Ambiance sonore : Du vent.
Mano Solo, Les animals.
Je me permets de m'adresser directement à toi. Et de te tutoyer. C'est plus simple.
Je n'ai pas spécialement de questions à te poser. J'ai seulement envie de te demander si tu es bien sérieuse ?
Je n'attendais pas de toi que tu m'impressionnes, je dois te le dire, mais comme beaucoup de mes congénères sans doute, j'avais espoir que tu m'étonnerais favorablement. C'est loupé !
Mais si je te montre du doigt, un doute m'habite : as-tu réellement commencé, petite ? N'es-tu pas trop tôt partie te fourvoyer sous les fourches caudines du trio média-partis-sondages ? Z'êtes entre vous. Bien au chaud ?
Ma chère campagne, n'as-tu donc vraiment rien à me dire ? Il y a pourtant tant à faire, nous le savons bien. Il y a tellement de chantiers à ouvrir, et par-là même, de portes à fermer. Pourquoi donc persistes-tu à me faire le coup des promesses, de la rhétorique cotonneuse quand elle n'est pas tiroir ? Pourquoi continues-tu à croire que nous zautres les assis devant, comme dirait Souchon, on est des nains débiles et infantilisés ? Des gobeurs de vents ? Penses-tu que sur mon rocher, je baille aux corneilles ?
Si je prends le clavier aujourd'hui, ce n'est pas pour essayer de te convaincre de quoi que ce soit. Je te sens / sais sourde et dans ta bulle. Si je prends le clavier, c'est encore moins pour te donner des leçons. Les assis devants se doivent d'être humbles. Je fais partie de cette France dite silencieuse et d'en bas, qui mène un quotiden, qui croit en certaines choses, qui ne croit pas en d'autres. Je ne suis pas spécialement de ceux qui s'activent, je dois te le confier. Je ne vais pas à des meetings ou à des réunions. Je ne colle pas d'affiches. Je ne participe pas aux débats citoyens et autres. Je n'ai pas d'autre carte que celles de la médiathèque de ma ville et du supermarché du coin. Le pire ? C'est probablement le fait que je n'en ai pas envie. Plus envie.
Je ne me retrouve pas dans tout ce que tu me donnes à voir depuis quelques semaines. Tu me mets un, puis deux, puis trois "acteurs principaux" dans les pattes. Tes acteurs à toi. Mais on dirait des créatures façonnées par un vaisseau ivre. Ca n'a ni queue ni tête, tout cela. Sans doute que toi même tu le sais parfaitement bien. Mais alors, pourquoi gaspiller toutes ces énergies ? Pourqoi mépriser à ce point les mots et les idées ? On ne sent aucune moralité, dans tout cela. Aucune humanité. Ca fait combat de coqs. Basse cour. Tiercé, parfois. Citoyen, c'est du niveau d'un PMU ? Voter, c'est composter un ticket ? Non, décidément, je ne partage pas tes valeurs.
En prenant le clavier, je souhaite partager avce toi quelques avis. Je te demande de prendre le temps de les écouter, de les lire, de t'en imprégner. Après, tu en feras ce que tu voudras. Ou plutôt, ce que tu pourras, puisque cela semble être la seule chose dont tu sois capable. Je veux dire, on le sent bien : tu n'es que dans la réaction, à nous parler d'action, nous dire ce qu'il faut. Tu n'es que dans la recherche d'un discours qui grosso modo se résume par ceci : comment je vais leur parler pour qu'ils votent pour untel ou untel. Comment je vais exploiter pour moi ce qu'ils sont et ce qu'ils me disent ?
Je suis effaré par la manière dont les choses s'articulent. Tu me fais penser à ceux qui mettent d'abord un pied dans la porte pour en bloquer la fermeture. Puis qui entrent. Et qui ensuite font leur loi. Grand sourire. Je n'ai pas besoin de toi. C'est toi qui a besoin de moi.
Sais-tu chère campagne électorale que le malentendu est profond : pendant que toi, tu cavales derrière, nous t'aurions espérée devant. Je ne comprends pas, pour tout te dire, comment après 2002, 2004, 2005 puis 2006, tu puisse (encore) te comporter comme tu le fais.
Tu sais comme moi, on va arrêter de se la jouer si tu le veux bien, que nous avons hérité d'une situation catastrophique. Société morbide, mortiphère, en panne sèche. En 1973, plus de pétrole, la France avait des idées. 2007 : la France n'a plus d'idées. Ou plutôt si. Elle en a. Mais c'est pas toi qui les portes. Au contraire, tu les casses, les fuis, les trucide. Tu es un enfant gâté qui casse le jouet.
Ces 20 - 30 dernières années, soyons clair, n'ont été que reculades, politiques de l'autruche, vie au-dessus de nos moyens, absence de volonté, dépenses, efforts demandés aux uns, imposés aux autres. Ta France s'est embourgeoisée. Ta France n'est pas la mienne.
J'aimerais que tu vois un peu plus les choses en face. C'est un conseil que je te donne. Sinon, le 22 avril, puis en mai, puis en juin, tu vas faire la tronche.
J'aimerais que tu admettes que la France n'est pas une île. Que tu reconnaisses que les politiques n'ont qu'un pouvoir minime et que seule la régulation de certaines choses est en leur pouvoir. J'aimerais que tu observes cmme les gens souffrent et ne se parlent plus. J'aimerais que tu arrêtes de te faire croire que nous ne sommes pas un pays dépressif.
Ma chère campagne, je crois que si tu continues comme ça, tu vas sacrément être surprise le 22 avril prochain. Et il ne suffira pas de dire que les sondages se sont trompés. Il ne suffira pas, non plus, de dire que ceux-ci ou ceux-là n'ont pas voté utile. On a donné dans le genre. On a vu.
Chère campagne, la société est en danger. L'aveuglement, la surdité, la mauvaise foi conduisent à l'amnésie, tout du moins à l'anesthésie. Je crois que ton combat est pathétique. Tu n'as qu'une énergie à offrir, c'est celle du désespoir. Qu'un système à vendre : le tien. Je te comprends, quelque part. C'est tout ton univers. Mais tu te trompes sur un point : tu n'en es pas propriétaire. On t'a juste prêté les clés. On peut te les reprendre.
Si tu écoutais et regardais un peu, tu verrais que les gens veulent l'énergie de l'espoir et qu'ils sont des millions à bien vouloir encore espérer. C'est dommage que tu fasses semblant de ne pas comprendre cela. C'est dommage que tu aies basculé. Vraiment dommage.
Sur ce, je te bise. Et te dis à bientôt. Pour faire les comptes. Et je te rassure : quoi qu'il se passe, ce ne sera pas la fin du monde. Ni le début de la fin. Mais le début d'un sacré bordel. Et c'est la coloration de ce bordel qui est en suspend. Sera-ce un joyeux bordel ? Ou une société plantée de chez planté ? A vous de choisir :-)
Mano Solo, Les animals.
Je me permets de m'adresser directement à toi. Et de te tutoyer. C'est plus simple.
Je n'ai pas spécialement de questions à te poser. J'ai seulement envie de te demander si tu es bien sérieuse ?
Je n'attendais pas de toi que tu m'impressionnes, je dois te le dire, mais comme beaucoup de mes congénères sans doute, j'avais espoir que tu m'étonnerais favorablement. C'est loupé !
Mais si je te montre du doigt, un doute m'habite : as-tu réellement commencé, petite ? N'es-tu pas trop tôt partie te fourvoyer sous les fourches caudines du trio média-partis-sondages ? Z'êtes entre vous. Bien au chaud ?
Ma chère campagne, n'as-tu donc vraiment rien à me dire ? Il y a pourtant tant à faire, nous le savons bien. Il y a tellement de chantiers à ouvrir, et par-là même, de portes à fermer. Pourquoi donc persistes-tu à me faire le coup des promesses, de la rhétorique cotonneuse quand elle n'est pas tiroir ? Pourquoi continues-tu à croire que nous zautres les assis devant, comme dirait Souchon, on est des nains débiles et infantilisés ? Des gobeurs de vents ? Penses-tu que sur mon rocher, je baille aux corneilles ?
Si je prends le clavier aujourd'hui, ce n'est pas pour essayer de te convaincre de quoi que ce soit. Je te sens / sais sourde et dans ta bulle. Si je prends le clavier, c'est encore moins pour te donner des leçons. Les assis devants se doivent d'être humbles. Je fais partie de cette France dite silencieuse et d'en bas, qui mène un quotiden, qui croit en certaines choses, qui ne croit pas en d'autres. Je ne suis pas spécialement de ceux qui s'activent, je dois te le confier. Je ne vais pas à des meetings ou à des réunions. Je ne colle pas d'affiches. Je ne participe pas aux débats citoyens et autres. Je n'ai pas d'autre carte que celles de la médiathèque de ma ville et du supermarché du coin. Le pire ? C'est probablement le fait que je n'en ai pas envie. Plus envie.
Je ne me retrouve pas dans tout ce que tu me donnes à voir depuis quelques semaines. Tu me mets un, puis deux, puis trois "acteurs principaux" dans les pattes. Tes acteurs à toi. Mais on dirait des créatures façonnées par un vaisseau ivre. Ca n'a ni queue ni tête, tout cela. Sans doute que toi même tu le sais parfaitement bien. Mais alors, pourquoi gaspiller toutes ces énergies ? Pourqoi mépriser à ce point les mots et les idées ? On ne sent aucune moralité, dans tout cela. Aucune humanité. Ca fait combat de coqs. Basse cour. Tiercé, parfois. Citoyen, c'est du niveau d'un PMU ? Voter, c'est composter un ticket ? Non, décidément, je ne partage pas tes valeurs.
En prenant le clavier, je souhaite partager avce toi quelques avis. Je te demande de prendre le temps de les écouter, de les lire, de t'en imprégner. Après, tu en feras ce que tu voudras. Ou plutôt, ce que tu pourras, puisque cela semble être la seule chose dont tu sois capable. Je veux dire, on le sent bien : tu n'es que dans la réaction, à nous parler d'action, nous dire ce qu'il faut. Tu n'es que dans la recherche d'un discours qui grosso modo se résume par ceci : comment je vais leur parler pour qu'ils votent pour untel ou untel. Comment je vais exploiter pour moi ce qu'ils sont et ce qu'ils me disent ?
Je suis effaré par la manière dont les choses s'articulent. Tu me fais penser à ceux qui mettent d'abord un pied dans la porte pour en bloquer la fermeture. Puis qui entrent. Et qui ensuite font leur loi. Grand sourire. Je n'ai pas besoin de toi. C'est toi qui a besoin de moi.
Sais-tu chère campagne électorale que le malentendu est profond : pendant que toi, tu cavales derrière, nous t'aurions espérée devant. Je ne comprends pas, pour tout te dire, comment après 2002, 2004, 2005 puis 2006, tu puisse (encore) te comporter comme tu le fais.
Tu sais comme moi, on va arrêter de se la jouer si tu le veux bien, que nous avons hérité d'une situation catastrophique. Société morbide, mortiphère, en panne sèche. En 1973, plus de pétrole, la France avait des idées. 2007 : la France n'a plus d'idées. Ou plutôt si. Elle en a. Mais c'est pas toi qui les portes. Au contraire, tu les casses, les fuis, les trucide. Tu es un enfant gâté qui casse le jouet.
Ces 20 - 30 dernières années, soyons clair, n'ont été que reculades, politiques de l'autruche, vie au-dessus de nos moyens, absence de volonté, dépenses, efforts demandés aux uns, imposés aux autres. Ta France s'est embourgeoisée. Ta France n'est pas la mienne.
J'aimerais que tu vois un peu plus les choses en face. C'est un conseil que je te donne. Sinon, le 22 avril, puis en mai, puis en juin, tu vas faire la tronche.
J'aimerais que tu admettes que la France n'est pas une île. Que tu reconnaisses que les politiques n'ont qu'un pouvoir minime et que seule la régulation de certaines choses est en leur pouvoir. J'aimerais que tu observes cmme les gens souffrent et ne se parlent plus. J'aimerais que tu arrêtes de te faire croire que nous ne sommes pas un pays dépressif.
Ma chère campagne, je crois que si tu continues comme ça, tu vas sacrément être surprise le 22 avril prochain. Et il ne suffira pas de dire que les sondages se sont trompés. Il ne suffira pas, non plus, de dire que ceux-ci ou ceux-là n'ont pas voté utile. On a donné dans le genre. On a vu.
Chère campagne, la société est en danger. L'aveuglement, la surdité, la mauvaise foi conduisent à l'amnésie, tout du moins à l'anesthésie. Je crois que ton combat est pathétique. Tu n'as qu'une énergie à offrir, c'est celle du désespoir. Qu'un système à vendre : le tien. Je te comprends, quelque part. C'est tout ton univers. Mais tu te trompes sur un point : tu n'en es pas propriétaire. On t'a juste prêté les clés. On peut te les reprendre.
Si tu écoutais et regardais un peu, tu verrais que les gens veulent l'énergie de l'espoir et qu'ils sont des millions à bien vouloir encore espérer. C'est dommage que tu fasses semblant de ne pas comprendre cela. C'est dommage que tu aies basculé. Vraiment dommage.
Sur ce, je te bise. Et te dis à bientôt. Pour faire les comptes. Et je te rassure : quoi qu'il se passe, ce ne sera pas la fin du monde. Ni le début de la fin. Mais le début d'un sacré bordel. Et c'est la coloration de ce bordel qui est en suspend. Sera-ce un joyeux bordel ? Ou une société plantée de chez planté ? A vous de choisir :-)
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