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Créatifs culturels, l'autre militance

Dans la série trouvée sur le net, une lecture qui mérite le détour et le débat.

Des chercheurs dirigés par le sociologue Paul H. Ray et la psychologue Sherry Ruth Anderson ont identifié un courant culturel : les “Créatifs culturels” . Ils créent au jour le jour, par leur manière de , de penser, d’agir, une nouvelle culture, qui concilie le souci de l’écologie, le développement personnel et spirituel, le recours à une alimentation et une médecine saine, et des de tolérance et de respect. Les Créatifs culturels sont, d’après les chercheurs, «la manifestation d’une lente convergence de mouvements et de courants jusqu’alors distincts vers une profonde modification de notre société»(...) Le point de vue de Ray et d’Anderson est celui de chercheurs en sciences humaines: «Il n’est pas surprenant que la plupart des politiciens, historiens et commentateurs, notamment des , ne comprennent pas vraiment ce qui se passe.»

Les Créatifs culturels décrits par Ray et Anderson portent la même attention au monde qu’à eux-mêmes. Ils n’ont pas l’impression de perdre leur lorsqu’ils cherchent à améliorer leur manière de , à parfaire leur équilibre intérieur. L’équilibre global est le reflet de l’équilibre personnel»; à l’inverse, quand la va mal, l’homme souffre.

« Les bases de l’identité collective se sont déplacées, écrivent Ray et Anderson, glissant de la “contestation” vers une vision plus positive et volontariste des choses, de l’activisme et de l’avenir. Il a fallu presque deux décennies pour que les mouvements “contre la guerre” deviennent des mouvements “pour la paix”, ou pour que les mouvements féministes finissent par se détacher des accusations et de la haine systématiques envers les hommes pour mieux se (re)définir de façon affirmative, en fonction de ce pour quoi elles étaient.» Il s’agit d’inventer une nouvelle manière de . Le terme, archi-usé, d’alternative reprend ici tout son sens. L’ devient enfin concrète…

  • On peut lire tout l'article Les militants nouveaux sont arrivés ici, sur le site On nous cache tout.

Version imprimable | Lecture(s) diverses | Le Dimanche 26/11/2006 | 10 commentaires | Lu 668 fois


Commentaires

Passionnant ! il n'y a pas d'autre mot pour décrire ce que tu nous as fait découvrir. Les aspects de ces créatifs culturels sont multiples. Personnellement, j'ai retenu ceci, sûrement car c'est important pour moi
A l’image de Ben Brick, les Créatifs culturels refusent de sacrifier la complexité de la vie au nom d’un idéal politique pur et peut-être inaccessible. Ils n’attendent pas la révolution demain, ils la font aujourd’hui. A la différence de ces anars qui annônent les œuvres complètes de Bakounine en attendant l’Insurrection qui a encore raté le train, les Créatifs culturels mènent une insurrection personnelle jour après jour. Leur combat, c’est des petits riens, mais ces petits riens changent leur vie, la vie de leurs proches, et par extension la vie du monde entier»; moins spectaculaires que les révolutionnaires professionnels, ces nouveaux militants ont remplacé la rhétorique par l’action.

 


La grande Loulou | Le Dimanche 26/11/2006 à 23:57 | [^] | Répondre

Ouf ! Une société de progrès, que l'on veut bien enfin admettre qu'elle n'est pas passive, voilà bien une réévolution en marche ! 

 


Eden | Le Lundi 27/11/2006 à 20:29 | [^] | Répondre

Re: les créatifs culturels en France

Une enquête sociologique sur les créatifs culturels en France devrait bientôt paraître, probablement en janvier 2007. Par ailleurs il existe un site collaboratif (digg-like) pour les créatifs culturels : http://www.creatifsculturels.fr/

 


Zapatek | Le Mercredi 29/11/2006 à 22:28 | [^] | Répondre

Re: Re: les créatifs culturels en France

Cool, ça. Je vais aller mater ça ! Merci pour le lien.

 


Didier | Le Jeudi 30/11/2006 à 08:21 | [^] | Répondre

Ce changement dans la description de la société apporte un bol d'air... mais nous restons dans un descriptif par catégorisation.
Si je me reconnaît dans certains des traits des créatifs culturel, je n'en suis pas pour autant. Je pense comme les auteurs de cette étude que les gens commencent à se trouver leurs propres valeurs pour vivre leur propre vie,  et que ces valeurs, moins individualistes, peuvent mener vers le progrès. Mais, à leur différence, eux qui mettent en garde contre la non-matérialisation de ce mouvement, je pense qui si cette révolution peut-être retardée, elle n'en demeure pas moins inéluctable. Suis-je utopiste ? Moins que ces milliards qui croient en un hypothétique paradis.

 

 


Jimmy | Le Jeudi 30/11/2006 à 22:45 | [^] | Répondre

Le parfum de l'ère

En fait, je crois, tout dépend de la manière dont on perçoit le parfum qui flotte dans l'ère.
IL me semble qu'il y a, pour faire court et un brin caricatural, les qui espèrent et les qui désespèrent. Les qui regardent devant. ET les qui regardent derrière. Ségo - Sarko, quelque par, c'est un peu cela. Mais je dis Sarko en pensant Jean-Marie. Bonnet blanc et blanc bonnet...

Personnellement, je serais assez de nature à être du côté des inquiets, voire des peureux. Le monde m'effraie souvent.
Mais en même temps, mes battements de coeur, mes regards, mes écoutes, les gens que je voie autour de moi, mes enfants, tout cela m'aide à être du côté des qui y croient.
C'est une sensation que je ne cherche ni à qualifier, ni à catégoriser.

Le règne de l'individu absolu ne me semble avoir aucun sens, tout simplement. Le bonheur individuel me paraît relever du grand n'importe quoi. C'est une chimère, qui mène pourtant les gens par le bout du nez.

L'autre jour, nous parlions lors d'un repas de famille. Nous évoquions l'idée que de nos jours, il ne restait rien de ce qui avait fondé la société des hommes au cours des siècles. Je parlais avec des sexagénaires, enclins à penser qu'il fallait revenir à des bases, retrouver des choses, etc. Je m'étais élevé contre cette manière de penser, partageant le constat, mais pas la solution. Tous ces "re" ne sont que des retours en arrière. Le vrai poblème, me semble-t-il, n'est pas dans ce qui n'est plus. IL est dans le fait que ce "rien" empêche qu'il y ait des choses nouvelles.
Exemple : le problème de l'occident n'est pas qu'il n'y ait plus ou plus beaucoup la religion pour socler des destins (c'est comme cela que ça fonctionnait, non ?). Il est que rien ou pas grand chose n'a occupé l'espace laissé vacant. Ce sont ces vides que nous nous coltinons aujourd'hui. Ce sont ces vertiges. Je ne suis pas sur l'idée d'un déclin, pour autant.
Ces vides sont ceux laissés par l'avant, ces générations qui se sont efforcées de bonne foi et c'est légitime, d'effacer ce qui n'allait pas, de supprimer ce qui déconnait, en particulier la guerre (et je parle toujours de l'occident, hein. De la France...).  Mais à force de supprimer, de vider, on créé... du vide.
A nous de remplir. Et de partir non de zéro, y'a quelques millions d'années qui sont là pour en attester, mais agir à partir de maintenant, autant par politesse pour la mémoire que pour les générations futures.
C'est l'homme qui est en jeu. Avec lui, la terre. Pas rien :-)

Les créatifs culturels, et peu importe leur nom au fond, sont quelque part de ceux qui essaient de mettre en mot(s) non ces espaces vides mais la manière de les combler. Sur le fond, c'est déjà pas mal !

 


Didier | Le Vendredi 01/12/2006 à 09:20 | [^] | Répondre

Re: Le parfum de l'ère

Ce que je trouve intéressant dans cette notion de "créatifs culturels", c'est qu'elle décrit des personnes qui changent eux-mêmes leur propres comportements, et dans des domaines aussi divers que l'environnement et la "psycho-spiritualité". Ils ont déjà adopté des valeurs, des manières de vivre qui sont en dehors des valeurs dominantes. C'est tout l'inverse d'une attente d'un paradis ou d'une révolution quelconque. Il me semble que c'est une bonne façon de voir les choses : ne pas attendre ou espérer que le monde change mais être convaincu au contraire que se changer soi-même c'est déjà un peu changer le monde.

 


Zapatek | Le Mardi 05/12/2006 à 17:16 | [^] | Répondre

Re: Re: Le parfum de l'ère

Cela fait longtemps qu'il y a des gens pour désirer se changer eux-mêmes. L'introspection objective n'est ni l'invention ni l'apanage des adeptes NewAge.
La simple différence entre hier et aujourd'hui, l'accès à la connaissance possible pour beaucoup plus de monde, est le principal moteur de cet allant. Ceux conscients de leur désordres ou de leur impact sur leur environnement, bref conscients de ce qui n'est pas raisonnable chez eux, ne peuvent que s'inscrire dans cette démarche de remise en cause, puis de changement. C'est de fait inscrit dans la nature de l'homme que de tendre vers le mieux. Seuls les individus qui n'ont pas accès à cette connaissance de soi et de ce qu'il y a autour, ou nantis d'une tare, se soustraient à cette évolution.
Parmis ceux qui se lancent dans cette démarche, échoue qui n'en a pas la capacité ou une motivation suffisante. Pour le reste, les résultats sont variés mais peuvent avoir des traits communs.

 

 


Jimmy | Le Mercredi 06/12/2006 à 21:35 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Le parfum de l'ère

Il ne faut pas confondre les créatifs culturels, courant socio-culturel identifié par des études sociologiques, et tout ce qui est New-Age... De plus ce qui caractérise les créatifs culturels est leur intérêt à la fois pour la spiritualité et l'action "sociale".

Sinon le livre Les créatifs culturels en France vient de paraître aux éditions Yves Michel, plus d'informations ici : www.creatifsculturels.fr

 


Zapatek | Le Lundi 15/01/2007 à 19:57 | [^] | Répondre

coup d'oeil

Dans un autre genre, il y a ça, aussi (cliquer là).

 


Didier | Le Vendredi 01/12/2006 à 09:41 | [^] | Répondre

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