1992. Traité
de Maastricht. Je trouve qu’enfin un projet politique a de la
gueule. Un peuple commun. Une monnaie unique. Plus de frontières….
Un rêve de « hippie » peut devenir
réalité. Je me sens investi d’une mission citoyenne
de dire « oui ». Je me souviens même avoir gardé le texte sous mon sous-main de bureau
tellement je trouvais ça important. Au fil des années,
l’Europe se met en place. Puis viennent les premières
mauvaises impressions. Et au final, la réalité ne
correspond plus au rêve. Grosse déception. Ce qui pouvait être simple est devenu compliqué. Et parfois même surréaliste. La vodka par exemple. Au bout de 3 ans d’appartenance à l’Union, les polonais commencent sûrement à en avoir gros sur la patate : l’UE ayant décidé de s’attaquer à l’étiquetage des bouteilles de vodka ! Problème : les 1ers concernés ne sont pas d’accord avec les autres. J’ai nommé à ma droite : la Pologne, les Scandinaves et les pays Baltes ; à ma gauche : les Britanniques et les Espagnols.
Les polonais et leurs copains nous disent : « La vodka c’est à base de pommes de terre, de blé, ou de bettraves à sucre. Le reste ce n’est pas de la vodka. » Les Britanniques et Espagnols nous disent : « Oui mais on peut aussi faire de la vodka avec d’autres produits : raisins, pommes, riz… Donc les boissons produites avec ces ingrédients peuvent aussi être considérées comme de la vodka…». Tiens.
Autre exemple de surréalisme : l’affaire Fuentes. Vous savez : l’Espagne (encore elle) ; les poches de sang ; les cyclistes… Ici, il est question de dopage. Un truc normalement réprimandé par la loi. Mais quelle loi ? Pas celle de l’Europe en tout cas : l'utilisation personnelle de produits dopants n'était pas sanctionnée par la loi espagnole lorsque les poursuites ont été engagées au mois de mai dernier... L’affaire en question se dirigeant donc vers un non-lieu…
Voilà où on en est avec l’UE : d’un côté on se frite pour de l’alcool de patate et de l’autre, on n’a rien prévu sur le dopage…Après ça on s’étonne qu’on ait dit non à la Constitution… Allez, dites moi que c’est une blague !
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