La douleur nous donne une extraordinaire intimité avec nous-même; elle nous fait toucher la racine même de notre vie qui semble vouloir nous être arrachée. La douleur, en nous repliant sur nous-même, nous apprend aussi notre impossibilité de nous suffire ; elle fait que notre solitude devient un appel vers des solitudes qu'on pressent semblables à la nôtre.
Le repli sur soi oblige la conscience, brusquement séparée de ses liens habituels, où ne restent que des souvenirs, à chercher en elle-même la cause de sa détresse aussi bien que le moyen de sa consolation. Le monde extérieur semble indifférent, sinon hostile, de sorte que nous nous réfugions dans nos propres pensées et nos propres sentiments.
C'est ainsi que se développe le sens de notre désir profond qui nous donne le goût de la communication et son corollaire qui est la peur de celle-ci : tous ces hommes qui portent, comme moi, leurs peines secrètes et leur espoir souvent muet, comment vont-ils recevoir ma communication, comment leur montrer ma pauvreté, comment partager nos richesses; comment vont-ils utiliser la liberté qu'ils ont de m'écouter, de me compléter, de me déformer ou même de ne point m'entendre; allons-nous nous meurtrir et nous blesser davantage? Nous parlerons-nous vraiment ou garderonsnous précieusement caché le secret de notre être qu'il nous est si difficile de livrer ?
Source : Encyclopédie de l'Agora.
Le repli sur soi oblige la conscience, brusquement séparée de ses liens habituels, où ne restent que des souvenirs, à chercher en elle-même la cause de sa détresse aussi bien que le moyen de sa consolation. Le monde extérieur semble indifférent, sinon hostile, de sorte que nous nous réfugions dans nos propres pensées et nos propres sentiments.
C'est ainsi que se développe le sens de notre désir profond qui nous donne le goût de la communication et son corollaire qui est la peur de celle-ci : tous ces hommes qui portent, comme moi, leurs peines secrètes et leur espoir souvent muet, comment vont-ils recevoir ma communication, comment leur montrer ma pauvreté, comment partager nos richesses; comment vont-ils utiliser la liberté qu'ils ont de m'écouter, de me compléter, de me déformer ou même de ne point m'entendre; allons-nous nous meurtrir et nous blesser davantage? Nous parlerons-nous vraiment ou garderonsnous précieusement caché le secret de notre être qu'il nous est si difficile de livrer ?
Source : Encyclopédie de l'Agora.
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