Dans la série des j'ai proposé aux autres d'écrire dans ce blog, cette nouvelle série : la semaine de... Un candidat, s'est élancé. Chaque jour, Fred s'est raconté. Voici sa semaine. Où l'on va du VTT à l'insémination articifielle en passant par Singapour, le foot, la zique, les USA et le vaccin du petit. J'adore !-----Vers midi, J'enfourche mon VTT. 50 mètres plus loin je rejoins le collègue. Le temps de charger les affaires et nous voilà parti chez nos voisins belges, en route vers le 1er duathlon vert de ma vie. On récupére dossards et puces électroniques. On se prépare pour une reconnaissance du tracé vélo : une boucle de 5.8km à parcourir 4 fois. On range ensuite nos machines dans le parc vélo. On se refait un échauffement. Course à pied cette fois-ci. Puis c'est le briefing et 2 minutes plus tard les troupes sont lancées. Ce n'est pas la grosse forme. Je me fais griller rapidement. Je me fixe comme objectif de ne pas finir dernier. Sur 30 participants ça va être dur... Fin des premiers 5kms. Je jette un oeil sur les vélos restants....ça va être dur !
Je remonte 3 ou 4 concurrents. C'est bon pour le moral. Retour au parc à vélo. Je sens que les jambes commencent à me lâcher. Les 5 nouveaux kms de course à pied vont faire mal. Erreur de jugement : ils vont faire très mal. Et les cyclistes dépassés précédemment me ratrappent et me dépassent à leur tour facilement. Un oeil rapide sur le chrono et je me fixe un second objectif: finir en moins de 2h00 au temps total. Au final, la mission est remplie: je termine 26ème en 1h58. Je suis explosé. Le collègue lui à fini 7ème et à eut largement le temps de nettoyer son vélo avant que je n'arrive.... Après la douche réparatrice, on s'enfile une bonne bière fraîche. On est en Belgique quoi! On trinque avec de "La Chouffe" et on discute déjà du prochain rendez-vous.
Retour à la maison où à mon arrivée, les enfants me demandent d'aller faire du vélo ou du foot!!! Rien que d'y penser j'ai à nouveau mal aux jambes... Après le couchage des gamins, je pense m'endormir devant St-Etienne-PSG....
Lundi 2 octobre.
Je me lève un peu plus tôt que d’habitude. Cela fait 2
semaines que je participe à la réunion hebdomadaire des
chefs de départements. Le mien est en voyage d’affaire en
Asie. Je le remplace. Je dois être au bureau avant 9h.
Ma femme est déjà partie depuis une bonne grossse demi-heure quand l’angélus quotidien résonne. Il est 7h20.
Je prépare les bols des enfants avant de les réveiller.
J’allume la radio. Les 1ères infos défilent. Je ne
les entendrait pas en entier de toute façon. Dès que la
marmaille sera là, les discussions couvriront la voix de la
journaliste... 8h, on décolle. La chance est avec nous. On ne
rencontre pas de bouchon et les 2 feux de circulation sont verts. Les
4 km qui nous séparent de l’école sont comblés
rapidement. Si tout va bien je devrais être à l’heure
à la réunion. Je dépose les enfants et remonte
dans la voiture.
Je branche la radio sur France Culture. A cette
heure j’aime bien les chroniques d’Adler et Duhamel. L’émission
je la sens un peu moins cette année. Nicolas Demorand a été
remplacé par Ali Badou. C’est moins pêchu. Pas de bol,
Adler ne fait pas sa chronique aujourd’hui. Tant pis. Je laisse la
radio. Ça me donnera des repères temps-espace pour mon
trajet. J’écoute celle d’Olivier Duhamel. Tiens il se
trompe dans le nom de l’animateur. Bizarre.
8h45. J’arrive au
bureau. Je jette un oeil rapide sur les messages du matin et à
mes sujets de réunion. Elle se fera en anglais parce qu’une
personne ne parle pas français. 10h. Je reprends un par un les
messages survolés 1 heure plus tôt. Des gars de l’info
sont venus bosser samedi. Ils ont remis des trucs en place. Il va
falloir vérifier, tester, rapporter...J’ai du boulot en
perspective.10h30. Je pars prendre mon 1er café de
la journée avec l’ami Javier. Celui avec qui j’ai regardé
France-Espagne lors de la dernière coupe du monde de foot. On
est rejoint par 2 autres collègues. On papote foot et
résultats européens du week-end et de bouffe espagnole.
On finira par projeter d’aller mater un match à Madrid et
d’en profiter pour goûter les spécialités
locales...
12h30. On part déjeuner.
Finalement on est 4. ça parle activités du week-end,
école et enfants. J’apprends qu’aux States quand t’es au
collège, les contrôles sont préparés avec
les profs. Limite ils révisent les questions qui seront
posées. Plus de place dans l’emploi du temps est laissé
au sport, aux activités culturelles. C’est vrai qu’ils en
ont besoin les ricains...
15h. Nouvelle réunion. Je ne
fais pas parti du projet discuté mais il peut m’aider pour
un des miens. On fait une call avec Paris. Je sens que c’est assez
tendu. Les 2 équipes ne s’entendent pas trop sur
l’organisation. Du coup on me demande de jouer un rôle pour
les aider. Ça cadre avec nos missions de service. Je prends
une partie du truc. Ça fait chier quand même car j’ai
pas l’historique.
16h45. Je dois
filer. Entraînement piscine prévu à 18h. Il
y a du monde sur la route. J’arrive pour une fois en avance et je
pourrai faire l’échauffement en entier. Dans l’eau il n’y
a que des jeunes entre 10 et 15 ans. Je suis assez nul en technique
et je suis naturellement dans ce groupe. Pas d’économies
chez les jeunes. Ils font tout à fond. Difficile de suivre le
rythme. Mais je tiens bon. Les potes eux sont avec les ados. Ils ont
plus de technique que moi, mais ça fonce aussi et ils en
chient. 19h35. Je sors de l’eau. Juste le
temps de prendre une douche, de discuter de 2/3 trucs avec les potes
et je file à la maison.
Il est 20h quand je mets la voiture au
garage. C’est au tour de madame d’aller suer. Je reste avec les
gamins. Ils ont eu l’autorisation de jouer à la playstation
chacun leur tour. Ça me permet de répondre présent
aux câlins et de discuter individuellement de leur journée.
Pas de jaloux avec le tour de rôle. 21h. Chacun se couche. Pour
moi il est temps de grignoter. Je fini ma soupe devant mon pc ;
je commence le récit de la journée. 21h45. Madame revient. Le temps de
prendre une douche, elle revient pour regarder ses e-mails. Je veux
m’envoyer mon texte au boulot pour le finir le lendemain.
Et là,
ça plante !!!! je suis vénère. Rien n’est
parti et tout est perdu. Comme le temps que je viens de passer à
taper sur le clavier. C’est encore pas ça qui va me
réconcilier avec la famille internet. Je rage. Je peste. Je
vais voir la fin d’Amiens-Creteil pour me calmer. Je vois que Metz
n’a pas perdu et reste 1er du classement de la L2. Une
bonne nouvelle. Je peux aller me coucher et lire quelques pages de
mon bouquin avant de fermer la lumière. Il est 23h30. Putain
d’internet.
Mardi 3 octobre.
Aujourd’hui c’est moins speed.. Rien de fixe au bureau. Juste les
enfants à amener à l’heure à l’école.
Une angoisse quand même : ce sera la 1ère fois
qu’ils devront faire seuls le chemin à pied qui sépare
l’école de la maison de la mamie. Habituellement, le papy vient les
chercher le midi, les ramène à 14h et les récupère
à 16h30. Sauf que là, il est resté à
l’hosto pour des examens approfondis. La mamie elle n’arrivait
plus à tenir sur ces jambes la veille. On ne prend pas de
risque. C’était pas la grande forme pour le papy ces
derniers temps. La visite prévue de longue date et qui
s’éternise prouve qu’il y a un truc.
Ma femme avait rêvé...
de dents 3 jours avant ! C’est dingue, ces rêves de dents.
C’est systématique chez elle. Selon ce qu’elle ressent
durant le rêve, elle est capable de dire si c’est grave ou
pas. Et à tous les coups ça marche. Quelques jours
après, quelqu’un de sa famille se retrouve avec un problème
physique plus ou moins grave. Là, pour ce dernier rêve,
à priori, pas trop souci.
Dans la voiture je mets
France Culture. Et je me marre : ça fait 2
jours de suite qu’Olivier Duhamel écorche le nom de
l’animateur en entrée de chronique. « Bonjour Ali
Badi » Qui en fait s’appelle Badou. Simple jeu ? Erreur
involontaire ? A suivre.
Edgar Morin est l’invité. Ce
qu’il raconte est un peu bateau. J’enfonce un cd dans le
lecteur : le dernier album des Scissor Sisters. J’avais été
agréablement surpris par leur 1er disque. Festif.
Jovial. Un disque pour fêter l’arrivée du printemps.
Celui-ci ne semble pas être issu du même matériau.
Il me faudra sans doute plusieurs écoutes.
9h10. J’arrive au
bureau. Comme internet m’a planté mon texte d’hier, je
commence sa ré-écriture. Arrive ma collègue.
Elle pose son sac et vient me voir. Elle a des trucs à dire
sur sa situation professionnelle. Je sais qu’elle est sur le point
de changer de département. Elle m’explique que jusqu’au
bout elle devra bosser sur un dossier qui la gonfle. Faut dire qu’en
ce moment on baigne pas mal dans les jeux politico-stratégiques
de nos chefs. On se prend leur faux-semblant en pleine poire et ça
plombe. C’est qu’on n’a pas que ça à gérer
nous. On a du taf. Sauf que nous, il nous manque un chef. Notre
paravent quoi. Celui qui filtre les tactiques qui viennent du haut.
Celui qui se prend ces trucs là d’habitude dans la tronche.
Bref. Ça fait 5 mois que ça dure. C’est chiant, et
intéressant à la fois.
Plus tard dans la matinée
c’est au tour de mon collègue de m’interpeller. Il vient de
préparer un message incendiaire à un chef de
département. Il veut que je le lise avant envoi. Je rigole en
lisant : il a sortie une sacrée panoplie de missiles. Ça
va ressembler à la dernière guerre israelo-libanaise.
Je lui explique qu’à sa place je resterais professionnel et
factuel. Il est trop chaud pour tout modifier. Il enlèvera une
phrase et stop. Les missiles partent juste avant que je ne reçoive
un coup de fil de madame confirmant que les enfants sont arrivés
à bon port et que je ne me retrouve dans un resto tibétain
en compagnie d’un ancien collègue écossais. Il est
13h. On a gardé contact. Nos sujets de discussions favoris :
le foot et la zique. On ne faillit pas à nos habitudes. La
France sera en Ecosse ce samedi. Lui voit une victoire de la France.
On parle aussi des tirages de l’UEFA qui ont eût lieu sur le
coup de midi. On aura encore des français en Ecosse. Auxerre.
Côté zique il me file un cd d’un groupe qu’il a
connu la semaine passée à Glasgow. Fratellis. J’ai
hâte de découvrir. Dans l’après-midi j’ai un
gros coup de pompe. Je crois que je paye les efforts sportifs de ces
derniers temps. J’ai mal au jambes aussi. Mon collègue lui
est vénère. Il vient de recevoir une réponse à
l’email du matin. Apparement la Finul intervient : notre chef
prend les commandes et calme le jeu. En gros : que ceux qui
doivent bosser, bossent. Je crois qu’il attendait un soutien de sa
hiérarchie. Perdu. Voilà notre collègue
espagnol. Il a fait une boulette de 5 millions d’euros. Il vient
prendre quelques conseils pour les réparations. Il repart
satisfait : nos avis correspondent aux siens. Je vais prendre un
café avec lui pour me et le ré-activer. Avec mes fans
de foot habituels aussi. On parle de la guerre Barça-Real. Et
ça chambre. Ça n’en finira jamais les hostilités….On
bute sur un joueur :ex- international,défenseur, ancien
monégasque qui à joué au Barça et qui
maintenant est en Angleterre. Faudra trouver la réponse avant
de quitter le boulot. De retour au bureau je passe quelques coups de
fils. J’ai des dossiers qui n’avancent pas. Je veux comprendre ce
qui se passe car j’ai besoin de planifier. On a quand même un
client, et pas des moindres, qui attend. Fin de journée. Un de
mes collègues me confirme : l’ancien monégasque
du Barça c’est Christanval.
19h30. Je rentre. Les
enfants veulent aller à la piscine. On a fait l’expérience
la semaine passée. C’est pas mal le soir. T’as
pratiquement un bassin pour toi tout seul. Sauf que là, les
devoirs ne sont pas finis. Donc on sort les cahiers. Madame nous
laisse vers 20h. Elle a théâtre. Les devoirs finis on
consulte un catalogue de jouets. Les gamins veulent faire leur choix
pour Noel. Un stylo d’une couleur différente pour chacun et
c’est parti pour les croix et les cercles de sélection. Les
enfants filent à la douche. En ce moment ils la prennent
ensemble. Alors qu’ils n’avaient jamais voulus avant. Bizarre. En
attendant je leur prépare la bouffe. Ils pourront aller se
coucher plus tard. Pendant qu’ils jouent, j’en profite pour
rédiger ce texte. Je veux me l’envoyer au bureau pour le
terminer...Impossible d’accéder à ma messagerie. No
comment.
Mercredi 4
octobre.
Le mercredi c’est tranquille. Pas d’école. On
a tout le temps de se préparer. D’habitude le grand va au
théâtre pour 10h. Le petit, ça ne l’interesse
pas le théâtre. Habituellement j’amène les
frangins chez la mamie et mon père les récupère
vers 11h30. L’aprem ils vont soit au cinoche, soit à un
spectacle, soit ils font que dalle avant d’aller au karaté
pour 17h. Aujourd’hui il n’y a pas théâtre. Mon père
vient donc les récupérer directement à la
maison..
8h. Il sonne. Je suis en
train de repasser les kimonos. On papote légèrement. Le
père n’est pas très causant en ce moment. On a
l’impression qu’il est dans sa bulle. Aujourd’hui, pareil. Il
est là. Point. Ça me met mal à l’aise.
Pourquoi ne va t il pas voir les enfants ? Pourquoi reste t il
planté là sans rien dire ? Je me dis que c’est
pour être avec moi car d’ici 30 minutes je ne serai plus là
et on ne se verra plus. Les enfants, il sera avec eux toute la journée.
Je lui file donc les infos du jour : ne pas oublier le vaccin et
le carnet de santé. L’aprem ils iront à un spectacle
de marionnette.
8h45.. Je ne prends pas l’autoroute quand je pars
directement de la maison. La campagne est plus calme. Je vois moins
de bagnoles. De l’air frais pour mes yeux. Je mets le Cd des
Fratellis. Ecossais ? On dirait des anglais. Un peu dans la
veine des Artics Monkeys. Ils ne cartonneront pas avec ce disque me
dis-je. A peine arrivé, mon téléphone sonne.
Hong-Kong. Le collègue au bout du fil est là-bas depuis
mai. On s’échange des news d’ici et là-bas. Il me
raconte son week-end à Saigon et notamment la visite de sites
relatifs à la guerre avec les américains.
C’est assez
impressionnant. Les viets creusaient des mini-galeries dans les
montagnes. Pour éviter de montrer des monticules de terre
issus de la perforation, (et ainsi éviter de mettre la puce à
l’oreille aux américains et donc d’éviter des
bombardements), ils utilisaient des petits paniers et allaient vider
la terre dans les rivières. Des restes de bombes non
explosées, ils les découpaient et en faisaient des
armes. Et la ville. Près de 7 millions d’habitants
aujourd’hui. Que des mobylettes ! Et peu de crash. Je reprends
mes dossiers. Je dois organiser une période de tests en
parallèle avec un client. L’équipe qui s’occupe des
paramétrages est pas mal débordée. Je les
informe de ce que nous avons convenu de fournir au client. Sur un
autre dossier j’ai découvert des incohérences de
process.
11h. J’ai déjà
la dalle. Je vais m’acheter une barre céréales. Je
rencontre des collègues. On prend un café. On
décide d’aller déjeuner aussi ensemble. Le reste de
la journée, je pense faire de la lecture : un guide
d’utilisation disponible pour toutes nos filiales internationales
est uniquement disponible en français. Ça ne le fait
pas. Aujourd’hui j’ai la traduction sous les yeux. Je dois me
taper 40 pages d’explications technico-financières en
english et apporter mes commentaires.
12 h 45. Pause déjeuner.
On discute internet. Et des ricains (encore eux nom de bois). Il est
possible de trouver sur le web les dernières phrases (en
format audio) des condamnés à mort avant qu’ils ne
soient exécutés. Très vite ça dévie
sur la peine de mort. Des séances qui tournent pas ronds ;
qui sont ajournées. Des sensations qu’en fait le condamné ressent au moment de la 2ème injection. La 1ère
étant là pour anesthésier. D’après le
collègue des études auraient été menées
et cette fameuse 2ème injection serait en fait
extrêmement pénible pour la victime... Pas très
fun comme sujet. Ça me fout les boules et des frissons dans le
dos. Limite gerbe. On change de sujet : qui sera le candidat du
PS à se présenter aux élections
présidentielles ?
14h. Un message d’un pote dans mon
inbox pour se faire une bouffe un week-end. L’agenda est tellement
chargé qu’on n’arrive pas à caler pour octobre.
Ce sera début novembre. Je rattaque le dossier traduction.
En lisant, une interrogation me vient pour un autre dossier.
J’appelle un collègue à Paris. Il me file des détails
et m’en donne d’autres sur le sujet. Ce qui est dingue , c’est que chaque fois que j’ouvre une porte, je découvre
une problématique. Et là, elle est pas mal. Nos tests
vont prendre du retard. Je cherche une solution pour être
cohérent avec des sujets identiques. Va falloir qu’on fasse
une manip manuelle. Comme ça relève des maths
fiancières, le gars va s’en occuper. Il ne me donne pas de
date. C’est chiant. On se rappellera la semaine prochaine pour
faire le point. Je commence une série de tests sur un autre
dossier. Un collègue se pointe pour une question. Je n’ai
pas la réponse. Lui il bosse pour l’Australie. Il me dit
qu’il faudra des gens sur place pour tester les process.
J’hésite
un court instant. Je lui dis que je serais partant pour un mois.
C’est ni trop long ni trop court. Familialement gérable. De
toute façon, je ne suis pas sûr que le chef me lâchera.
Je reprends mes tests. Coup de fil. Un collègue me demande ce
qui se passe à Singapore : ils recherchent des gens.
Pourquoi ? Décidément. Je lui explique la situation
sur place. Un gros contrat a été signé.
L’activité va exploser. Il faut du monde. Il est intéressé.
Je reprends mes tests. Je n’avance pas. Il est 17h15. A 18h pétantes je
dois partir : mon entreprise fête ses 150 ans cette année
et elle nous offre des places pour le nouveau spectacle de Zingaro. Ma femme est également invitée. Il faut organiser la soirée et la
garde des enfants. Ils finissent leur sport à 19h. Les
chevaux doivent entrer en scène à 20h. ça va
être serré.
En attendant je recommence une série
de tests. Je découvre encore une incohérence. Une collègue s’arrête à mon bureau.
On papote sur les mouvements de personnels : elle va intégrer
une nouvelle équipe dans 10 jours. Je fais mine de ne pas être
au courant. Elle est sympa. Elle aime bien les ragots. Du genre
« Voici » « Gala ». Je
lui en file un. Elle est contente. Mon info est déjà
effective de toute façon. Je recommence mes tests. 18h. Il
est temps de prendre la route. Je veux quand même vérifier
un truc sur un process. Encore une énormité. C’est
incroyable. Pas d’autre solution que de
développer. Je fais remonter l’info à Paris et je
file.
A peine le temps d’arriver à la maison que belle-maman
sonne à la porte. A peine le temps de lui dire bonjour qu’elle
s’active dans la cuisine pour préparer la bouffe des gosses.
A peine le temps de discuter, que les enfants et Sandrine arrivent.
On brief rapidos tout le monde et nous voilà parti vers
Zingaro. La boîte a bien organisé le truc : parking
près de son nouveau bâtiment, navette de bus pour aller
sur place, apéritif d’accueil. On tape la causette avec des
collègues. 5 minutes plus tard tout le monde est prié
d’entrer sous le chapiteau. « Battuta »
durera 1 heure et demie. Comme on avait vu « Loungta, les
chevaux de vent », on ne peut pas s’empêcher de
comparer. Le précedent durait 2 fois plus longtemps, il était
moins dynamique et plus poétique, moins drôle. Bartabas
est passé de la philosophie à l’histoire. Une
histoire de mariage.
Après le spectacle la tente d’accueil
nous attend : boissons, toasts. Ma femme rencontre son ancien
directeur de collège. Qui fut mon ancien directeur des
RH. Il est maintenant à la retraite. Directeur de retraite ?
On est vite rejoint par des collègues. Souvenirs souvenirs.
23h00. On est de retour à la maison. La mamie est pressée
de rentrer. Et nous d’aller se coucher.
Jeudi 05 octobre.
1h30 du mat. Quelqu’un pleure. C’est le petit. Lui qui ne se
réveille jamais la nuit. Je pense tout de suite au vaccin de
la veille. Je vais le voir. Il est assis dans le lit. Il a mal au
pied... Il m’explique que ça vient du karaté. Il veut
me montrer comment ça c’est passé. Il enfile une
chaussette. Garde l’autre dans la main. Et on va dans le couloir
illuminé pour la reconstitution de la scène. Une
petite tête se penche à la porte de l’autre chambre.
C’est le grand. Il nous demande ce qui se passe. Il voit son frère
pleurer. Il assiste aussi à la reconstitution. On va dans la
salle de bains. L'âiné dit qu’il est crevé et qu’il
retourne se coucher. Un peu de mercurochrome sur le frottement et on
retourne dans sa chambre. Un petit bisou de bonne nuit. Il est chaud.
Bizarre. Le vaccin cette fois ? « Je peux venir te
voir si ça va pas mieux ? ». Comment peut-il
me poser une telle question ? J’ai mal au bocal. Ce réveil
m’a fait l’effet d’un crash. Je me rendors. 5h20. Le petit entre dans ma chambre. Pleine forme. Il n’arrive plus à
dormir. Je lui dis qu’il devrait se reposer dans son lit. Je le
retrouve 5 minutes plus tard en train de bouquiner sur les escaliers.
Je négocie un couchage avec lumière dans le couloir. Je
me rendors. 6h30. Madame se lève. Elle doit partir tôt
aujourd’hui. Je referme les yeux et me voilà réveillé
par l’angélus de 7h20. Vu la nuit passée, je me dis
qu’il faut que je m’active illico sinon je ne bouge plus de la
journée. Les enfants dorment à poings fermés.
J’irai les réveiller plus tard, le temps de remettre mes
neurones en place sous la douche. Au petit dej, le grand fait une
boulette : sans volonté de blesser le frangin, il lui met une
petite tape sur le bras. En plein sur le vaccin. Ce sont à
nouveau des larmes qui coulent des yeux. Le grand est
surpris. Je lui explique ce qu’il a fait et lui somme de s’excuser.
Dont acte. Sur le chemin de l’école on fait des révisions.
Aujourd’hui c’est contrôle de géo pour le grand. Ça
devrait aller.
A la radio, Adler a commencé sa chronique quand
je remonte en voiture. L’invité du jour est le créateur
d’Actuel. Avec sa voix grave je me dis qu’il doit abuser du
tabac. J’attends avec impatience le bonjour d’Olivier Duhamel...
ça parle de la crise des journaux, d’internet. Un sujet pour
Didier me dis-je. Il a trouvé la solution Duhamel: il
zappe le nom de famille. Ça parle tabac et liberté de
fumer. « il faudrait des restaurants fumeurs, des bars
fumeurs... » Est-ce que le chroniqueur sait qu’une
compagnie aérienne est en train de se créer et qu’elle
s’adressera à une clientèle exclusivement fumeuse ?
L’invité nous apprend aussi que pour un cancéreux qui
se fait soigner, fumer un joint lui évitera d’avoir des
nausées. Apparement tout le corps médical est au
courant mais en fournir correspondrait à légaliser ?
Tout de suite je pense à l’EPO ? On en donne à
ces mêmes malades pour qu’ils se sentent plus en forme. Je le
sais. Ma cousine la vécu.Au fait. Mis à part dans le
sport, c’est illégal l’EPO ? Intervient Marc Kravetz.
Il est impressionnant. Mais il a un défaut : il met
toujours 3 plombes à sortir sa question. Je zappe. De toute
façon j’arrive au boulot.
Une collègue
envoi une question quizz à plusieurs destinataires via email :
qui sort sont 1er album le 05 octobre 1962 ? Coup de
bol, je trouve la réponse.
Ça fait 3 jours que je dois
prendre rendez-vous chez le cardiologue. Simple contrôle pour
une licence sportive. Si tout va bien, j’aurais rendez-vous en
2007... Nouveau coup de bol, un désistement de dernière
minute me permet d’avoir un rdv dès demain 10h. Je saute
sur l’occaz.. Il faudra que je prenne congés.
Arrive mon
chef. Il est de retour d’Asie. Il nous raconte Singapore, Hong-Kong
et Bangkok. Il a halluciné en Thaïlande. 11 millions
d’habitants. Des gens qui dorment dans la rue, des rats… c’est
dégueulasse. Tu te fais accoster à chaque coin de rue
par des mecs qui te propose des filles pour accompagner, pour masser,
pour...C’est le seul endroit au monde où dans ta chambre
d’hôtel tu as des préservatifs à disposition.
La ville du cul me dit-il. Merde. Dans Platforme, Houellebecq a tout
juste me dis-je. Le boss nous raconte qu’il a discuté avec
2 anglais (1 à la retraite et l’autre bossant à
Dubaï) qui étaient accompagnés par 2 jeunes
filles. Ils lui conseillaient les endroits à faire, en
expliquant qu’ils avaient les filles à la semaine, que
c’était pratique pour négocier les achats en ville.
Et puis pour le reste aussi...Côté professionnel ça
va être coton. Ça ne parle pas très bien anglais.
Tout se fait en Thaïlandais. Nos systèmes non. Le plus
drôle ce sont les dates. Ils utilisent le calendrier
bouddhiste. En ce moment ils sont dans les années 2500...
Pause
café du matin. Je passe au bureau d’une collègue.
C’est son dernier jour. Elle a amené des croissants. Je suis
habitué aux départs dans la boîte mais là
ça bat des records de vitesse. 2 mois qu’elle est là.
Pas plus. On m’appelle pour un dossier. La difficulté est de trouver le lien entre
ce qu’il me faut dans mon système et comment cela se traduit
dans les programmes informatiques.
Je me retrouve en pause déjeuner
dans un resto. On est 4. On parle de la Thaïlande, mais surtout
de la hausse des prix depuis l’euro. C’est quand même se
foutre de la gueule du monde de dire qu’il n’y a pas eût
d’augmentation. Tiens. Sur la carte. Une escalope milanaise à
17 euros. C’est pas l’arnaque ? Et le café. C’est
là-dessus que les restaurateurs se feraient le plus de blé.
Si on compare le prix auquel le caf est vendu, à celui acheté
par le patron, le paquet est vite amorti....
14h. Je suis de retour
au bureau. Je reprends ma lecture de la traduction anglaise. Un truc
me turlupine. J’avais déjà lu ce doc en français
il y a quelques temps. Je n’y avais pas compris grand-chose. Et là,
en english, je ne sais pas pourquoi, mais je comprends tout. Même
les calculs… Je reçois un message. Suite à
mes remarques sur un autre dossier, ils se sont aperçus
qu’ils s’étaient plantés sur un truc. Ils vont
corriger. Bonne nouvelle. Nouvel e-mail. Celui-là est plus
ennuyeux. Pour un des mes projets, des formations vont devoir se
faire. J’ai déjà prévenu les personnes
concernées et organisé la session pour la semaine
prochaine. Là, pour un projet dont je ne m’occupe pas, on me
propose de regrouper 2 formations en 1 pour la semaine d’après.
Comme les 2 projets ont un point commun, je trouve que l’idée
est bonne mais il faut tout reprendre l’organisation. En plus,
certaines personnes pourront être là le matin et
d’autres l’après-midi. Ça veut donc dire quand même
2 sessions mais regroupées sur une journée. Le seul
gain finalement sera pour les intervenants. Ils ne viendront qu’une
journée au lieu de 2. Je prends donc contact avec tout le
monde et remonte un planning.
Arrive un collègue. Je ne
l’avais pratiquement pas vu de la journée. Amateur de
cheval, il me donne ses impressions sur le Zingaro de la veille. On
dévie rapidement sur autre chose. Il n’attend qu’une seule
chose. Qu’on lui demande d’aller en Australie pour faire des
formations sur nos systèmes. Nous voilà à 3 dans
la conversation. Je décroche un peu, j’ai trop trucs en
tête. On me regarde en rigolant. Je ne comprends pas ce qui se
passe. Nouveaux rires. « On disait que tu devrais nous
donner des formations sur comment rester zen au boulot ». Ca me fait sourire. On me dit que je vais finir bouddhiste.
Mais qu’en même temps on se sait pas comment je suis en
dehors du boulot. J’essaye d’être pareil mais pour ça
il me faut faire plein de sport.
J’apprends via le web que Ryanair
veut racheter Aer Lingus. Quoi ? Les irlandais n’auraient plus
qu’une seule compagnie aérienne ? Je vois aussi que
Renault-Nissan voudrait se rapprocher de General Motors. C’est
dingue. C’est la mode les regroupements. Et jamais des petits avec
d’autres petits pour faire la nique aux gros. Non jamais. C’est
toujours des gros avec des autres gros pour en faire des plus gros
(avec plein de cholestérol d’euros qui circule). Et faire la
nique aux petits. Beurk. Mittal-Arcelor. Suez-Gaz de France, et nous.
Pareil. Je ne comprendrai jamais comment c’est possible.
J’apprends
aussi que les ricains veulent monter un mur de séparation avec
le Méxique. C’est quoi ce délire. C’est une manie
chez eux. Monter des murs. Ils n’avaient pas filer un coup de main
à Israel? Pour s’entrainer…Faudrait leur dire que chez
nous en Europe on a plutôt tendance à les péter
les murs. Qu’ils demandent aux allemands. Ou alors qu’à
l’école ils laissent le sport de côté et qu’ils
consultent un peu plus les manuels d’histoire. C’est fini les
murs du con. Pis aussi quand tu fais la guerre à des milliers
de bornes de chez toi, tu t’en fous c’est loin. T’en fais pas
des murs. Mais là, c’est le voisin qui t’emmerde. C’est
plus chiant quand c’est un voisin. Son bordel on l’entend plus
facilement. Et encore t’as de la chance. Mexico c’est pas
(encore) Bagdad. J’éteints tout. Je me casse. Faut que je
passe chercher du pain. A cette heure-ci je n’ai que la station
service du coin qui peut me sauver.
A la maison les enfants tapent un
mini-foot dans le garage. « faites gaffe aux vélos
les gars ». 5 minutes après je suis en survêt
avec eux. On se fait des passes et rapidement ça vire dribbles
et « viens me piquer la balle ». Les frangins
deviennent vite solidaires. Au moment du repas le grand nous donne
ses résultats du contrôle. On est content pour lui. Et
lui pour lui. C’est important d’être content de soi. Allez.
C’est l’heure d’aller vous coucher les gars. On
allume la téloche. Le jeudi, quand on peut, c’est Prison
Break. Une série américaine. On y voit des murs…
Vendredi 06
octobre.
7h. Je suis en congés. Pourtant il faut que je
me lève. J’ai du mal. Je dois amener une bagnole au garage
pour la révision. J’ai rdv à 8h. J’ai 30 minutes
de route. Si je zappe le petit dej, je peux rogner des minutes au
pieu. 7h20. Plus le choix. 15 minutes plus tard je suis en voiture.
C’est toujours comme ça une journée de congés.
Pas moyen de trainer au lit et rien foutre de la journée.
C’est toujours comme ça parce que LA journée de
congés je la prends pour faire des trucs. Là par
exemple j’ai aussi rdv chez le cardiologue à 10h. C’est
que la plupart des spécialistes, ne bossent pas le samedi.J’ai mis Inter. Coffe nous parle de bouffe… De langue de veau, de
foies, de testicules… Continue comme ça Jean-Pierre. J’ai
le ventre vide. Aide-moi à ne pas avoir envie de bouffer. Il
poursuit. Il explique la différence entre les abâts
rouges et les abâts blancs. Et les abâts joie ça
existe ? Merci Jean-Pierre. Tiens bon. Ne relâche pas. Il
doit me rester 5-6 bornes. Après je te laisse au garage. Je ne
t’entendrai plus et je pourrai récupérer mes esprits
et mon estomac pour aller me sustenter tranquillement. J’avais
réservé une bagnole pour la journée. La bonne
surprise c’est qu’en fait la révision sera terminée
avant midi. Du coup la voiture de loc, je la touche à moitié
prix. C’est quoi ? Une Fiat ? Mais je suis bien chez Opel
là ? Racheté ? Vous aussi ? Je croyais
que c’était Renault-Nissan qui allait vous bouffer. Je ne
comprends pas. Coffe n’a rien dit là-dessus. Ça c’est
fait cette nuit ou quoi ? Il a un truc qui cloche. Dites,
rassurez-moi, ce n’est qu’en local ? Bingo. Et me voilà
parti dans une belle Punto dorée avec 3000 bornes au compteur.
Je pars acheter un journal et
des croissants. La vache ! C’est franchement pas cher en
France. Je lis que finalement, General Motors dit non au mariage
avec Renault-Nissan. Je me dis qu’ils pourront toujours essayer
avec Fiat. Ici c’est déjà fait. C’est comme ça
qui font les gros. Ils font mine de se marier avec une boîte,tout
le monde en parle et pan, quelque temps après, c’est une
autre qui est choisi. Regarde Arcelor. Avec les russes. Pis
finalement ça c’est fait avec les indiens. Et nous pareil.
Au début c’était des italiens. Finalement on s’est
marié avec des canadiens. La technique du contre-pied quoi. Je
vois aussi que ça chauffe au Mexique. Faites gaffe les gars.
Moins de bruit. Georges va vous planter un mur d’ici peu.
J’apprends que DSK s’est lancé dans sa campagne. Donc lui
apparemment tout le discours est ficelé.
Je me sauve chez le
cardiologue. Ça parle fort dans le secrétariat. Mais
c’est qui ce mec qui discute avec les secrétaires ? On
dirait un réparateur d’imprimantes. Bon. Que les choses
soient bien claires. J’ai rien contre les réparateurs
d’imprimantes. C’est juste que les seuls que je vois, c’est
ceux qui viennent réparer la mienne au boulot. Et ils sont
comme lui. Même tronche. Mêmes fringues. Je file en salle
d’attente. C’est bien plus calme. Je commence à lire
l’article sur Cachan. Je ne le finis pas. On m’appelle. C’est
mon tour.
Ben merde. Le type. Non seulement il répare les
imprimantes mais en plus il remplace le cardiologue… Je m’allonge
torse nu sur la table. Il me met une dizaine de ventouses. « Soit
vous êtes entraîné, soit il vous faut un
pacemaker ». Et une imprimante non ? J’interprète
ça comme une bonne nouvelle. « Vous pouvez vous
rhabiller ». Quoi ? ça fait pas 2 minutes que
je suis allongé et c’est déjà fini ?
C’est ça un examen cardiologique ? Et je paye combien
pour ça ? Pourquoi faire des études de médecine ?
Des études d’imprimantes ça à l’air de
largement suffire. On discute sport. Il m’explique 2-3 trucs que
j’avais oubliés. Je lui dis qu’il faudrait que je fasse un
test précis pour connaître ma fréquence cardiaque
maxi. Pas de problème. « Vu votre niveau physique,
c’est important ». Faut se calmer avec les compliments
ou je change de métier.
Nouveau rdv est pris. Ce sera dans un
hosto. Un test sur vélo. Avec lui. Décidément.
C’est fou ce qu’on a comme compétences quand on sait
réparer les imprimantes. Ce qui fait chier, c’est que je
vais devoir prendre à nouveau congés. Il me donne le
nom d’un gars à chercher sur le web. Je trouverais plein de
trucs intéressant sur le sport et le cœur. Il me raccompagne.
Je lui dis à lundi. Je paye ma consult au secrétariat.
Et je me sauve. Merde. Il m’a filé aucun papier montrant les
résultats de l’examen. Un comble pour un réparateur
d’imprimantes que de pas avoir de papier.
Je m’arrêtes
acheter Télérama et prendre un café. J’ai vu
une petite étiquette rouge avec les lettres en blanc sur la
porte de ce bar. Illy c’est mon café préféré.
Tiens les Scissors Sisters à la une de Télérama.
Je ne traine pas trop. J’ai ma bagnole à récupérer
puis j’irai manger chez ma mère. Elle me raconte sa semaine
dans le Sud. Tous les frères et sœurs se sont retrouvés
là-bas pour remonter le moral de la frangine cancéreuse.
Je ne lui parle pas des pétards « conseillés »
par les spécialistes ; elle ne comprendrait pas. Ils sont
surtout allés là-bas pour voir. Se faire une image. La voix au
téléphone c’est pas suffisant. Ils sont revenus
rassurés. On se bise. On se verra dimanche midi. J’ai des
achats à faire.
15h. De retour à la maison je me dis
que je vais aller faire un test de course à pied. Pas de bol.
La piste d’athlé est fermée. Je vise un autre stade.
Même résultat. Je pars chercher les gamins chez la
mamie. Vu que madame rentrera assez tard et que demain il n’y a
pas classe, je leur propose d’aller à la piscine. Après
un petit entraînement je les rejoins dans leur bassin. On fait
à peu près toujours les mêmes jeux. Avec quelques
variantes. Le grand aujourd’hui dompte sa peur. Il saute du petit
plongeoir du grand bassin. Le petit, lui, est plus à l’aise.
Bien qu’il nage moins bien que son frère, il l’a toujours
été. Nouvelle victoire du grand : il se fait
les 25 mètres de grand bassin en une fois. Je ne sais pas si
c’est lié mais en sortant du bâtiment vers 20h, il
me dit qu’il est content d’avoir des parents comme nous. Merde ça
fait chaud au cœur. Et il me sort des souvenirs de 4 ans. Des trucs
qui l’ont marqué. Comme les séances de bains,
l’apprentissage pour s’habiller tout seul, sa première
coupe sportive… Ma femme est de retour vers 20h30. On mange tous
ensemble. On lui raconte la piscine. On parle de l’école. Des résultats de l’un
et de l’autre.
Pour digérer : séance musicale.
Un peu de guitare. Je leur joue 2 titres de Radiohead. Ils aiment
bien. Le petit fait la tête : il aurait préféré
se faire un France-Brésil sur Playstation. Les enfants ne se
couchent pas trop tard. Demain, dès 8h30, on sera parti toute
la journée. Madame en profite pour regarder des épisodes
d’une serie enregistrée la veille. Moi je m’installe
devant mon pc qui n’a pas d’imprimante…
Samedi 7 octobre. 8 h. Encore une matinée à se lever tôt. Je
commence à accuser le coup. Je me dis que demain je ferai la
grasse mat. 8h30. On est parti pour un rdv commercial. On veut
refaire nos portes de garages. Le devis est intéressant et le
ou plutôt la commerciale nous avait semblé compétente.
9h. On refait le point sur ce qui est proposé. Nouveau
devis. Nouveau rdv est fixé, mais cette fois-ci chez nous pour
les mesures définitives. Ce sera samedi matin prochain. Et
merde. Je devrai encore me lever tôt. 9h45. On se dirige vers
Metz. On a prévu de passer la journée avec des amis.
Ils ont aussi 2 enfants. On doit se retrouver dans un resto sur les
coups de midi. Du coup ça nous laisse un peu de temps pour
fouiner dans les magasins. Les enfants ont faim. On s’arrête
à une sandwicherie. Ce sera petit casse-croûte et petit
jus d’orange. Le temps de faire 2-3 rayons aux Galeries Lafayette
et nous voilà en route vers le resto. Tout le monde arrive en
même temps. On papote pour finalement décider d’aller
manger ailleurs. Sur la place St Jacques. Les enfants s’entendent
bien. Tant mieux. C’est toujours ça de moins à gérer
à table.
Les amis nous
racontent une histoire d’insémination assez folle. Un couple
qu’ils connaissent a essayé d’avoir des enfants pendant 6
ans. 22 inséminations sur un total de 25. Et toujours pas de
résultats positifs. 3 dernières chances…. Elles
prennent toutes. Des triplés…Les médecins estiment
que c’est dangereux. Il faut que le couple fasse un choix. Les
garder tous ou… en enlever un. Et là t’es tout seul face à
ce truc. Pas de suivi psychologique. Que dalle. Tu te démerdes.
Par peur des risques, ils optent pour la 2ème
solution. Mais ce qu’ils ne savaient, c’est que l’embryon en
question n’est pas retiré. On le tue. Par injection. Quand
je repense à ce que j’ai entendu cette semaine sur les
injections dans les prisons américaines… Et là on
bute à coup sûr un innocent. De 3 mois.
J’ai plein de
trucs qui viennent en vrac : la peine de mort n’a pas disparu
en France, ça me fait réfléchir aussi sur la
position de l’église vis-à-vis de l’avortement, je
me dis que ça dois avoir une incidence sur le développement
des fœtus vivants. C’est quand même pas possible de vivre 9
mois dans le ventre de ta mère et de ne pas te rendre compte
que ton frère est crevé à côté de
toi depuis 6 mois. Et comment on l’enlève ce fœtus ?
Ben avec les autres : à la naissance…Les jumeaux en
questions ont maintenant 2 ans. La mère a décidé
d’aller voir un psy. Elle culpabilise par rapport au garçon
vivant (l’autre est une fille). Le psy lui conseille de venir avec
les jumeaux. Enfin une réponse saine. Mais après coup.
Quel gâchis. On a quand même un monde qui tourne à
l’envers.
14h. On quitte le resto et on fait 2 équipes.
Les mamans d’un côté. Les papas et les enfants de
l’autre. On décide de se retrouver à la Fnac. Cool.
Je vais pouvoir récupérer des cd. On squatte le rayon
lecture enfant. Les gamins s’en donne à cœur joie. J’en
profite pour passer aux rayons livres et disques. 15h. Tout le
monde s’est retrouvé. On passe chez eux. Le grand a mal a la tête. Pas le front. La tête. Le temps de boire
un coup et nous voilà dans une fête de quartier. Le
centre socio-culturel fait la fête de l’enfant. Ateliers
découverte musicale, échecs, peinture (tiens la
technique de la toile géante et vide, à remplir avec ce
qu’on veut je l’ai déjà vu quelque part…). Nous
on n’est pas du coin. On est plus gêné que nos gosses
qui sont déjà dans les ateliers. Je prends un caf. Je
discute avec quelques personnes. Je me pose sur une chaise et je vois
un supplément du Nouvel Obs posé lui sur une table. On
sympathise. Il date de début juin 2006. Il concerne la coupe
du monde. Je me dis que ça dois être rigolo de voir par
après ce qui c’est dit avant. Je feuillette. On y parle
d’Anelka pas convoqué (cette semaine on a parlé de
lui pour l’inverse), des jeunes qui montent comme Messi (le nouveau
Maradona) et puis d’économie. Je m’y attarde.
Les
économistes avaient fait des prévisions. Pas des
prévisions économiques, mais des prévisions
sportives issues de la situation économique. En gros, il est
dit que celui qui gagne, fait monter par la suite légèrement
le PIB de son pays. Soit : une victoire en Coupe du Monde et
voilà la confiance qui s’installe dans le pays, poussant les
consommateurs à acheter. Et là je suis sur le cul. Les
dits économistes, foutent l’Asie, l’Afrique et l’Amérique
de côté. Pour eux, le plus profitable, serait une
victoire européenne. Ben v’là. Pis quoi ? Vous
avez aussi les pronos sur les 8ème ou les ¼
de finales ? Ben ouais, ils les ont ces cons. Ils disent que le
mieux serait que l’Espagne et l’Angleterre s’arrêtent au
maximum en ¼. Merde. Ne me dites pas que vous avez les
finalistes ? Presque. Ils ne donnent pas un carré final
mais un triangle. Pour eux, le mieux, ce serait d’avoir
l’Allemagne, La France et l’Italie. Avec comme préférence
ultime une victoire de l’Italie sur l’Allemagne. Putain les cons.
L’Italie a gagné. Je ferme le supplément.. La Coupe
du Monde : une grosse supercherie ? Je suis troublé.
Sport et économie sont bizarrement inséparables.
17h15.
On bise tout le monde. On décide de faire un détour par
un nouveau magasin. Alinéa. C’est pas mal du tout. Le
concept est honteusement pompé sur celui d’Ikéa. Les
meubles me plaisent plus. On s’achète un luminaire pour la
salle de bain. Le grand a toujours mal à la tête. On ne
traîne pas trop du coup.
18h. On est sur le retour. Le petit s’endort rapidement. Pas les autres. Le mal de tête
s’éclipse. De retour à la maison il revient. Le temps
de ranger les affaires et on se fait la dernière demie-heure
d’Ecosse-France. On allume la téloche pile poil sur le but.
Pas de problème. L’Ecosse doit sûrement avoir besoin
d’un petit coup de remontant économique. Et une fois encore,
dans les journaux de demain, personne ne remerciera la France
d’avoir permit de booster l’économie nationale de son
adversaire. Le grand s’est endormi. Avec son frère, on se fait une
petite grignotte avant de se faire un match sur Play. Il part se
coucher. Le grand est toujours sur le canapé en train de
dormir. Avec madame on décide de se regarder Closer. Je
zappe un peu en attendant. Je tombe sur la RAI. C’est
Italie-Ukraine. Et en plein match, une pub…J’en reviens pas. Les
champions du monde osent cette pratique ? Ah oui j’oublais :
ce fameux duo sport-éco. A peine 30 minutes de film et
madame finit par s’endormir aussi. Mal de bocal en prime. Bon. Ça
fait 2. On mettra ces maux de têtes sur le compte de l’automne.
Tout le monde est couché. Je vais finir mon dernier texte sur
ma semaine. Tant mieux. Ça me bouffe trop de temps et en
prime, ça commence à me donner des maux de tête…
C'que vous en dites
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