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La mort du projet démocratique

Le phénomène est “sociétal” et ne concerne pas seulement les quartiers: les parents sont démunis et ne savent plus comment éduquer leurs enfants, les enfants méprisent les figures d’autorité traditionnelle (les institutions, l’école, les personnes âgées, la police, les parents...), les enfants sont pervertis par un système de consommation outrancière. “ L’état” des enfants d’aujourd’hui ne concerne pas que les quartiers. Les banlieues, continent oublié d’une démocratie malade niant ses responsabilités, portent simplement sur elles le mal identifiable, une violence et un malaise visible, exacerbé; mais cette “visibilité” n’est qu’un effet loupe sur ce qui gangrène l’ensemble de la société: la mort du démocratique. Les citoyens ne sont non seulement pas formés au ensemble, mais plus encore, se voient “paralysés”, empêchés ou plus simplement abandonnés lorsqu’ils prennent l’initiative de ce fonctionnement. Les institutions ne favorisent pas la coopération ni l’autonomie des personnes. Un démocrate doit pouvoir apprendre la coopération et l’autonomie, mais aussi la responsabilité et le conflit. Si tel n’est pas le cas, les individus s’isolent ou se replient dans des clans idéologiques ou communautaires, développent la haine et le préjugé, construisent petit à petit des mécanismes de violence nés de l’impuissance et des cloisonnements. L’urgence : nous devons - et pouvons - changer ensemble.

Charles Rozjman, universitaire, auteur du livre " C'est pas moi c'est lui" .

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Version imprimable | Zarchives (côté cour) | Le Mardi 21/03/2006 | 0 commentaires | Lu 890 fois



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