A y est, je crois que j'ai trouvé ! Depuis quelques années, ça fait partie d'une demes anomalies du quotidien : je ne fais partie d'aucune association, d'aucun collectif, d'aucune autre militance. C'est pas logique, ça. J'ai la fibre, en effet. De l'expérience, même. Le genre qui pourrait être utile. Sauf que... dans ce que je vois autour de moi, je ne m'y retrouve pas. Disons plutôt que rien ne me plaît vraiment. J'ai pas envie.
Et pis l'autre jour, papotions avec madame. Parlions des associations. Du sentiment qu'on en connaissait quelques unes qui ne tournaient pas trop rond, à commencer par celle dont elle est l'une des salariés. Et nous disons grosso modo : le problème des associations, enfin de certaines, c'est qu'il n'y a plus de vie associative. On ajoute ceci : quasiment partout où il y a des salariés, ça a tué le bénévole. Il s'est laissé tuer. C'est comme dans les collectivités locales ; quelque part, les élus seraient des bénévoles et il y aurait des techniciens pour mettre en musique les caps fixés par les politiques.
Et pis, le monde est devenu plus invivable. Tout s'est complexifié. Règne des administrateurs et des procédures, dictature des bilans et des dossiers, normes de sécurités là, principes de précaution ici. Les bureaux et conseils d'administrations d'administration devraient fixer des caps politiques aux équipes qui mènent les actions, élaborer des projets, mener des actions. Mais ils gèrent. Parfois même, les actions financées deviennent des projets...-----
Soit les bénévoles sont bouffés par les techniciens. Soit les bénévoles se comportent comme des techniciens. Ca gère à donf. Résultat, les associations, comme les collectivités locales, et peut-être bien comme les entreprises, sont des lieux où le vide démocratique s'est installé. Ca me fait penser à ces managers qui disent : quand vous avez un problème, je veux que vous me proposiez une solution.
Autrement dit, et pardonnez moi si ce n'est pas bien clair tout ça, j'ai ce sentiment et j'en reviens à mon affaire de vie associative : tous ces lieux de débats, d'échanges, de partages d'avis et d'idées sont devenus au fil des ans des chambres d'enregistrement où l'on ne se permet quasiment plus de poser les problèmes tellement on s'escrime à trouver les solutions. Encore moins des lieux où l'on brasse des idées car souvent elles tournent court. Et pis... on cherche tellement le compromis, de nos jours. Le consensus. On court tellement après le temps, aussi.
C'est au final imparable : si le fond, c'est bon, le fond est laissé au fond, tout au fond, bien profond,. Voilà un maillon fort qui n'a plus la forme.
Comme en politique, finalement, c'est de l'intérieur que le fruit s'est laissé bouffer par le vers. Certains parlent d'instrumentalisation pour qualifier la chose. L'argent et surtout l'idée qu'on sent fait a plombé le débat. La recherche d'argent a niqué les idées, chacun étant convaincu que c'est le nerf de la guerre. A ce petit jeu, la guerre des nerfs a usé les boyaux. Toute ressemblance avec un système.... ne serait surtout pas une coïncidence.
Revenons donc à la source, dans ce cas. La loi 1901. Non pour inventer l'eau chaude ou lui claquer sous le rable un air de modernité, mais pour la revisiter et remettre au jour les valeurs (toutes simples) fondatrices. Une manière de dire que quand on ne sait plus où l'on va, on peut essayer de savoir d'où l'on vient. C'est quand même pas con, cette idée que des gens peuvent se retrouver avec en tête autre chose que l'envie de faire du bénéfice d'argent...
PS : j'évoque ici le sujet en général, hein, bien sûr. On trouvera en effet toujours des contre exemples. Même moi, j'en connais !
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