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J'ai décidé de mettre en place un service citoyen

Et il ne sera pas réservé qu'aux jeunes.

Je fais partie de ceux qui pensent que le "service " (terme que je préfère à service civil) est une bonne idée. Pour les jeunes. D'ailleurs, mon , lorsque je serai ministre, sera de mettre en oeuvre ce service. Mon idée est que pendant un ou deux ans (à définir), chaque personne puisse participer à une aventure collective. Et je présente les choses ainsi, hein. J'ai pas écrit se faire chier dans une asso, nettoyer des bords de plages ou autres, non.
C'est quelque chose que je pense trés fort et ça a pris du volume... depuis l'affaire du juge Burgaud. Vous savez, ce jeune magistrat jeté en pature. J'avais lu pas mal de choses, à l'époque, et notamment noté que dans des pays voisins, un "SAS associatif" était créé pour les magistrats au sortir de leur formation. Ils "devaient" travailler dans une association d'aide aux victimes pendant un ou deux ans (selon les pays). De cette manière, ils prenaient de l'épaisseur dans l'approche de leur . Humanisait leur technique. -----
Le juge, on s'en souvient, avait aussi sidéré la France de par sa jeunesse. Sa fragilité. Le dur des alcoves pesait pas bien lourd. On a bien compris que trop vite il éait passé de l'école à la vie active. Que trop vite il avait été lâché dans la nature sans repères et sans soutien(s). Abandonné à son triste sort avec les dramatiques conséquences que l'on sait.

Mon idée consiste à s'inspirer de ce concept pour l'étendre à tous les jeunes. Mais voilà que l'autre jour, je lis dans les rebonds de Libé un article signé par un universitaire. Il évoque le service civil. Faisons court : il estime que cette affaire est pénalisante pour les jeunes. En particulier sous l'angle de leur vie . Genre ça les prive de quelque chose. Je ressens cela de trés près et pour cause : incontestablement, l'une des grandes chances de ma vie a été que je sois exempté de l'armée. J'ai gagné une année, en quelque sorte. Surtout, j'ai pu saisir des opportunités rapidement sans l'épée de damoclès que pouvait représenter le service militaire à l'époque.
L'universitaire pousse d'ailleurs la logique : pourquoi que les jeunes ? il dit. Pourquoi en faire une catégorie à part ? ET ma foi, c'est pas faux ! Les moins jeunes aussi peuvent à un moment donné oeuvrer dans le , n'est-ce pas ? J'en connais même quelques uns, ça ne leur ferait pas de mal.

Alors je me suis réuni dans mon ministère et nous avons décidé de rajouter dans le code du travail la possibilité pour quiconque d'effectuer un ou deux ans de service . Au nom des droits de l'hommes et du (1). Moyennant bien sûr rémunération et maintien de son poste de travail. Cela va coûter cher évidemment. Mais je m'en fous. J'ai dit au président qu'il fallait se donner les moyens de nos ambitions. Et puis investir sur les femmes et les hommes, cela n'a pas de prix.

(1)Il est probable que nous travaillerons sur la refonte de la déclaraton des droits de l'homme et du . Pour faire évoluer quelques thémes. Notamment les articles 13 et 14. Qui disent ceci, ne l'oublions pas :
Article 13 - Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les citoyens, en raison de leurs facultés. La lecture est faite ici sous l'angle de l'argent, de l'impôt. Pas sous l'angle du humain, du ensemble, ect.

Article 14 - Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée. La contribution peut être du don de soi.

Version imprimable | Campagne pour tout le monde ! | Le Mardi 26/09/2006 | 8 commentaires | Lu 561 fois


Commentaires

A voté !

Bien vu comme projet de loi. Mais comment réguler les abus. Car forcément, il y aura abus. Donc comment faire pour que ce ne soit pas un an à nettoyer les bords des rivières (sauf si la personne choisi cet engagement délibérément... il faut que cela reste possible). Comment faire pour que ce ne soit pas de la main d'oeuvre pas cher... J'ai suis objecteur de conscience. J'ai donc fait 2 années de bénévolat pour une assoc. je me suis éclaté, j'y ai tout appris. Mais j'ai vu de très la perversité du système.
Je suis à fond d'accord avec ce projet, mais il ne fonctionnera qu'avec de bons gardes fous !

 


Francis | Le Mardi 26/09/2006 à 15:00 | [^] | Répondre

Cher citoyen, c'est éminemment une excellente remarque. Mon ministère va bien sûr se pencher sur cet aspect de la chose. Nous pensons que l'élu fixe le cap, et qu'ensuite, il charge ses équipes de mettre en oeuvre les modalités de mise en oeuvre. Nous pensons également que tout projet, avant d'entrer en phase opérationnelle, a besoin d'un temps de gestation. L'ampleur du projet méritera que chacun puisse disposer de ce temps. Cela dit, nonobstant, nous avons bien entendu quelques idées en tête, notamment celle de créer un service public de l'orientation professionnelle, qui permettra à chacun de définir en quelque sorte son projet de service citoyen. Nous travaillerons parallèlement à une méthode, dans la proximité, pour que les besoins des associations et des collectivités puissent coller aux projets des habitants. Il ne nous échappe pas également que cette démarche devra autant que faire se peut, pour les étudiants notamment, être intégrée au cursus.
Mais ce ne sont là que quelques pistes.

 


Didier | Le Mardi 26/09/2006 à 19:42 | [^] | Répondre

Oui mais...

Ok pour un service citoyen mais...

- pas de carractère obligatoire
- une juste rétribution (dequoi manger et se loger)
- une indémnisation sous forme de trimestres de retraite

Finacement : sur les gains boursiers, comme ça chacun participe et ça ne grève pas les impots (étant entendu que je considère qu'une taxe sur les gains boursier n'est pas un impot mais une justice.

Voilà voilà ! ;)

 


Impertinences | Le Mardi 26/09/2006 à 20:24 | [^] | Répondre

Re: Oui mais...

Nous prenons bien évidemment en note également cette excellente suggestion. Notre ministère n'a de toutes façons aucune intention de travailler comme ses prédécesseurs, c'est à dire en vas clos, dans une sorte de bulle imperméable. Nous ouvrirons un site internet spécifique afin de recueillir les avis des personnes qui souhaitent contribuer à l'élaboration de cette vaste politique. Et nous irons à la rencontre de celles-ci autant que faire se peut. 

 


Didier | Le Mardi 26/09/2006 à 20:54 | [^] | Répondre

Et puis d'abord, nettoyer les berges est le taff prévu pour les Rmistes en disponibilité...

Avant de se sentir citoyen concerné, il faudra un Etat lui-même exemplaire ! C'est d'ailleur le principal problème en France, l'incivisme de l'état et de ses représentants ;-)

 

 


Jimmy | Le Mardi 26/09/2006 à 21:00 | [^] | Répondre

Oui mais pas que

Je pense qu'il faut les deux, cher Jimmy. Les "d'abord l'état" après on verra, on voit ce que ça donne  et il semblerait bien que ce ne soit pas suffisant ! L'état c'est nous. Et nous c'est l'état. Qui est exemplaire de qui et pour qui ? On a ce qu'on mérite , comme on dit :-)
Si des types causent kârcher et autres merveilles de langages policier policé, c'est parce que l'impunité règne en maître et... comme dirait HT Thiéfaine, si ça continue, il va falloir que ça cesse !

 


Didier | Le Mercredi 27/09/2006 à 08:25 | [^] | Répondre

Re: Oui mais pas que

HT ? Thiéfaine...
Non, le problème, c'est que les gens au service de l'état se sentent depuis trop longtemps hors de tout reproche. Du "Premier Français" au plus humble fonctionnaire, le sentiment général est à "c'est moi la France et je vous emmerde"; ce sans-gêne permanent avec les lois de la république n'est pas pour inciter qui que ce soit au respect des institutions !
Au contraire, et plus l'on se trouve démuni, et plus l'effet est pervers, moins l'individu, le citoyen, a un statut élevé et moins il se sentira tenu par, et les codes sociaux de son milieu, et le sentiment d'appartenance à cette société (société dont les lois et codes sont baffouées par ses plus communs ou plus hauts représentants, au choix).
La balle est dans le camps des authorités, non ?

 

 


Jimmy | Le Mercredi 27/09/2006 à 22:51 | [^] | Répondre

Re: Re: Oui mais pas que

Je travaille dans une collectivité locale, Jimmy. Je pense que tu te trompes. Je connais plein de fonctionnaires qui souffrent de la situation, qui ont le sens de la mission et du devoir. Mon boulot me permet par contre de mesurer qu'il y a une vraie fracture entre ceux qui font de la politique (encartés ou non) et qui au burin "imposent" aux gens de terrains des manières de faire qui ne sont pas toujours possibles et les gens qui bossent pour le service du public. Il y a des "chaînes de commandement" comme on dit. Je pense que le noeud est là. Plein de gens n'ont pas la légitimité pour faire ce quils font, les copinages et les partisaneries ont fait des recrutements qui n'ont pas toujours beaucoup de sens.
Je vais du coup poser la question sous l'angle des autorités : elles ont le pouvoir, elles vivent bien, dans du confort, avec plein de gens autour d'elles qui disent oui à tout et rampent au moindre claquement de doigt ? La république est devenue une multitude de petites monarchies. Tu penses sincèrement que ces gens-là, d'eux-mêmes, vont trucider le système qu'ils ont mis 10, 20 ou 30 ans à élaborer. Moi, je n'y crois pas une seconde ! Le pouvoir ils ne le lâcheront pas comme ça. Pendant des années, tous, sans le savoir, sans s'en douter, nous le leur avons laissé, nous l'avons conforté, nous les avons laissé faire. Ils se sont installés, ils ont pris leurs aises. Je n'éprouve d'ailleurs ni colère ni ressentiment. Je suis conscient de mon parcours citoyen... Alors, non, je ne pense pas que la balle soit dans le camp des autorités. D'ailleurs, on se gargaris avec ces mots (pouvoir, autorité, etc.). Les politiques, comme les syndicats, sont devenus des marionnettes. C'est l'argent le patron...
PS : je ne suis pas fonctionnaire.

 


Didier | Le Jeudi 28/09/2006 à 07:30 | [^] | Répondre

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