Me voilà donc dans le grand atelier du concessionnaire en question. Plein de types en blouse blanche s'agitent. Le sol est d'une propreté épatante en ces lieux. Ca grouille d'ombres blanches qui se penchent qui sur un capot, qui sous la carlingue. Ca fait du monde, je me dis. Sans savoir alors que c'est grâce à moi, tout cela. Pas un garage, je me fais la remarque. Un hosto à bagnoles, ce truc.-----
Un des types arrive vers moi quelques minutes plus tard. Je lui explique vite fait. Il va chercher un ordinateur et branche un truc sur la voiture, se connecte, pianote deux ou trois coups, et bingo, trouve la panne. Il me dit rapidos c'est quoi. Faut changer, il ajoute. Il pianotte à nouveau. Ca commande directement la pièce, il me dit. Ca m'étonne juste : il a pas mis les mains dans la carlingue. Bon.
Là-dessus, je me retrouve près d'un guichet. Un autre gars me fait confirmer tout ça, puis me dit qu'il faut que je prenne rendez-vous. Pour la réparation. On coche une case sur son agenda. La séance est prévue dans deux jours. Le temps que la pièce arrive. Et je m'en retourne chez moi.
Sauf que, sauf que, entre temps le témoin signalant la panne disparaît. Je prends le temps de vérifier. Pas de doute, il a disparu. Le doute m'habite. Je vais derechef voir mon garagiste de village, un qui a le bleu de travail et les mains pleines de cambouis, qui se penche sur les moteurs et adore l'odeur de l'essence. Il regarde la voiture. Confirme qu'il n'y a rien. Nous sortons de l'hiver. C'est juste du sel qui s'est mis sur un tuyau, il me dit. C'est classique. Ca doit être ça que l'ordinateur a détecté. Le prochain coup, vient me voir directement ! Précision : on garagiste ne peut être ici taxé de quoi que ce soit, il est lui même concessionnaire de la marque de voiture, donc collègue des ceusses de ma cité que je m'en suis allé voir dans l'urgence.
Nourri de ces informations, j'appelle donc la succursale en question pour dire que ce n'est pas la peine de réparer, que j'annule mon rendez-vous puisqu'il n'y a pas de panne. Ca serait ballot, quand même. S'en suit un grand moment de solitude ! Au téléphone, le type en effet ne se dégonfle pas. Il me dit : mais monsieur, ce n'est pas possible. Vous avez commandé la pièce, elle est là à votre nom, elle ne peut aller sur aucune autre voiture que la vôtre. Faudrait donc venir, en gros. Puisque c'est commandé.
Le client que je suis esssaie d'expliquer que si pas panne, crétinus voiture réparer, pendant que le garagiste commercial devenu m'entretient sur le fait que si tout le monde fait comme moi, vont pas s'en sortir eux. Comme je n'ai pas envie de claquer 300 € juste pour faire plaisir à mon concessionnaire, nous en restons là. Pour le dire tout net, j'en reviens pas de ces méthodes à la con. Client = vache à lait. Que même qu'il y a plus de lait on te pompe quand même. C'est l'ordinateur qui l'a dit, msieur, c'est pas moi... Où l'on en revient à ces clics tous bêtes qui déclenchent des montagnes. L'homme s'efface, le logiciel triomphe. Nous vivons une époque formidable.
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