assez figés sur certains changements, des profs amoureux de leur métier mais en voyant les limites, ... Maquette agréable avec différents niveaux de lecture. Bref une enquête nuancée pour un contexte complexe. Elle n'est sûrement pas parfaite mais c'est du bon boulot.
D'ailleurs, je vais en faire un scan et l'envoyer à mes trois potes profs, toutes en Zep.
Demain si j'ai le courage, j'attaque le Point.

Moi aussi je suis déçue par les hebdos. Je dois en acheter en tout et pour tout cinq par ans. Les seuls qui m'ont plu, et auxquels j'ai du coup souscrit un abonnement, ne sont pas du tout du même ordre: Courrier international et the economist.

 


La grande Loulou | Le Samedi 02/09/2006 à 22:28 | [^] | Répondre

Re: 1- L'Express

Ceci dit, j'achète parfois Politis, qui est un canard un peu différent et là, je viens d'acquérir le dernier Marianne, avec une vraie connivence d'esprit pour l'édito et le dossier qui sont consacrés à ce que JF Kahn nomme la bullocratie, cette bulle que Raffarin et toute la clique a appelé la France d'en Haut, qui "tient" le pays et qui se décale de plus en plus de la France dite par ricochet " d'en bas " .
C'est du bien vu, bien dit, bien senti, pour le coup, l'analyse relative aux présidentielles est bien troussée (en gros : la bulle choisit son favori, l'outsider, est si tu entres dans le truc, ça gaze, sinon, tu es ignoré) même si après, à la masse, ça pilonne dur sur la dite bullocratie. Disons qu'une fois la thèse posée, il est aisé d'en dénicher mille et un exemples qui accréditent la thèse... J'aurais aimé quelques idées sur ce que l'on vit, justement : mais diantre, comment vat-on s'extirper de cette poisseuse situation ? Et de nous ramener dans les années 1920, où la France était déjà là-dedans semble-t-il...

 


Didier | Le Dimanche 03/09/2006 à 07:35 | [^] | Répondre

Re: Re: 1- JF Kahn

Jf Kahn était chez Bourdin ce matin sur RMC-info.
L'homme fait preuve d'un certain bon sens, ou plutôt sait bien mettre en valeur ses idées.
Personnellement, son discours colle assez bien avec la manière dont je perçois cette france-d'en-haut, mais je suis sceptique quant à sa sincérité et surtout quant à la faculté de ces positions à fédérer. S'il est bien dans l'air du temps de critiquer les "élites" voire même de les traiter de "bullocrates" ou de n'importe quel néologisme paraissant suffisamment insultant, le bon peuple, bien en chair, n'est pas près à remettre en cause ses habitudes de ne se préoccuper de rien ni à voir sacrifié une partie de son confort au motif d'une plus grande équité.


 


Jimmy | Le Mardi 05/09/2006 à 22:12 | [^] | Répondre

Au fond

Un éclairage sur le dossier de fond, en l'occurrence la violence scolaire. texte déniché ici sur le site de Calle Luna

 


Didier | Le Dimanche 03/09/2006 à 09:22 | [^] | Répondre

Re: Au fond

je l'ai lu, son dossier dans la calle luna. il y a quand même deux-trois trucs qui me gênent. Par exemple la démission des parents qu'il dit quasiment inexistante existe, je la vis dans l'école primaire de ma fille.
Il est en revanche intéressant que ce texte, écrit il y a plus d'un an, est toujours d'actualité

 


La grande Loulou | Le Lundi 04/09/2006 à 14:06 | [^] | Répondre

Re: Re: Au fond

C'est peut-être le terme de démission qu'il conviendrait d'analyser. Je pense que dans "l'imagerie collective", démission = gens qui se barrent, qui s'en foutent, qui ne s'impliquent pas. Cela sous-entend quelque part un choix que ces gens là feraient.
Sur ce que je vois, ressens, je suis enclin à penser que ce n'est pas aussi simple que cela. L'absence des parents peut aussi être quelque chose que les parents eux-mêmes subissent, voire quelque chose qui ne vient pas à l'idée de personnes trop éloignées du "système"  et des exclusions.
Je pense par exemple aux gens qui ne lisent pas, ou plus, ou qui ne savent pas, ou qui ne savent plus. Comment peuvent-ils ne pas se sentir agressés, et donc être démissionnaires, lorsque tout tourne autour de l'écrit. Combien de personnes, en fait, n'osent pas s'approche de l'école, se sentant ceci ou cela.
Je crois qu'il y a un énorme boulot socioculturel à faire pour aider ces parents à aller vers l'école et donc vers leur enfant, mais aussi aider les communautés éducatives à faire avec ces parents, car évidemment, tout le monde ne peut ni ne sait faire face aux mal êtres individuels.
Tout invite du coup à savoir de quelle violence on parle... je trouve que celle, insidieuse, de l'époque est parfois bien pire que celle des abribus cassés...

 


Didier | Le Lundi 04/09/2006 à 14:22 | [^] | Répondre

2- Le Point

14 pages dont 6 cartes sur les établissements à "violence". Ils y ont mis le paquet.
Je commence par les "plus", car il y en a mais moins que les "moins" (tout le monde suit? parfait)

Les + : interview d'un prof en sciences de l'éducation à l'univ de bordeaux et président de l'observatoire international de la violence à l'école, qui permet de prendre du recul (1 page), 2000 signes sur "le privé n'y échappe pas" où l'on apprend que le privé va inscrire des événements identiques à partir du 1er janvier prochain, encadré sur le numéro de Jeunes violences écoute (0800.20.22.23). L'explication sur les biais de statistiques recueillies par le logiciel Signa, avec le fait que chaque proviseur signale ou non les incidents.

Les - : tout le reste. En fait, le dossier explique les biais de ces statistiques... en p.53 (presque à la fin), dans l'article d'une page titré "ile-de-France: 22 collèges dangereux". Mais au lieu de titre le dossier entier sur ces biais et de montrer toute la difficulté de recenser des faits violents pour une politique de suivi des établissements sur le moyen-terme, l'hebdo préfère commencer par asséner les chiffres de la violence. La publication des cartes avec juste des chiffres (nombre de faits) et pas les évolutions (en pourcentage) au moins par rapport à l'année précédente donne un sentiment d'angoisse, à rechercher l'établissement où se trouve votre enfant. Je me suis surprise à chercher les "collèges à problèmes" (dixit la carte du Point en pages 48-49) à Lille où devrait aller mon bouchon dans ... 5 ans, sachant que son père ouvrirait le feu à ce sujet, lui qui veut la mettre dans le privé. En ouverture, le Point a fait un encadré sur la longue bataille juridique où en quelque sorte il se justifie de la parution d'un tel dossier. En p.54, le Point met un encadré sur ces statistiques, qui seront désormais gratuitement sur son site à partir du 7 septembre (dans trois jours). La psychose est lancée. Même l'interview du président de l'observatoire international de la violence à l'école, qui remet les choses un peu à leur place, alimente la psychose avec le titre-exergue "il y a une spirale infernale de la violence". Certes il le dit, mais il ne dit pas que ça; il nuance...

Pour terminer ce gâchis journalistique sur un sujet qui en valait vraiment la peine, voici la liste des titres (d'articles et d'encadrés) qui constituent une première lecture pour le lecteur

Violence scolaire. Le point a réussi à obtenir les chiffres secrets de la violence de tous les collèges et lycées publics et publie la liste des établissements les plus dangereux. Une enquête exclusive.
Une longue bataille juridique
Nord: 115 collèges à problèmes
Sud : 97 collèges à problèmes
La poudrière Las Cazes à Montpellier
Ile-de-France: 22 collèges dangereux
Interview Eric Debardieux: "il y a une spirale infernale de la violence"
Les 100 lycées à problèmes
Paroles de profs: "les insultes sont quotidiennes"
Les 100 lycées professionnels à problèmes
Actes graves: le privé n'y échappe pas
Confessions au bout du fil

Il y a une superbe analyse sémantique à faire ainsi qu'un mémoire de DESS de journalisme.

Bon c'est pas tout, mais il faut que je retourne écrire mes articles pour mon journal. Pdf de l'express et du point envoyés sur demande si besoin (passer par Didier).

 


La grande Loulou | Le Lundi 04/09/2006 à 14:26 | [^] | Répondre

pour terminer

Je voudrais terminer sur deux points, en espérant n'avoir ennuyé personne
- individuellement, chaque journaliste a fait de l'excellent travail. Collectivement, il en va de la responsabilité du chef de rubrique et du rédacteur en chef de publier ces informations sous cette forme. Il n'y a qu'eux qui voient les BAT (bons à tirer), qui voient que la titraille a changé (souvent le boulot des SR, secrétaires de rédaction), et qui voient l'ensemble explosif.
- grâce à ce dossier, ces informations sont désormais disponibles. Un chercheur qui les avait demandées les attendait toujours. Mais le prix payé par ceux qui sont présents au quotidien devant leurs élèves est un peu lourd

 


La grande Loulou | Le Lundi 04/09/2006 à 14:33 | [^] | Répondre

Merci

bé ça c'est de la lecture partagée ! Merci d'avoir pris le temps de lire et de nous redire tout ça. 

 


Didier | Le Lundi 04/09/2006 à 14:48 | [^] | Répondre

Experience

Mon epouse est enseignante au college Paul Fort a Dreux, depuis plusieurs annees. Cet etablissement est classe par le Point comme le 4eme college le plus violent de France. Je vous rassure, elle n'a aucune crainte pour sa securite, ni pour celle de ses eleves, qu'elle "maitrise" parfaitement.<br />En fait, ce classement est completement faux : il est etabli a partir de chiffres qui dependent exclusivement de ce que les chefs d'etablissement veulent bien faire remonter. De plus il n'y a aucune pondération sur les actes : un jet de gomme compte autant qu'une agression au couteau...<br />Je tire de cette "enquete" les conclusions suivantes :<br />- si Paul Fort est vraiment un des collèges les plus violents de France, c'est que la situation dans notre pays est excellente.<br />- des medias qui envoient des grands reporters dans le monde entier (Liban, Irak, ...), au risque de leurs vies, sont incapables de savoir ce qui se passe dans leur propre pays.<br />Par conséquent, je propose au Point d'envoyer un journaliste au collège Paul Fort pendant une semaine. Il n'aura pas besoin de gilet pare-balle, mon epouse n'en porte pas. Je suis sur que son enquete sera infiniment plus enrichissante que la publication d'un classement, dont personne n'a vérifié la pertinence, et dont les conséquences de la publication peuvent s'averer devastatrices.<br />

 


pascal | Le Mardi 05/09/2006 à 16:52 | [^] | Répondre

Re: Experience

merci pour cet avis. J'espère que le Point saisira l'invitation. Le Point ou d'autres, d'ailleurs !!!

 


Didier | Le Mardi 05/09/2006 à 17:17 | [^] | Répondre

Re: Re: Experience

ERRATA : juste une petite correction : Le collège dont je parle est en fait 4eme de la zone Nord de la France et dans les 10 premiers français.

Cela ne change en rien mon propos, sur le fond.

 


pascal | Le Mercredi 06/09/2006 à 10:27 | [^] | Répondre

Re: Experience

Pascal
ton idée est assez juste
sauf que je peux témoigner en tant que journaliste, même si je ne suis pas de la même presse: quand tu es "envoyé spécial" (parfois au détriment des correspondants sur place), tu fais le reportage à fond parce que tu n'as rien d'autre à faire (même quand tu es planqué dans un hôtel protégé par l'armée par exemple). Tu es à l'autre bout du monde de ta rédaction. Alors que si tu es dans ta rédac, tu passes trois coups de fil pour des interviews, tu lis en diagonale une tonne de documentation dont les articles de tes confrères mais néanmoins concurrents. à la très grande limite tu vas rencontrer un interviewable sur place, au mieux tu "prends la température" pendant une heure maximum. Mais l'essentiel se fait les fesses carrées dans une chaise face à l'ordi et au téléphone.
Il y a toujours eu des journalistes de rédaction et des journalistes de terrain. Mais les budgets des rédacs n'autorisent plus les seconds à faire leur boulot : ça coûte trop cher en frais (à rembourser), et le journaliste vend au mieux un papier (70 euros en moyenne les 1500 caractères espaces compris) pour 7 jours de boulot. A ce rythme-là, il vaut mieux qu'il bosse chez Mc Do, il y gagnera mieux sa croûte.

Les Echos ont un service spécial "enquêtes" tout comme le New York Times qui lui a donné de réels moyens à son service ; sinon il n'y a que ceux qui font les documentaires de 52 minutes pour la télé qui peuvent se le permettre ... sous réserve qu'une chaîne soit intéressée.

Donc dans le meilleur des cas, ton épouse va voir débarquer un journaliste pour un documentaire. Au pire, elle a vu un JRI (journaliste reporter d'image) prendre quatre images et deux une citation pour 1 minute au JT.

 


La grande Loulou | Le Mercredi 06/09/2006 à 22:53 | [^] | Répondre

Re: Re: Experience

Merci pour ce témoignage.

En fait, il y avait pas mal d'ironie dans mon propos et plus particulièrement dans cette invitation de faire venir un journaliste. Tu as bien fait de rappeler que les journalistes ont eux aussi leurs contraintes.Et leur métier comporte une lourde responsabilité : présenter des évènements à l'opinion.

Je crois qu'il y a eu une véritable bonne volonté de la part du Point, de divulguer une information tenue secrète. Malheureusement, le manque de discernement qui a consisté à additionner des faits, présentant une très grande disparité dans leur gravité, et à comparer des établissements n'ayant pas tous utilisé le logiciel signa de la même façon ni avec la même conscience professionelle, a abouti à l'inverse du but poursuivi :

- Publication d'une information froncièrement fausse

- Manipulation (même involontaire) de l'opinion

Les conséquences peuvent être catastrophiques :

- Des parents ne vont plus vouloir envoyer leurs enfants dans certaines écoles, pourtant peu violentes, et ne vont pas se méfier d'établissements dangereux, simplement parce qu'ils ne sont pas répertoriés par le Point. 

- Des proviseurs ne vont plus oser utiliser le logiciel signa, le rendant inutile.

- Des élèves vont se "déchaîner" pour apparaitre dans le classement, et essayer de "faire mieux" que l'école d'à coté pour la prochaine publication.

Tout cela renvoie à la responsabilité des médias : est-ce que l'information que je publie est le reflet de la vérité ? quelle influence (positive ou négative) cela aura sur l'opinion ?

 


pascal | Le Jeudi 07/09/2006 à 14:51 | [^] | Répondre

reflet de la vérité

Pascal
On ne peut exiger qu'un article soit le reflet de la vérité. Question de longueur, car la vérité est toujours complexe et nécessite de l'espace. Que penser alors des gratuits, qui ne présentent que du factuel, sans analyse aucune. Un dossier (enquête) est certes plus adapté au reflet de la vérité, un livre encore plus. Le dossier de l'Express sur l'enseignement est à ce point de vue bien meilleur.
La "vérité" est encore plus reléguée aux oubliettes quand il s'agit de la télé, mis à part les documentaires de 52 minutes minimum (et encore, sous réserve qu'ils ne soient pas de parti pris).
Je dirais qu'être journaliste, c'est décrire une certaine réalité. Il me semble de toute manière impossible à qui que ce soit de décrire la "vérité". Mais ceci n'est plus un débat sur la presse, c'est un débat plus général.

 


La grande Loulou | Le Samedi 09/09/2006 à 11:16 | [^] | Répondre

Cornélien

Voilà expliqué un pourquoi du comment, l'air de rien. Le règne du factuel dans nos chers médias, notamment. Le temps manque les moyens aussi la qualité n'en parlons pas : c'est clair que tout cela condamne à voir le monde depuis un écran et via un portable.
Je peux témoigner : dans mon boulot, j'ai souvent affaire à des journalistes. Le fond, ce n'est ni leur tasse de thé, ni dans leurs réflexes.
Cela signifie quelque part non seulement qu'il y a tout ce que tu expliques mais en plus une sorte qu'il y a une sorte de "système" qui a découlé de tout ça, une manière de penser, et qui fait que la norme est devenue cette forme de on fait vite, raccourci, panélisé, parlons des détails, etc.
Mais rien n'étant évident et simplen, à l'inverse, il m'arrive aussi de bosser avec des journalistes qui sont eux sur du fond, qui ont la chance de pouvoir prendre le temps pour faire des choses, mais alors, ils se heurtent à des tonnes et des tonnes de barrières et il faut sacrément de la persevérance pour déboucher sur quelques chose. Je pense que pour une part, ils paient la méfiance liée aux agissements des premiers cités. Mais ils paient aussi la peur de gens et de systèmes tellement peu habitués à tout cela et tellement dans le contrôle, donc la fermeture, qu'on arrive à un paradoxe : une société qui tape le système de l'info rapide, frustrante, schématique et qui lâche peu à peu ses médias mais qui dans le même temps est tellement sur la réserve qu'elle verrouille ses infos et ne livre aux médias qu'une partie de l'information. Cornélien, tout ça !

 


Didier | Le Jeudi 07/09/2006 à 06:05 | [^] | Répondre

Re: Cornélien

Didier
oui et non. Les gens ont aussi de moins en moins le temps de lire, nous disent nos chers directeurs dans notre boulot. Est-ce que c'est vrai ? En tout cas, ça conditionne les refontes des revues, qui font la part belle aux papiers courts et purement informatifs.

 


La grande Loulou | Le Samedi 09/09/2006 à 11:18 | [^] | Répondre

Re: Re: Cornélien

Oui, je pense que c'est vrai. Les gens lisent moins. Mais je ne pense pas que ce soit une question de "temps". Les gens ont bien de plus en plus de temps devant leur télé... Je ne suis d'ailleurs même pas sûr que les gens consomment moins de journaux.
Je pense assez souvent à cette anecdote, donnée ici à titre d'exemple sans savoir plus que ça si ça peut être comparable : il se dit que les gens s'impliquent de moins en moins dans la vie associative, que les bénévoles sont de moins en moins nombreux. Or chaque année, le nombre d'associations augmente et le nombre de bénévoles aussi. J'y lis deux choses : 1. y'a plus de choix qu'avant ; 2. Les gens se comportent différemment.
Cela me semble pouvoir s'adapter aux médias, non ?
Lorsque je bossais en presse, j'étais frappé du fossé qui se creusait entre le journal et ses lecteurs. Et surtout entre la perception "économique" de l'entreprise (les ventes baissent, y'a moins de lecteurs) et la "réalité" qyui montrait que les journaux se vendaient moins mais que plus de gens lisaient un journal (troquet par exemple, lieu de travail).
Disons alors qu'un modèle eut payé, eut fonctionné, et que ce n'est plus le cas. La difficulté vient de celles et ceux qui s'enferment dans leurs certitudes et qui protègent leur pré-carré. Les rencontres se provoquent, s'entretiennent, se remettent en cause.
Les médias ne changent pas. Les gens si. Voilà voilà !!!!

 


Didier | Le Samedi 09/09/2006 à 11:59 | [^] | Répondre

voter car vous avez peur...

Mon lycée fait partie des fameux 100 lycées à problèmes. Il s'agit du lycée Jean de lattre de tassigny à la Roche sur Yon et notre studieuse administration a rapporté l'an dernier 24 "actes de violences", il s'agit, en fait, de faits veritablement bénin comme des crachats dans la cour ou sous les préaux, je crois aussi qu'un élève s'est fait prendre en buvant une bière, et qu'il y a également eu une trousse de voler... Toutes les personnes qui travaillent dans ce lycée peuvent vous dire qu'il est calme et loin d'être violent, mais depuis la publication du classement dans Le point, c'est devenu un lycée violent et cela le dévalorise très fortement. C'est énervant de faire peur aux gens avec du vents ou plutot avec un peu de salive laissée dans la cour de récré, enfin je veux dire de la "violente" salive...Nos CPE, qui après avoir passé une année à noter la moindre "bétise" comme le minitère leur avait demandé, ont en fait enfoncer l'établissement. Que pensent les gens qui lise le Point??? En tout cas les yonnais traditionnelement à gauche, n'iront (je l'espère) pas changer leur vote en faveur de ceux qui prone supprimer les violences à grand coup de rigueur fascisante...

 


pedro85 | Le Samedi 09/09/2006 à 15:15 | [^] | Répondre

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Siam et Thaïlande - Le blog du bouchon : "Petites têtes et grands maîtres retournent au traditionnel duo "tableau noir - bureau en bois" des classes. Pour cette rentrée quelque peu gâchée par le marronnier scoop du Point, voici un sujet à traiter en cours d'année : les vaches ont-elles un accent régional ?" rel="nofollow"

 


| Le Vendredi 08/12/2006 à 10:33 | [^] | Répondre

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