Assisté l'autre jour au boulot à une cérémonie. Départ à la retraite d'un cadre "historique" de la maison. 20 années de service. Les quelques fois où j'ai été amené à bosser avec lui, et bien qu'il fasse partie des ceusses qui ne sont pas trop portés sur la communication institutionnelle, j'ai toujours apprécié cet homme, sa classe naturelle, son éthique. Assurément de ces gens qui incarnent plutôt bien ce que peut être la fonction publique. Ses adieux ont été à la hauteur. Dans une allocution bien sentie, pour ne pas dire ciselée tellement de manière élégante elle a sû dire des choses certaines arrachant ici des sourires, là des grimaces, il n'a pas hésité à remettre au goût du jour, en s'excusant presque; non des valeurs belles à écrire dans les livres de management ou des voeux pieux mais des fondements d'une action qui, lorsqu'elle est menée au quotidien, prend du sens. Quatre mots, selon lui, résument tout : Respect, Ecoute, Reconnaissance, Confiance. Un joli programme, ma foi, qu'il a bouclé en ajoutant un cinquième mot tout aussi important : Merci.
Dans la même allocution, j'ai également beaucoup aimé ceci alors que notre beau pays se lance dans l'immigration choisie : je voudrais rendre hommage à ma mère, a dit le futur retraité. Né en 1908 en Russie, elle a été victime de la folie des hommes. Elle a dû changer trois fois de pays, de vie, de nom, bref, à chaque fois, tout recommencer. Je lui dois de m'avoir appris ce qu'est la tolérance et je l'en remercie. Dixit un homme lui-même né en Pologne et qui a oeuvré toute sa vie pour le service public...Qui parcourt le monde à pied et sac au dos sur ces temps de vacances...
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