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Ciel, ma secrétaire n'est pas là

Phrase (véridique) entendue sur mon lieu de travail. Ca se passe dans un service. La secrétaire est en congés. Cette semaine-là, sa remplaçante tombe malade. Ca bidouille, du coup, qui pour assurer la permanence téléphonique, qui pour mener à bien quelques tâches. Le directeur du service, sans doute dans un grand moment de solitude, lâche un soir à l'adresse d'un des membres de son équipe : " Tout de même, une secrétaire, quand ce n'est pas là, on se rend compte comme c'est utile. Là, je vais être obligé de me coltiner près de 120 mails en attente " . Moi je dis chapeau bas. Grandeur d'âme. Pertinence du propos. Grande expérience de la vie. Respect des bipèdes. Comme dit l'autre, un seul vous manque... Et parallèlement, applaudissement de ma part à l'adresse des secrétaires. Piliers indispensables des entreprises, services et autres bureaux.

Version imprimable | Zarchives (côté jardin) | Le Lundi 15/05/2006 | 5 commentaires | Lu 391 fois


Commentaires

On en revient à ce que je disais dans ton billet sur les 6 semaines qu'un cadre (sans secrétaire) passent à chercher ses dossiers chaque année.

L'autre jour, j'ai un pote, jeune chef d'entreprise, qui se plaint que la paperasse lui prenne trop de temps :

  • Prend une secrétaire
  • Ha ben, non, c'est trop cher
  • Comment, c'es trop cher?
  • Ben, même si je la paie le SMIC, c'est un coût, elle me rapporte rien.
  • Ah bon?
  • Ben oui, c'est évident...
  • Si on veut. Mais le travail de sécrétariat, qu'elle soit là ou pas, il faut bien le faire, non?
  • Oui, oui, bien sûr.
  • Et sans secrétaire, c'est toi qui te le coltine, n'est-ce pas?
  • Ha oui, quelle perte de temps!
  • Et pendant que tu fais un taff de secrétaire, tu ne fais pas ton taff, tu ne démarche pas les clients.
  • Non, c'est bien ce qui m'embête!
  • Et bien, cacule combien tu rapportes en moyenne de fric à ta boite quand tu passes une heure à te consacrer à ton vrai travail, démarchage ou service, et demande-toi s'il est bien raisonnable de continuer à te payer toi, comme secrétaire, à ce tarif! Tu verras que finalement, même si tu la paies 2 SMIC, dans la mesure où pendant ce temps tu peux gagner bien plus de pognon, c'est franchement pas cher payer...

 


Le Monolecte | Le Lundi 15/05/2006 à 08:39 | [^] | Répondre

Mal barré, non ?

M'inquiète un peu, ta connaissance, non ? S'il raisonne comme ça d'emblée, jeune chef d'entreprise ai-je lu dans ton commentaire, si ça lui paraît pas évident que des gens qui sont compétents sur un boulot apportent de la plu-value à sa boite ne serait-ce qu'en lui permettant lui de faire son boulot, c'est mal barré non ? Et puis vraiment, c'est insupportable ces modes de calculs uniquement fondés sur la thune, la rentabilité, le "remboursement" en quelque sorte. Brrr.

 


Didier | Le Lundi 15/05/2006 à 10:45 | [^] | Répondre

Conforme !

Je trouve mon pote parfaitement adapté à son temps. Son discours, je le retrouve partout, chez les patrons aguerris itou. Le salarié n'apporte plus son talent, son savoir-faire, ses bras, ses compétences, c'est juste "une charge".
Les gens sont tellement intoxiqués par le discours ambiant qu'ils rêvent de boites qui marchent toutes seules, sans personne dedans, où il n'y a plus qu'à se baisser pour ramasser la thune. Ils rêvent de tas de consommateurs friqués qui se battent pour avoir leur camelote, de la fin du salariat, de l'évaporation du chômage, de l'éradication de l'État, de l'atomisation des règles qui ne leur sont pas directement profitables, tout en renforçant celles qui les avantagent.

Personne ne ne sent plus concerné par la contradiction inhérente à ce type de raisonnement.

Mais il y a d'autres rêves qui prennent corps, comme les entreprises réinvesties en Argentine, où les travailleurs ont découvert qu'une entreprise pouvait parfaitement fonctionner démocratiquement, que les salaires n'avaient pas besoin d'être inégaux et que, et ça, c'est le pire, une boîte n'avait absolument pas besoin de personnel encadrant pour bien tourner (en moyenne ces boites coopératives tournent mieux qu'avant la prise en main des ouvriers), y compris et surtout d'un patron!

 


Le Monolecte | Le Lundi 15/05/2006 à 11:02 | [^] | Répondre

Si c'est pas énorme, j'aurais voulu savoir ce que pensait cette personne avant l'absence de sa secrètaire...Pourquoi faut il toujours un manque pour que les gens se rendent compte de l'imprtance de chacun.Peut être cela serait trop simple? Une fois de plus,la vérité est ailleurs...

 


seb | Le Mardi 16/05/2006 à 15:21 | [^] | Répondre

Du même auteur, toujours sans secrétaire, mais qui a trouvé une combine pour tenir quelques jours : faire venir une jeune stagiaire. La jeune fille, aujourd'hui, a un mail à taper depuis le bureau du gars. Imparable une fois qu'une petite erreur a été décelée : c'est la faute à la stagiaire ! Pas mieux !

 


Didier | Le Jeudi 18/05/2006 à 21:44 | [^] | Répondre

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