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L'oiseau sait temps volé

Nous connaissons tous des situations ou des informations relatives à des enfants qui disparaissent. Parents en pleurs, affiches posées dans des magasins ou autres. Nous nous doutons d'ailleurs souvent de l'issue terrible qui en découle. Alors ce qui se passe en Autriche a quelque chose de vraiment extraordinaire. Et de fascinant à la fois. Vous savez, c'est l'histoire de Natascha Kampusch, une jeune autrichienne, qui a été sequestrée pendant huit ans et qui est réapparue le 23 août dernier. 3 094 jours. 74 256 heures. De la vie d'une enfant. " J'ai eu cette pensée le jour de mes douze ans, dit-elle. Je ne suis pas venue au monde pour me laisser enfermer " . volé ?

Les pages qu'y consacre Libération aujourd'hui sont assez édifiantes, qu'il s'agisse du discours de la jeune femme, via des extraits de l'interview qu'elle a accordé à une chaîne de télévision, de son "épopée" bien sûr, de tout ce que ça renvoie d'hier, mais aussi d'aujourd'hui, avec les questions qu'elle se pose quant à son , où ses retrouvaillent avec des parents qui "font" avec une fille huit ans après, une fille devenue femme.

J'aime bien la conclusion de l'édito de Antoine de Gaudemar, qui souligne au passage comme c'est effarant la façon dont Natascha est passée d'une solitude extrême à des sollicitations extrêmes et comment elle a finalement choisi de parler pour échapper le plus possible à la pression. " Natascha a vite compris que son silence l'aurait enfermée dehors de manière peut-être plus destructrice encore que la prison où elle a été enfermée pendant 8 ans " . Sans oublier son "ravisseur / géolier ", qui s'est suicidé le jour où la jeune fille a réussi à s'évader.

Pour conclure, une pensée pour le combat que continue de mener un an après une famille Lorraine dont l'un des membres a brutalement disparu au Népal. Dernièrement, dans la presse local, un an après, ils avouaient leurs doutes et en même leur détermination. A y croire. A savoir. On peut jeter un oeil sur le blog qui été ouvert ici.

Version imprimable | Zarchives (côté cour) | Le Jeudi 07/09/2006 | 3 commentaires | Lu 484 fois


Commentaires

Quel choix ?

Dans cette histoire incroyable, je ne sais pas ce que cette fille a choisi.
Je suis admiratif de la façon dont elle appréhende ces nouvelles situations. Et pourtant, que choisit-elle quand elle sait qu'elle dispose d'un conseiller en communication qui négocie ces contrats avec les médias, contrôle ses mots... surtout ne pas tout dire tout de suite... gère le déroulement de sa thérapie et du même coup, ce que les médias vont pouvoir nous raconter.
Alors, a-t-elle vraiment "choisi de parler pour échapper le plus possible à la pression ?"

 


Francis | Le Jeudi 07/09/2006 à 21:50 | [^] | Répondre

Mettre un visage

Je crois déjà qu'à la base, la notion de "choix" dans son cas part de loin. Je ne pense pas qu'elle ait choisi ces huit ans là. Je crois du coup qu'au mieux, elle fait avec et en l'occurrence, conseiller médiatique ou pas, elle doit vivre quelque chose d'extraordinairement difficile, qui succède à autre chose d'extraordinairement difficile, etc. J'ai lui je ne sais plus où qu'elle avait volontairement répondu à l'interview télévisée un foulard sur les cheveux : pour pouvoir si besoin "changer de tête" dans l'avenir.
Je ne sais pas si elle a eu raison de parler, il me semble d'ailleurs avoir vu quelque part que justement son conseiller médiatique et ses psys n'étaient pas favorable à cette initiative aussi rapidement (comme quoi les conseillers ne seront jamais que des conseillers), mais je pense qu'elle a eu raison de tenter le coup, un peu comme on crève l'abcès.
Plus que parler, elle s'est montrée, en fait, et ce que je trouve bien, c'est qu'elle a en quelque sorte humanisé une histoire extraordinaire. Mis un visage. Elle a un chemin à faire, il a l'air important ce chemin, et j'ose espérer pour elle qu'en faisant cela, elle s'est donnée un peu de paix et un peu de temps, sans doute ce dont elle a vachement besoin.
L'affaire n'est pas sans points communs, je trouve, dans un autre registre bien sûr, avec la femme qui s'est fait greffer un visage et qui, pour tuer dans l'oeuf la pression, avait fnalement choisi de se montrer, créant la sensation... puis une sorte de plus rien qui doit correspondre à ce dont on besoin des gens qui n'ont pas demandé à être ainsi exposés. Avant, dans les foires, il y avait des curiosité humaines exhibées. La femme à barbe, tout ça. Finalement, on n'invente rien. Sauf l'échelle. Mondialisation. Caméras. PLus besoin d'aller à la foire : c'est elle qui s'invite chez nous. Je ne suis pas convaincu du progrès !


 


Didier | Le Vendredi 08/09/2006 à 08:00 | [^] | Répondre

Du coup, chose incroyable, j'ai acheté le Paris Match dans lequel il y a "pour la France" l'interview de la demoiselle, complétée par des avis de "psys". On n'apprend évidemment pas grand chose de plus, mais ça entretient bien le mystère et le côté fascinant de la chose. A noter dans la même revue une interview de la prof d'étampes poignardée il y a quelques mois et aujourd'hui complètement lâchée "par sa hiérarchie".

 


Didier | Le Vendredi 15/09/2006 à 07:48 | [^] | Répondre

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