La nature et la liberté sont les deux seuls principes
qui puissent inspirer l'analyse autant que l'action: à chaque instant
le désordre établi nous rappelle que l'une est menacée avec l'autre. N'importe quel homme
imaginatif et bien portant, quelle que soit sa fortune, serait en
mesure d'en payer le prix, parfois très élevé, qui ne se règle pas en
dollars mais en imagination, en passion, en efforts physiques et
spirituels pour l'atteindre. Mais les biens gratuits fournis par la
nature ne devraient pas être les seuls à ne pas tomber dans les rets de
la finance. Il y a aussi les biens personnels qui sont sans prix.
Ceux-là sont si rares et particuliers qu'il n'y a pas de monnaie qui
puisse en régler l'échange. Uniques, ils n'ont de sens que pour un ou
parfois pour deux. (...) Si la vie et les valeurs
personnelles prédominent sur les valeurs sociales, si au lieu de les
estimer pour ce qu'elles valent, les hommes apprennent à les aimer pour
ce qu'elles sont, alors le marché reculera et de nouveau la réalité
prendra le pas sur le signe. Au lieu d'en trafiquer, nous réapprendrons
à en jouir: qu'elle soit pain, eau de source ou pensée. Même l'or.
Pourquoi l'emprisonner dans un fort quand il reflète si bien le soleil?
Qu'il est beau, qu'il est utile, quand, devenu fleur, il palpite sur la
gorge de mon amie!"
Bernard Charbonneau, Il court, il court, le fric, p. 156.
C'que vous en dites
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