Ce sont deux billets lus chez L Che (cliquer ici) et l'autre chez Le Monolecte (cliquer là). L'un poétise et évoque la quarantaine entre café, clope et octogénaire. Partage son "tourment de l'âge" . L'autre philosophe à travers les questions d'un enfant sur aujourd'hui, demain, ici, maintenant, avec ces échanges "Devossiens" que les parents connaissent : hier on a dit qu'on ferait ça aujourd'hui en disant on verra demain mais maintenant qu'on est aujourd'hui, demain est devenu aujourd'hui et aujourd'hui est devenu hier, donc tu ne peux pas dire aujourd'hui que demain on va faire ceci puisqu'on la dit hier, etc, etc, etc :-).
Voilà deux billets qui font écho à ce que je vis en ce moment, qui me parlent, et en même temps m'inspirent tant chacun à leur façon ils disent ce que nous autres quarantenaires traversons. Une croisée des chemins. Mais aussi des croisements de regards : d'un côté ceux posés sur nous par des plus jeunes qui scrutent sans mot dire et parfois en posant des questions. Ce sont nos enfants. D'un autre côté ceux posés sur nous par des plus anciens, qui scrutent sans mot dire et parfois en donnant des réponses. Ce sont nos parents, et au-delà, nos plus âgés. Nous au milieu, chargés d'expliquer le monde, y compris dans ce qu'il a d'inexplicable. Chacun sa lueur dans l'oeil, sa mirette, et nous au milieu. -----
Nous sommes des terres d'espérance pour les uns, des phares pour d'autres, et curieusement, je me rends compte que ça marche des deux bouts. Espérance, phares pour nos petits. Espérance, phares pour nos anciens. C'est une curieuse posture, quand on y songe. Ce monde est le nôtre. Cette terre est la nôtre.
Ces derniers temps, j'ai ressenti trés fort ces regards croisés, et je n'en ai pas senti le poids mais la force. Un je ne sais quoi de force de l'âge, on va dire, même si l'expression, je le concède, est impropre. Je me disais cette phrase bizarre : c'est marrant, mais plus ça va, plus j'ai toujours aussi peur et moins ça m'effraie. Je rencontrerais par hasard une ancienne connaissance, je pense que je lui
dirais : j'ai changé, tu sais. On partirait bien sûr du principe qu'il
m'aurait au préalable posé la question. Ou noté quelque chose de
différent… Il me sommerait de m'en expliquer… Je lui dirais alors que
j'ai roulé ma bosse. Que j'ai traversé des océans. Que
j'ai appris ce qu'était la vie et la mort, découvert des souffrances
autres que les miennes, appréhendé tout cela avec la sensation que
c'est d'un dépouillement dont il faut s'enrober. D'aucun parlent d'humilité. D'autres de sagesse. Peu importe, au fond.
C'que vous en dites