Une semaine comme jamais…
Samedi 7 octobre
C’est le jour du
déménagement. Mon ex quitte le foyer après
plusieurs mois d’attente. Le temps que ce foutu appart se libère.
Le rendez-vous est donné : 9h30 avec le camion. 2 amis
arrivent, la fleur au fusil. Le plus redoutable
m’attend : l’ex-beau-frère et l’ex-beau-père
qui viennent filer un coup de main. Je sais que mon intimité
va encore prendre une bonne claque dans la gueule… ex-piration.
C’est la journée des « ex ». Et c’est
partout, la valse des meubles et des cartons, aller-retour. Ma maison
se vide, la sienne se remplit – encore ce foutu principe des
vases communicants ! Mes 2 amis ont du se donner le mot, ils
mettent de l’ambiance. On rit beaucoup, ça devient presque
agréable. Drôle de moment. Merci les amis.
12h30, arrive le moment
du repas. Tout est prévu : mon ex-belle-mère a
concocté une ex-cellente ex-potée pour 5. Nous sommes
12 à table (nous avons toujours beaucoup d’amis au moment du
repas !). Le sens du partage s’impose, je sors le jambon du
cochon bio qui va bien, le paté fait maison… moment
convivial, éclat de rire, échanges, regards… tous les
ingrédients pour un bon moment de bonheur. Mais c’est ma
séparation bordel de merde… ce n’est pas comme ça
que je l’imaginais. Je devais être triste. Soit. C’est
mieux ainsi. Merci les amis.
3 heures plus tard, nous nous retrouvons
tous les 2, elle et moi, dans cette grande pièce vide de cette
maison qui est devenue la mienne. Ça y est, je suis triste. Ce
foutu vide m’y invite. Elle est là, debout. Moi je suis
assis sur une cette bonne vieille table de salon qui ne me quittera
pas, posée là, au milieu du vide, au centre du chaos.
Elle me dit « t’as plus rien ! » Je
réponds « non ». Et là je pense à
la façon dont je vais m’y prendre pour que ce lieu reste
agréable et que mon fils ait envie d’y vivre une semaine sur
deux. Blues.
Puis elle s’en va chez elle. Je reste chez moi. Assis
sur cette bonne vieille table de salon que je ne quitterai pas, un
fond de verre de rouge à la main, un cigare dans l’autre, et
je regarde les toiles d’araignée, les amas de poussière,
les papiers jetés à terre, les traces de pas… c’est
la jungle.
Bon sang que c’est
dur ! Après avoir broyé du noir à coup de
rouge pendant plus d’une demi heure, je me dis qu’il faut
repartir. Je me lève. Je cherche dans les CD qu’il me reste.
Je balance un vieux Joe Cooker à fond pour masquer le bruit de
l’aspirateur. Et c’est parti : grand nettoyage, balai,
serpière, sac poubelle. C’est propre. Vide, mais propre.
Il est 20h. Je file au
supermarché chercher un joint pour ma nouvelle vieille machine
à laver que j’ai récupérer. Notre fils est chez elle.
Je pense à lui. Comment vit-il tout ça ?-----
Je ne sais pas quoi
faire. Rentrer chez moi. Je n’ai pas envie d’être seul. Pas
envie de voir du monde non plus. Pas facile de trancher. Je décide
de rejoindre mon amie. Après 20 minutes de route, je me
retrouve devant une belle et bonne potée… tiens dont !
une potée cuisinée avec amour, avec attention. Mon amie
est là, présente, discrête, juste. Moi je suis
là, mais elle sent que je suis ailleurs. Elle me laisse
divaguer dans ma tête, elle sait qu’il me faut du temps.
Merci. Nous nous couchons. Elle est là. Je suis ailleurs.
Dimanche 8 octobre
Réveil matinal à
8h. Café, tartine de confiture, cigare à la fenêtre
dans la fraîcheur du jour qui se lève. Je décide
de repartir chez moi. Il me faut me réapproprier le lieu. Sur
la route, j’écoute les infos : une journaliste
soviétique, spécialiste de la guerre en tchétchénie
vient d’être assassinée de plusieurs balles de
révolver. Putain de journée, putain de société.
Je ne comprends pas. Je suis tellement loin de tout ça et
tellement touché par cette femme que le pouvoir a réduit
au silence. Je suis révolté. J’ouvre la porte de chez
moi. Merde, c’est encore vide. De suite, je relance le Joe Cooker
de la veille : il m’a bien aidé hier, ça devrait
le faire aujourd’hui. Je décide d’essayer la machine à
laver. Je mets le joint. Ça a l’air de fonctionner. Il me
faut la laver, enlever cette crasse que ces 10 années de
stockage dans un garage ont déposée sans retenue. Laver
une machine à laver : décidemment, ça va
mal. Puis j’enfile ma tenue de jardinier et file au jardin repiquer
mes salades. Depuis le mois de mai, j’essaie de faire pousser de la
salade sans succès. Je ne me laisserai pas faire. Quitte à
y passer tout l’hiver, mais je veux de la salade. Y a des priorités
dans la vie !
Je m’occupe les mains,
l’esprit. Ça fait du bien. Plus tard, je suis sur le départ.
Arrive mon ex et mon fils dans le but de récupérer
quelques effets personnels. Mon fils est joyeux. Tout va bien. Mon ex
cache ses larmes. Elle me fait discrètement savoir que ça
ne va pas fort. Plongée entre le sentiment d’une séparation
nécessaire et la peur de se tromper. Aïe ! j’ai
bien peur que là, même ce brave Joe Cooker ne peut rien
y faire. L’atmosphère est chargée d’émotion.
J’essaie de me rendre disponible. Mais elle préfère
abréger la rencontre.
Je repars chez mon amie.
Nous passerons la journée ensemble : promenade en forêt
avec elle et ses enfants. Le temps passe plutôt vite. Le but
est atteint. L’instant est agréable mais entrecoupé
en permanence par mes pensées du moment. Je me sens coupable
d’être là. Je ne me sens pas encore libre. Putain de
sentiment.
La soirée se
terminera devant « mémoire d’une Geisha ».
Un excellent film, mais qui ne règle rien à la vie.
Lundi 9 octobre
Levage et lavage du corps
à 7h. Mais non je ne suis pas mort. Juste le réveil
un peu lourd. Des restes de déménagement sans doute. Je
m’empresse de déjeuner pour partir à mon travail.
J’ai la chance de travailler dans mon village et l’école
de mon fils se trouve juste en dessous de mon bureau… pauvre
gosse ! Sauf que cette fois, je ne sais plus trop où est
mon lieu de vie.
Je taquine l’espoir de
croiser mon fils dans la cours d’école et de lui faire un
bisou. Raté, j’arrive trop tard. Je m’installe au bureau.
Je sens que la journée ne va pas être productive. Je
tourne en rond. Fais un café. Retourne en rond. Refais un
café. Rien. Je n’avance pas. Je décide donc d’aller
livrer un client dans les Vosges, au moins comme ça, mon temps
sera occupé utilement et je pourrai continuer à penser
à moi. Je roule, je pense à moi. Ça fait du
bien. Parfois un peu mal, mais du bien. J’écoute la radio.
Juppé fête sa victoire avec plus de 56% d’abstention…
je n’apprécie pas comment les journalistes parlent de cette
victoire. Cet homme reviens en France après un an
inéligibilité, reprend de force la mairie de Bordeaux
et on parle de victoire. Vive la démocratie. Vive la 6e
République. Didier a raison, il faut y passer, nous n’avons
plus le choix si nous voulons reconstruire.
J’arrive dans les
Vosges. Je croise un copain. Café, parlotte, rigolade. Ça
fait du bien. Merci l’ami. Décidemment, j’ai de bons amis.
16h30 : je rentre.
Mon fils est là, venu attendre que sa mère vienne le
chercher. Elle arrive, le visage fermé. Je lui balance un « ça
va ? ». Ses larmes me répondent discrètement.
Ça me fait mal. Je ne sais pas quoi faire. Envie de la prendre
dans mes bras, la rassurer. Envie de lui dire que moi non plus, je ne
vais pas terrible. Je ne fais rien. Je lui fais juste savoir que je
suis là au cas où. Mais c’est peut-être con
comme phrase. C’est peut-être parce que je suis là
qu’elle va mal. Un peu de silence.
J’ai une réunion
à 18h avec des instits qui souhaitent monter un projet avec
nous en audiovisuel. Bon sang, ce n’est pas facile de construire
avec des instits… tout devient vite compliqué.
19h : j’abrège
ma réunion scolaire car j’enchaîne avec un Conseil
d’administration. Je commence à avoir faim, mais nous ne
sommes pas là pour gueuletonner… l’ordre du jour est
conséquent : créer une plate forme de
communication en partenariat avec une autre association au service
d’un territoire. Ça cause, ça débat. C’est
riche. Ça fait du bien. Je me rends compte qu’autour de la
table siège que des amis. Merci les amis. Vous êtes
riches.
22h30 : la séance
est levé. On boit un pastis pour fêter ça. Y a
pas d’heure pour être bien avec les gens. Puis je décide
d’aller dormir chez mon amie. Il est 23h30. Je mange du chili
qu’elle a préparé avec amour, vu comme il est épicé.
J’aime. On discute un peu, on se regarde. Elle est attentive. Je
suis bien avec elle. Les choses sont simples. Pourtant, ça
reste compliqué dans ma tête. Je suis bien avec elle et
mon ex est sacrément présente dans ma tête.
Qu’est-ce que ça veut dire ? Dodo.
Mardi 10 octobre
Le réveil sonne à
7h. Nous prenons le temps de nous réveiller. Nous sommes
bien tous les 2 sous la couette. 7h30 : maintenant, faut y
aller. C’est reparti pour un bon p’tit café, une bonne
p’tite douche, un bon p’tit cigare avec un autre bon p’tit
café. C’est drôle, il y a des jours comme ça,
où tout est bon. Je file au bureau. Je croise mon fils qui me
fait un salut souriant de la main. C’est bien, il ne me saute pas
dessus… n’y aurait-il pas de manque ? Super.
Je m’installe au
bureau. C’est le défilé quotidien des mails. Un petit
tour sur le blog du pote Didier. J’aime bien ce qui s’y passe en
ce moment. Une bonne dizaine coup de fil. Je finalise mon dossier
Bénévolat pour le journal que nous éditons. Je
suis content, il m’a l’air pas mal du tout.
9h30 : je file à
la Mission Locale où j’ai 2 rendez-vous. Un premier pour
présenter un projet innovant autour de la création de
CV Vidéo pour des jeunes en insertion. Ça prend bien.
On se comprend. Ils adhèrent au projet. C’est en route. Puis
un second avec une jeune que je rencontre pour la première
fois en accompagnement. Mon rôle de « parrain
Mission locale » m’amène à rencontrer
régulièrement des jeunes autour de leur projet
professionnel. C’est intéressant. Cette fois, c’est
difficile. Je ne la sens pas bien. Elle est terne, fatiguée,
usée… elle a 19 ans. Quand elle m’avoue qu’elle n’a
aucun loisir, aucune passion. J’ai peur pour elle ! Je ne sais
pas quoi faire. Je me rends compte que je suis loin de la réalité
des gens. Il y a des vies difficiles à vivre. J’ai une
pensée pour mes parents, pour ce qu’ils m’ont donné.
Merci mes parents.
11h30 : je file sur
Metz pour un déjeuné de travail avec mon président
et 2 collègues autour de l’avenir de notre structure. Une
réunion gastronomique plutôt agréable… et
productive… et pas seulement en cholestérol !
16h30 : retour au
bureau. J’ai une réunion avec une animatrice locale pour
réaliser un prévisionnel sur 4 ans pour la garde
périscolaire que nous venons de créer et pour laquelle
je suis trésorier. Un exercice que j’adore !
Entre temps, mon fils
arrive. Ce soir, c’est moi qui le garde. Je dépanne mon ex.
Il se scotche sur un ordi du Pôle multimédia que notre
structure met à disposition : jeux en réseau avec
des copains à lui. Il a l’air bien.
18h : j’ai une
réunion avec les élus des 4 villages pour organiser un
débat public autour du thème de la construction d’une
nouvelle école. Un projet à 3 millions d’euros. Ça
cause dans les villages. Y a les pour, y a les contre. Notre rôle
serait d’instaurer le débat. La tâche est difficile.
D’autant plus quand on comprend qu’une des 4 communes n’est pas
favorable. Ça cause, ça réfléchit…
c’est pas gagner.
20h : c’est la
fin de la réunion. Je récupère mon fils, les
yeux complètement explosés et on file à la
maison. On entre, c’est vide. A la fois, je m’y attendais un
peu !
Je dégoupille une
omelette vite fait. Mon fils me dit avec le sourire : « Papa,
j’imagine qu’on mange sur la petite table ! »…
Forcément, il n’y a que celle-ci. Qu’il est drôle
cet enfant. J’aime son humour.
Mon fils couché,
après un gros câlin. Je me lance dans la vaisselle.
Merde. Pas d’eau chaude. Je vais voir la chaudière et
m’aperçois que je n’ai plus de fuel. Pas une seule goutte.
Re-merde. Et la douche !
Café –
ordinateur – boulot. Il est 1h30. Je vais me coucher.
Mercredi 11 octobre.
Journée spéciale
aujourd’hui. Nous avons rendez-vous, mon fils et moi, à la
médecine préventive pour un bilan de santé… je
redoute le pire !
Surtout que nous avons
rendez-vous à 12h et que nous devons ne rien manger avant la
prise de sang. C’est écrit vert sur blanc sur le livret
d’accueil ! Nous nous réveillons à 7h30. Café
pour moi, pauv’tizane sans sucre pour mon fils. Il ne dit rien. Il
est vraiment cool.
9h : je le ramène
chez sa mère car ce matin, je vais aller bosser un peu
quand même… le ventre vide. 11h : je récupère
mon fils et filons à Nancy estimer l’état de notre
santé. Pipi dans le bocal, prise de sang, collation (un
pauv’sandwich et un yaourt !) et on fait le tour des
médecins, chacun son tour : généraliste,
ophtalmo, ORL, cardio... On se croise dans les couloirs, tous les 2.
C’est drôle. Il est vraiment cool ce gamin, autonome. Je
l’aime.
Résultat des
courses : globalement, on va bien. Nous voilà rassurés.
On apprécie l’organisation de la journée (vraiment
bien fait), il est 16h, nous sommes libérés.
Je ramène mon fils
chez sa mère. Maintenant, c’est l’heure du dépannage
de sèche linge pour mon amie. Il est stocké dans la
grange d’un pote. Nous devons l’amener chez le réparateur
qui va bien. Je le charge dans la voiture. Retrouve mon amie sur le
parking d’un supermarché et c’est reparti pour 35
kilomètres. Livraison faite. On en profite pour faire
des courses. J’ai faim, je propose une raclette pour le soir. Les
enfants de mon amie sont d’accords. Je n’en attendais pas moins.
Le caddie chargé, nous repartons. Arrivée chez mon
amie, on s’aperçoit que sa voiture est toujours garée
sur le parking du supermarché, lieu de rendez-vous. On repart.
Et on revient. C’est vrai que des fois, on n’est pas très
développement durable !
La raclette se passe
plutôt bien, voir très bien. La soirée sera
douce.
Jeudi 12 octobre
Ironie du sort. Je me
lève malade. J’ai dû chopé un sale truc à
la médecine préventive… pourtant ils m’ont dit que
j’allais bien, j’comprends pas ! La journée sera
léthargique. J’assume mes rendez-vous, j’arrive quand même
à bosser un peu. Une journée sans saveur particulière.
Une journée simple. Un commercial, avec qui nous avions
rendez-vous, arrive avec une heure de retard : costume cravate,
propre sur lui. On l’entreprend avec mon collègue. Il repart
le tutoiement en avant, une claque amicale dans le dos. C’est drôle
ces gens qui se forcent à avoir une image qui n’est pas la
leur.
Sur toute la journée,
j’ai dû consommer un arbre en mouchoir en papier. Je n’ai
pas arrêté. Je sens des frissons dans le dos… c’est
pas bon.
Aujourd’hui, un homme,
pas très loin de chez moi, s’est immolé suite à
une séparation. Feu dans l’appart, 40 personnes évacuées,
l’homme est mort. Combien faut-il être désespéré
pour en arriver là. Je me vois dans ma propre séparation
et me dis que j’ai vraiment beaucoup de chance de quitter de cette
façon celle que j’ai aimé pendant tant d’années.
Un copain arrive à
18h30 avec une bouteille de bière à la main. Je crois
que j’ai fini de travailler. On ouvre la bière. Il me
sourit. M’informe qu’il vient d’apprendre ma séparation
et que si j’ai besoin d’un coup de main, il est là. Merci
mon gars.
19h30 : J’avais
une réunion dans mon atelier de Nancy, chez les Francs-Maçons,
mais je ne vais pas y aller. Trop fatigué. Je pars chez mon
amie avec un slip et une paire de chaussette. Il faut prévoir
quand on n’a pas de chez soi. J’arrive, l’ambiance est pesante.
Je ne sais pas ce qui se passe. Une espèce de tension règne.
Je ne l’a ramène pas. J’essaie de participer à la
fabrication du repas. Les enfants partent se coucher. Nous restons
tous les 2. Je prends un peu de temps pour trier 15 jours de courrier
professionnel que j’ai ramené. Je trie, je lis, je jette.
Ensuite, nous parlons de
son projet : la création d’une entreprise. Elle crée
sa propre activité. Elle a peur, elle a envie. Elle a besoin
d’être accompagnée. J’essaie d’être
celui-là. C’est agréable, on discute beaucoup. Elle
avance. Je me mouche, elle se mouche. Nous sommes malades tous les 2.
Mais ça va. Content d’être ensemble. Il est 1h, nous partons
nous coucher.
Vendredi 13 Octobre
Vendredi 13… qu’est-ce
qui va bien m’arriver ?
Le réveil est
doux, agréable. Le déjeuné aussi. Je repars au
boulot. J’en ai un peu marre de cette route. Le président du
Crédit Agricole se vante du rachat d’un groupe bancaire
italien, devenant le plus gros groupe bancaire d’Europe. Son
enthousiasme pour la mondialisation me fait peur. Je pense que nous
n’y mettons pas les mêmes valeurs derrière. Il est
8h30. Encore une fois, j’arrive le premier au boulot. J’aime
bien. Je prends le temps de m’installer. Je prépare le café
pour tout le monde, je prends la température de la journée.
Je la sens bien. Oh, bien sûr, je suis toujours enrhumé,
mais ça va. Je me mets au boulot. Ça avance. Pas de
rendez-vous aujourd’hui. Que de la production. Je termine l’édito
de notre journal, dans lequel j’annonce sa mort. Restriction
budgétaire, pas de soutien de collectivités, … on
arrête. Mon collègue, illustrateur, a fait un super
dessin sur ce sujet. J’aime beaucoup.
12h30, je pars manger
chez mon voisin. Il vient de terminer le livre « l’énigme
sacrée » et veut en parler avec moi, ainsi que du
vote du candidat PS dans quelques semaines, étant tous les 2
militants. On fait ça autour d’une potée…. C’était
donc la semaine de la potée. La boucle est bouclée. On
parle de progrès industriel, social, de la différence
entre progrès et évolution, de l’homme, des
templiers, de Rennes-le-Château et de la descendance du Christ,
de Ségolène Royale, de la pomme de terre Bio, … quel
bon repas. Merci voisin.
14h : retour au
boulot. Le reste de la journée coule tranquillement jusqu’à
17h. Arrivée en fanfare des jeunes pour des ateliers, pour
certains accompagnés de leur parent. Y a du monde, ça
bouge, ça cause, j’aime bien. Je lâche mon boulot pour
rejoindre ces gens, être dans la vie du moment. Tanpis pour mon
boulot, je le ferai plus tard… y a des priorités dans la
vie, c’est comme les salades !
Des jeunes sont en train
de monter un film, d’autres sont partis faire du micro-trottoir
dans le village, d’autres encore se sont mis au dessin. Mon
collègue gère ça d’une main de maître.
Il arrive en même temps à impliquer un parent dans du
bénévolat pour notre structure. Je l’aime bien ce
gars, il sait où il va, c’est plaisant de travailler avec
lui. Merci collègue.
19h : je vais
faire un tour sur le blog de Didier. Y a une histoire de plaque.
Décidemment, il y a quelques temps, ça échangeait
sur les plaques d’égouts. Aujourd’hui, il fait être
à côté. Je ne les suivrai pas cette fois. Je lis,
je souris.
Allez, fin de journée.
Je rentre. Pas chez moi. Je n’ai toujours pas d’eau chaude. Le
livreur de fuel passe samedi matin. La facture va encore être
douloureuse… je ne sais pas comment je vais faire !... De
toute façon, je n’ai pas le choix. Je récupère
mon fils demain pour une semaine, il me faut de l’eau chaude.
Je pars, comme à
l’accoutumé maintenant (on prend vite ses p’tites
habitudes !) chez mon amie. J’arrive pour l’heure du repas.
Elle cuisine bien. Les gens qui cuisinent bien sont des gens qui
aiment la vie. La soirée est douce et amoureuse. Nos mots sont
entrecoupés par nos reniflements réguliers. Le rhume,
ça ne passe pas comme ça.
Demain, je suis avec mon
fils. Je suis heureux et à la fois inquiet. Une semaine à
gérer tout seul les repas, les fringues, les lessives, les
devoirs, la douche, les loisirs… avec quand même mon boulot,
mes réunions… On verra.
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