S'identifier


C'est qui mon voisin ?

Il y a quelques jours, un visiteur de ce blog a proposé en commentaire au sondage c'est quoi vos idées concrètes que soit créé un ministère de lutte contre la peur de son voisin. J'adore l'expression ! J'adore l'idée ! Et en même , ça me pétrifie. Arrêtons nous du coup quelques instants. Prenons les . Prenons les maux.
Lutte contre la peur du voisin ? C'est curieux, comme formulation, quand on y pense. Intriguant : toutes ces luttes contre, au-delà du constat, de l'intention, force est de reconnaître que le résultat est en général peu probant, en tout cas insuffisant, nécessaire, mais manquant de souffle, non ? Lutte contre le chômage, lutte contre les discriminations, lutte contre les cons... Indispensable, cette idée de Jimmy. Nécessaire. Mais en même révélatrice de la manière dont nous peinons, de nos jours, à aller vers des choses comme on irait vers la lumière ; révélateur de la manière dont nous analysons " par le moins, le pas " nos fléaux ; Fatalitas...

Alors réapprendre à connaître le voisin ? Oui, mille fois oui. Mais c'est qui, aujourd'hui, le voisin ? -----
Avant, c'était le type de la maison d'en face, d'à côté. On savait des choses de lui. On parlait avec. Plus si affinités. Moins si prises de chou. Mais aujourd'hui ? Quelle est l'échelle de proximité en ces voiturisés, téléphisés, internetisés. C'est qui, le voisin ?
Et puis cette idée de lutte contre la peur, est-ce que ce n'est finalement pas tout ce qui nous importe et tout ce qu'il ne faudrait plus faire ? Et si on luttait pour quelque chose ?
Soyons clairs : nous vivons dans une société dont l'instrument de mesure reste le cheval et dont les fondements ont été écris avec une plume trempée dans l'encre. C'est le galop qui a par exemple guidé la création des limites départementales. Quelle distance je parcours en une journée à bord de mon canasson ? Et hop, notez bien les frontières. C'est 1789 qui fonde l'homme et le . Depuis, deux ou trois bricoles ont changé les choses. C'est toujours au burin qu'on fait entrer ou qu'on essaye de faire exister notre quotidien dans ces corridors bourrés de naphtaline.
Alors que la question du pognon a fini par s'insinuer dans nos neurones jusqu'à nous faire penser que c'était ça le battement de coeur, le sens à la vie, etc, ces deux notions que sont le et la proximité n'apparaissent nulle part, sauf à entendre les manques d ici, les je cours après le là, etc. Nos ceveaux ne suivent pas le mouvement. Ne peuvent plus. Tout est prêt pour nous faire croire que des logiciels nous serions devenus. Mais nous ne sommes que des hommes. Faut-il que nous en tirions une quelconque culpabilité ?
Tous nos textes législatifs ont pris cinquante ou cent ans dans la tronche. ce n'est pas de leur faute. C'est la vie qui va. On ne cesse de découvrir qu'ils ne collent plus à la réalité. On continue pourtant de les défendre bec et ongles, certains par intérêt, d'autres par réflexes. On y colle des principes de précaution de ceci, des vigipirates là. On colmate, on écope. Mais le Titanic a pété l'iceberg. Le millefeuille illisible est un vaisseau ivre qui confond le fond et la forme, le sens et la direction, le cap et l'horizon, etc.
Travailler sur ce qu'est aujourd'hui la proximité et sur ce que sont les à , voilà qui semble fondamental à explorer pour qui veut mieux dans le monde actuel. Tellement de choses ont bougé que cela peut mériter qu'on se donne les moyens de freiner la déferlante, qu'on prenne sur nous, au nom du caillou bleu et de nos enfants, pour analyser les choses avec un prisme plus résolu. Changer le monde n'est pas de l'ordre d'un bon vouloir. Ni une réaction. Mais une action. C'est compliqué. Mais je crois que c'est nécessaire. Question de respect. De politesse. Révolutions, guerre, économie... Nos prédécesseurs et nos contemporains ont essayé beaucoup, non ? D'autres murs de Berlin ne demandent qu'à tomber. Je préfère au fond cette idée à celle de construire d'autres murs, d'autres remparts, d'autres prisons.

Version imprimable | Zarchives (côté jardin) | Le Mercredi 27/09/2006 | 4 commentaires | Lu 486 fois


Commentaires

Très belle note qui pose la question de l’espace mais aussi celle du temps. Le temps de la connaissance n’est pas celui de l’histoire, le temps du social n’est pas celui du droit, le temps de la culture n’est pas celui de la société…Il nous faut en permanence procéder à des réajustements faire s’accorder les temps, conjuguer les présents pour les harmoniser…

 

 


metalogos | Le Mercredi 27/09/2006 à 07:49 | [^] | Répondre

Je ne m'attendais pas à de tels developpements...

Je suis intimmement convaincu que l'on ne change le monde qu'à l'echelle de son voisinage (de proche en proche), et c'était le sens de ma remarque : apprenons à accepter nos voisins, à vivre avec. Construisons ensemble, non pas les murs de notre cité, mais les voies jusqu'aux bourgs prochains.

Le problème principal à cette réunion de la société civile est que l'on nous a divisé, et là je prends le plus grand commun dénominateur pour illustrrer mon propos : est on français d'origine, blanc, catho, hétéro, républicain, ouvrier.... que l'on n'est pas comme son voisin !

Le problème est que l'on s'est laissé, que l'on se laisse encore, diviser.


 

 


Jimmy | Le Mercredi 27/09/2006 à 23:40 | [^] | Répondre

Re:

Diviser pour mieux régner... La carotte et le bâton... 

 


Didier | Le Jeudi 28/09/2006 à 07:35 | [^] | Répondre

Re: Re:

Combien de listes de candidats à la dernière présidentielle ? Combien à se tirer dans les pattes ?

Mais encore...
Se diviser pour donner le champ libre aux violences des cités, ces jeunes ont besoin de reconnaissance, leurs parents aussi, ok, on ne doit pas dégrader le bien d'autrui, ok et s'occuper de ses enfants, bien-sûr...
Euh, se diviser encore au travers des délits de faciès preuve à l'appui des CV, Merci les patrons, tout une stigmate de la division encore...
Je connais mes voisins, un bonjour, un sourire, des conversations, un pot à la maison, une implication dans cette petite vie communautaire de proximité. Je suis chez moi, certes, mais nous sommes ensemble responsables de la copropriéte.
Je shématise...Nous entretenons nos allées, changeons l'ampoule du lampadaire du coin, recevons les demandes des projets d'aménagement d'un  tel ou autres.

C'est qui un Immeuble, quid du voisin si il est seul pour l'occuper...Oups, je décale un peu.
Un immeuble est habité par des occupants, à eux de se l'approprier en l'aménageant de leur mieux.
faut pas souiller la maison en se contentant de faire le ménage uniquement dans sa cuisine. !

 


Eden | Le Vendredi 29/09/2006 à 00:56 | [^] | Répondre

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