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Cigale & fourmi, mars 2006

Trouvé dans le Libération de ce mardi 21 mars la fable suivante, inspirée de la cigale et de la fourmi, version de nos jours. Excellent !

La fourmi travaille dur tout l'été dans la canicule : elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l'hiver. La cigale pense que la fourmi est stupide ; elle rit et joue tout l'été. L'hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie. La cigale grelotte et finit par convoquer une conférence de presse, où elle demande pourquoi la fourmi a le droit d'être au chaud et bien nourrie alors que les autres, moins chanceux, comme elle, ont froid et faim. La télévision organise des émissions en direct montrant la cigale grelottante et elle passe des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison avec une table bien garnie. Les Français sont frappés de ce que, dans un pays si riche, on laisse souffrir la cigale tandis que d'autres ont tout ce qu'il faut. Les associations manifestent devant la maison de la fourmi. Des multiplient les interviews demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale, et interpellent le gouvernement pour qu'il augmente les impôts de la fourmi afin qu'elle paye «sa juste part».

En réponse aux sondages, le gouvernement vote une loi sur l'égalité économique et une contre la discrimination. Les impôts de la fourmi sont augmentés, elle reçoit une forte amende pour n'avoir pas embauché la cigale comme aide. La maison de la fourmi est saisie par les autorités, elle n'a pas de quoi payer son amende et ses impôts. Elle quitte la France pour s'installer avec succès en Angleterre. La télé fait un reportage sur la cigale qui maintenant va mieux : elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin. L'ancienne maison de la fourmi, devenue logement pour la cigale, se détériore car cette dernière n'a rien fait pour l'entretenir. Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens. Une commission d'enquête est mise en place, cela coûtera 7 millions d'euros. En attendant, on dénonce l'échec du gouvernement à redresser le problème des inégalités. Heureusement, un Premier ministre hardi fit un plan, etc.

Version imprimable | Zarchives (côté cour) | Le Mardi 21/03/2006 | 11 commentaires | Lu 4619 fois


Commentaires

Je l'ai reçu par mail dimanche dernier ... j'ai beaucoup ri
et après j'ai réfléchi
j'ai trouvé ça moins drôle tout compte fait, peut être parce que je m'identifie à la fourmi   ;)

 


pkdille | Le Mardi 21/03/2006 à 13:48 | [^] | Répondre

Oui, sentiment partagé pour moi aussi ! Tout dépend du sens qu'on donne à la fourmi : est-ce un citoyen comme vous et moi ? Ou une représentation de l'état ? Disons que c'est une fable contemporaine mais qui va un peu trop dans les extrêmes... et qui est très caricaturale. Elle a au moins le mérite de faire réfléchir sur la part de responsabilité des uns et des autres...

Mais moi, elle ne me fait pas trop rire ! ;-)

 


Marie | Le Mardi 21/03/2006 à 14:18 | [^] | Répondre

La VO et ma réponse

J'ai aussi eu cette histoire en commentaire sur mon blog, en voici la version originale, avec les personnages des araignées qui laissent deviner d'où vient la petite fable pas net en question :

La Cigale et la Fourmi.

VERSION CLASSIQUE
La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule, elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver. La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l’été. Une fois l’hiver arrivé, la fourmi est au chaud et bien nourrie. La cigale grelottante de froid n’a ni nourriture ni abri, et meurt de froid.

VERSION FRANCAISE
La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule ; elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver. La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l’été. Une fois l’hiver arrivé, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d’être au chaud et bien nourrie, tandis que les autres, moins chanceux, comme elle, ont froid et faim.
La télévision organise des émissions en direct qui montrent la cigale grelottante de froid et qui passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.
Les français sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d’autres vivent dans l’abondance. Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi. Les journalistes organisent des interviews demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu’elle paie « sa juste part ». En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur l’égalité économique et une loi (rétroactive à l’été) d’anti-discrimination.
Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide. La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n’a pas assez d’argent pour payer son amende et ses impôts. La fourmi quitte la France pour s’installer avec succès en Suisse.
La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée. Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi, bien que le printemps soit encore loin.
L’ancienne maison de la fourmi, devenue logement social pour la cigale, se détériore car cette dernière n’a rien fait pour l’entretenir. Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens. Une commission d’enquête est mise en place, ce qui coûtera 10 millions d’euros.
La cigale meurt d’une overdose ; Libération et l’Humanité commentent sur l’échec du gouvernement à redresser sérieusement le problème des inégalités sociales.
La maison est squattée par un gang d’araignées immigrées, le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la France. Les araignées organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté.
Voici donc ma réponse, ma propre version de la fable :

 

Version réaliste :
La cigale et la fourmi bossaient sur la même chaîne de montage à l'usine. Le scorpion, leur patron, décida qu'il pouvait encore augmenter les marges bénéficiaires de l'entreprise à servir aux tiques, ses actionnaires. Il vida la cigale et augmenta d'autant la charge de travail de la fourmi, tout en lui diminuant son salaire sous prétexte que c'était ça ou la délocalisation vers des termites asiatiques que l'on dit TRÈS bon marché.
La cigale chanta tout l'été son CV sur la place du marché, avec toutes ses trop nombreuses copines lourdées. Seulement, les scorpions n'embauchent pas, ils vident toujours plus de cigales, les tiques deviennent énormes et on explique aux fourmies rescapées que c'est sur leur salaire qu'on va prélever juste de quoi éviter que ces putains de cigales ne se révoltent. Evidemment, la fourmi, abrutie de travail et qui carbure aux hypnotiques pour tenir le choc, elle a méchamment les boules, elle se dit que les foutues cigales, même si elles n'ont pas grand chose à bouffer et qu'elles se gèlent le cul tout l'hiver, finalement, elles ne sont pas si mal loties que cela, comparé à sa souffrance devenue permanente au travail.
Pendant ce temps, on met en service des armées de morbaks, dont la plupart sont des cigales en CDD, pour fliquer les cigales et leur faire comprendre qu'il va falloir que quelques unes d'entres elles (les plus moins pires, les plus souples de l'échine) reprennent du service dans leur job très dégradé, pour la moitié du salaire d'avant, parce qu'on a beau faire, les fourmis sont en train de crever d'épuisement.
De leur côté, les tiques sont devenues tellement énormes et gonflées de sang, qu'elles ne peuvent même plus se bouger ou se gratter leurs couilles de tiques, et que du coup, elles sont bien emmerdées. Heureusement, le morbak en chef a une idée de génie : on va forcer quelques cigales soigneusement triées sur le volet à venir s'occuper de torcher le cul des tiques! Mais pas trop tout le même. Il ne faudrait pas que les cigales en rade deviennent suffisamment peu nombreuses pour qu'elles et les fourmis se rendent compte qu'elles se sont faites baisées dans les grandes largeurs et que plutôt que de lutter les unes contre les autres, elles auraient plutôt intérêt à aller claquer la gueule des morbaks et des scorpions et purger le bide des tiques!


 


Le Monolecte | Le Mardi 21/03/2006 à 14:48 | [^] | Répondre

Re: La VO et ma réponse

Oh la la ! La version que tu donnes fait froid dans le dos !!! Avec la version donnée par Didier, j'étais un peu mal à l'aise. Avec les araignées en plus, ça me donne envie de vomir...

 


Marie | Le Mardi 21/03/2006 à 17:48 | [^] | Répondre

Re: Re: La VO et ma réponse

et encore, tu n'as pas lu la version où en plus y'a des serpents !

(nan, nan, je blague)

Moi aussi, les arraignés, ça m'a secoué la toile.

 


Didier | Le Mardi 21/03/2006 à 17:59 | [^] | Répondre

Re: La VO et ma réponse

J'ai reçu la version avec les araignées deux fois sur ma messagerie au boulot. Achaque fois  ce sont des messages qui ont été transférés et retransférés, on ne sait même plus d'où ça vient...même si on se doute.

 


nikkos | Le Mardi 21/03/2006 à 23:29 | [^] | Répondre

Re: Re: La VO et ma réponse

Vous avez de drôles d'amis, les gars... moi, je n'ai rien reçu de tout ça ! Bon, peut-être que les messages mettent plus de temps à arriver en campagne ! :-)

 


Marie | Le Mercredi 22/03/2006 à 11:14 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: La VO et ma réponse

Tout pareil pour moi, pas reçu le mail, y'a fallu que Libé en parle. C'est finalement utile quand même, les médias !!!

 


Didier | Le Mercredi 22/03/2006 à 12:17 | [^] | Répondre

Trackback

Purée, ton texte m'a forcée à écrire le mien... (merci pour l'info!)
Je me trackback donc à la main!

 


Le Monolecte | Le Mardi 21/03/2006 à 15:48 | [^] | Répondre

le cigale et la fourmie

Ce texte(celui avec les araignés) viendrait d'un certain DIATALA qui a des idées sur tout et rien et dont le blog est sacrément confus! Texte récupéré par les jeunes UMP, qui semblent le trouver drôle et poétique! Tous ces gens feraient mieux de relire leurs classique afin de se rappeler que La Fontaine ne parlait pas de ça!!, j'ai une version que je trouve plus pertinente:

« La renommée se fait surtout avec des légendes ; le conte a le pas sur l'histoire dans le domaine de l'animal comme dans le domaine de l'homme. L'insecte, en particulier, s'il attire notre attention d'une manière ou de l'autre, a son lot de récits populaires dont le moindre souci est celui de la vérité. Et, par exemple, qui ne connaît, au moins de nom, la Cigale ? Où trouver, dans le monde entomologique, une renommée pareille à la sienne ? Sa réputation de chanteuse passionnée, imprévoyante de l'avenir, a servi de thème à nos premiers exercices de mémoire. En de petits vers, aisément appris, on nous la montre fort dépourvue quand la bise est venue et courant crier famine chez la Fourmi, sa voisine. Mal accueillie, l'emprunteuse reçoit une réponse topique, cause principale du renom de la bête. Avec leur triviale malice, les deux courtes lignes :

Vous chantiez ! j'en suis fort aise. Eh bien, dansez maintenant.

ont plus fait pour la célébrité de l'insecte que ses exploits de virtuosité. Cela pénètre comme un coin dans l'esprit infantile et n'en sort jamais plus…

A qui revient la responsabilité de ces étranges erreurs ? La Fontaine, qui nous charme dans la plupart de ses fables par une exquise finesse d'observation, est ici bien mal inspiré. Il connaît à fond ses premiers sujets, le Renard, le Loup, le Chat, le Bouc, le Corbeau, le Rat, la Belette et tant d'autres, dont il nous raconte les faits et gestes avec une délicieuse précision de détails. Ce sont des personnages du pays, des voisins, des commensaux. Leur vie publique et privée se passe sous ses yeux ; mais la Cigale est une étrangère là où gambade Jeannot Lapin ; La Fontaine ne l'a jamais entendue, ne l'a jamais vue. Pour lui, la célèbre chanteuse est certainement une sauterelle…

Essayons de réhabiliter la chanteuse calomniée par la fable. C'est une importune voisine, je me hâte de le reconnaître. Tous les étés, elle vient s'établir par centaines devant ma porte, attirée qu'elle est par la verdure de deux grands platanes ; et là, du lever au coucher du soleil, elle me martèle de sa rauque symphonie. Avec cet étourdissant concert, la pensée est impossible ; l'idée tournoie, prise de vertige, incapable de se fixer. Si je n'ai pas profité des heures matinales, la journée est perdue…

La vérité rejette comme invention insensée ce que nous dit la fabuliste. Qu'il y ait parfois des relations entre la Cigale et la Fourmi, rien de plus certain ; seulement ces relations sont l'inverse de ce qu'on nous raconte. Elles ne viennent pas de l'initiative de la première, qui n'a jamais besoin du secours d'autrui pour vivre ; elles viennent de la seconde, rapace exploiteuse, accaparant dans ses greniers toute chose comestible. En aucun temps, la Cigale ne va crier famine aux portés des fourmilières, promettant loyalement de rendre intérêt et principal ; tout au contraire, c'est la Fourmi qui, pressée par la disette, implore la chanteuse. Que dis-je, implore ! Emprunter et rendre n'entrent pas dans les moeurs de la pillarde. Elle exploite la Cigale, effrontément la dévalise. Expliquons ce rapt, curieux point d'histoire non encore connu.

En juillet, aux heures étouffantes de l'après-midi, lorsque la plèbe insecte, exténuée de soif, erre cherchant en vain à se désaltérer sur les fleurs fanées, taries, la Cigale se rit de la disette générale. Avec son rostre, fine vrille, elle met en perce une pièce de sa cave inépuisable. Etablie, toujours chantant, sur un rameau d'arbuste, elle fore l'écorce ferme et lisse que gonfle une sève mûrie par le soleil. Le suçoir avant plongé par le trou de bonde, délicieusement elle s'abreuve, immobile, recueillie, tout entière aux charmes du sirop et de la chanson.

Surveillons-la quelque temps. Nous assisterons peut-être à des misères inattendues. De nombreux assoiffés rôdent, en effet ; ils découvrent le puits que trahit un suintement sur la margelle. Ils accourent, d'abord avec quelque réserve, se bornant à lécher la liqueur extravasée. Je vois s'empresser autour de la piqûre melliflue des Guêpes, des Mouches, des Forficules, des Sphex, des Pompiles, des Cétoines, des Fourmis surtout.

Les plus petits, pour se rapprocher de la source, se glissent sous le ventre de la Cigale, qui, débonnaire, se hausse sur les pattes et laisse passage libre aux importuns ; les plus grands, trépignant d'impatience, cueillent vite une lippée, se retirent, vont faire un tour sur les rameaux voisins, puis reviennent, plus entreprenants. Les convoitises s'exacerbent ; les réservés de tantôt deviennent turbulents agresseurs, disposés à chasser de la source le puisatier qui l'a fait jaillir.

En ce coup de bandits, les plus opiniâtres sont les Fourmis. J'en ai vu mordiller la Cigale au bout des pattes ; j'en ai surpris lui tirant le bout de l'aile, lui grimpant sur le dos, lui chatouillant l'antenne. Une audacieuse s'est permis, sous mes yeux, de lui saisit le suçoir, s'efforçant de l'extraire.

Ainsi tracassé par ces nains et à bout de patience, le géant finit par abandonner le puits. Il fuit en lançant aux détrousseurs un jet de son urine. Qu'importe à la Fourmi cette expression de souverain mépris ! Son but est atteint. La voilà maîtresse de la source, trop tôt tarie quand ne fonctionne plus la pompe qui la faisait sourdre. C'est peu, mais c'est exquis. Autant de gagné pour attendre nouvelle lampée, acquise de la même manière dès que l'occasion s'en présentera.

On le voit : la réalité intervertit à fond les rôles imaginés par la fable. Le quémandeur sans délicatesse, ne reculant pas devant le rapt, c'est la Fourmi ; l'artisan industrieux, partageant volontiers avec qui souffre, c'est la Cigale. Encore un détail, et l'inversion des rôles s'accusera davantage. Après cinq à six semaines de liesse, long espace de temps, la chanteuse tombe du haut de l'arbre, épuisé par la vie. Le soleil dessèche, les pieds des passants écrasent le cadavre. Forban toujours en quête de butin, la Fourmi le rencontre. Elle dépèce la riche pièce, la dissèque, la cisaille, la réduit en miettes, qui vont grossir son amas de provisions. Il n'est pas rare de voir la Cigale agonisante, dont l'aile frémit encore dans la poussière, tiraillée, écartelée par une escouade d'équarrisseurs. Elle en est toute noire. Après ce trait de cannibalisme, la preuve est faite des vraies relations entre les deux insectes. »

(d'après Souvenirs entomologiques, de Jean-Henri Fabre, 5ème série, chapitre 5)

 


g | Le Vendredi 21/04/2006 à 09:23 | [^] | Répondre

Lien croisé

catwoomen : La cigale et la fourmi : " Ecrit par : josé | 17.05.2006 Trop réaliste lol Ecrit par : Shuna | 17.05.2006 Dider d'Utopie(s) en avait déjà parlé. C'est là : http://utopie.viabloga.com/news/426.shtml Ecrit par : Marie | 22.05.2006 Ecrire un commentaire " rel="nofollow"

 


| Le Lundi 22/05/2006 à 20:25 | [^] | Répondre

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