S'identifier


Alors le marché reculera ?

La nature et la liberté sont les deux seuls principes qui puissent inspirer l'analyse autant que l'action: à chaque instant le désordre établi nous rappelle que l'une est menacée avec l'autre. N'importe quel homme imaginatif et bien portant, quelle que soit sa fortune, serait en mesure d'en payer le prix, parfois très élevé, qui ne se règle pas en dollars mais en imagination, en passion, en efforts physiques et spirituels pour l'atteindre. Mais les biens gratuits fournis par la nature ne devraient pas être les seuls à ne pas tomber dans les rets de la finance. Il y a aussi les biens personnels qui sont sans prix. Ceux-là sont si rares et particuliers qu'il n'y a pas de monnaie qui puisse en régler l'échange. Uniques, ils n'ont de sens que pour un ou parfois pour deux. (...) Si la vie et les personnelles prédominent sur les sociales, si au lieu de les estimer pour ce qu'elles valent, les hommes apprennent à les aimer pour ce qu'elles sont, alors le marché reculera et de nouveau la réalité prendra le pas sur le signe. Au lieu d'en trafiquer, nous réapprendrons à en jouir: qu'elle soit pain, eau de source ou pensée. Même l'or. Pourquoi l'emprisonner dans un fort quand il reflète si bien le soleil? Qu'il est beau, qu'il est utile, quand, devenu fleur, il palpite sur la gorge de mon amie!"

Bernard Charbonneau, Il court, il court, le fric, p. 156.

Version imprimable | Lecture(s) diverses | Le Mercredi 03/01/2007 | 1 commentaire | Lu 273 fois


Commentaires

J'adhère complètement à ce beau texte. Parmi mes résolutions pour l'année 2007 : moins de biens et plus de liens.

 


Carole | Le Mercredi 03/01/2007 à 09:11 | [^] | Répondre

Recherche


Archive : tous les articles