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Le jour où dans la chapelle, je me suis vautré dans l'escalier

Eh oui, messieurs dames. Je suis baptisé, petit communié, confirmé, tout ça. Et même j'étais en aube blanche le dimanche, derrière le curé, humble serviteur. Mais disons le tout net : je pense que je n'étais pas le plus doué de ma génération.
Ce jour là, un dimanche forcément, de je dirais que c'était l'hiver, je m'étais comme de coutume dévoué pour servir à la messe du dimanche matin. Non celle de 10 h 30 mais celle de 7 h 30, donnée en la chapelle de la maison de retaite du . Je me trouvais trés malin que d'avoir choisi cette option en ce que ça rendait service car évidemment personne voulait se lever le dimanche à 6 h et des burettes et en ce que du coup, ça me libérait tout le dimanche, genre yes, je vais jouer au , voire télé, ce genre de choses. En ce -là, les playstations et autres ordinateurs n'étaient pas encore connectés dans les chambres des minots. Nous avions des pour lire des livres et surtout aller jouer dehors avec des copains. -----
Ce jour là, donc, avec un copain, nous servions la messe. Nous avions installé une rotation entre nous. Un coup c'était lui, un coup c'était moi. Un coup il s'occupait du vin de messe et des cloches, un coup de la quête. Ce n'était pas la même démarche, évidemment. On restait à notre place ou on se cognait la balade dans les travées avec la petite corbeille à la main, hésitant, regarder les gens ou non, sourire ou non, etc.
Dans la chapelle, la mission prenait une tournure particulière : nous devions quitter l'enceinte principale, sortir dans un couloir, prendre à gauche, passer une petite porte, monter un escalier et rejoindre la tribune, où étaient installées quelques personnes aux côtés de l'organiste. L'escalier était sombre. Nous ne l'aimions pas. Les aubes étaient souvent trop grandes pour nous. Nous n'étions pas jeunes et larges d'épaules.

Ce jour là, une concert de percussion original, imprévu et trés sonore a interrompu la messe. C'était juste après la quête, autant dire à un moment crucial. Je m'étais lamentablement vautré dans l'escalier, juste à la fin, en redescendant, tout près du but. Tout a volé dans tous les sens. J'étais pétrifié. Honteux. Et dans le noir ou presque. Incapable de décider et surtout de savoir ce que je devais faire. Car en même , le protocole était précis. On avait besoin de moi, là-bas. Mon pote m'attendait. Le curé aussi. Je n'osais pas revenir. J'ai ramassé la centaine de petites pièces. Je suis retourné à ma place. La honte en servant.

Version imprimable | Zarchives (côté jardin) | Le Samedi 30/09/2006 | 4 commentaires | Lu 394 fois


Commentaires

Amen. :-)

 


Marie | Le Samedi 30/09/2006 à 15:56 | [^] | Répondre

Le petit clown

Ca me rappelle une histoire similaire :
J'étais aussi enfant de coeur (ben oui on est plein comme ça).
C'était une des toutes première fois et on m'avait mis "pot de fleur" (c'est l'enfant de coeur qui n'a rien à faire)
A l'époque il y avait encore une clochette à sonner et l'encens.
Moi je regardais attentivement ce que faisaient mes aînés et par mimétisme, j'imitais leurs gestes.
Bien entendu au bout d'un moment la moitié de l'église était écroulée de rire en voyant ce tout petit bonhomme agiter ses mains pour faire comme les grands en sonnant la clochette.

Le curé relevait la tête et voyait son église hilare ! Il se retournait et bien entendu, personne ne bougeait... jusqu'au moment où il a biaisé et en se baissant il a regardé derrière lui.

En retrant à la sacristie, j'ai reçu l'une des plus belles claques de ma vie... je pense que c'est ce jour là que j'ai su que je ne serais jamais curé !

 


impertinences | Le Lundi 02/10/2006 à 11:35 | [^] | Répondre

Bien, même les chemins les plus courts sont parsemés d'embûches alors ! lol !! Enfin, ils ont été servis et remerciés leur Dieu en communiant ! Mission pas impossible, mission réussie petit scarabée ! ;)

Tu as remarqué comme on se souvenait souvent bien plus vite de ses erreurs que de ses réussites, celles-ci arrivent àprès coups... Nous apprenons à marcher toujours ! ;)

Cela dit, j'avoue être tête en l'air et me vautrer assez souvent. ;)

 


Eden | Le Mardi 03/10/2006 à 14:56 | [^] | Répondre

Re:

Promis, dans un prochain "Jour où", j'évoque des belles expériences !!! Car on s'en souvient aussi, bien sûr. Mais c'est vrai qu'elles viennent moins spontanément à l'esprit.

 


Didier | Le Mercredi 04/10/2006 à 07:32 | [^] | Répondre

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