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Le jour où j'ai écrit une pièce de théâtre

Disons le tout net : la pièce en question, somptueux jeu de mot notez le bien (ça s'appelait Les héros de l'héro), n'est restée gravée dans aucune annale. Je me surprends même parfois, y compris avec les amis de l'époque, être le seul à me souvenir de cette aventure.
Nous avons pourtant tout bien fait, alors. La pièce a été écrite, chaque acteur avait sa version de texte avec ses répliques surlignées au fluo, nous avions mis en scène l'affaire, créé des décors, une musique, et même, nous l'avions jouée devant des gens, cette pièce.
Il n'empêche que le jour où je l'ai écrite, cette pièce, je m'en souviens comme si c'était hier. Déjà parce que ce n'est pas si courant que cela d'écrire une histoire. Et surtout parce que la manière dont ça s'est mis en branle est assez rigolote.
A l'époque, je faisais partie d'un club théâtre. Celui du foyer rural de mon . On était venu me chercher au club des jeunes pour intégrer la troupe et m'occuper des éclairages et de la bande son. Cela m'allait bien. L'aventure dura deux bonnes années. Et fit pschitt. Le maître à penser de la troupe, metteur en scène, créateur, âme, et tout et tout, avait décidé de tout arrêter. Et il était parti.
En cette fin d'été, nous nous étions retrouvés à trois chez moi, c'est à dire chez mes parents. Nous papotions dans la salle à manger. Nous cherchions je ne sais trop quoi, sans doute à voir comment nous allions pouvoir sauver la troupe ou quelque chose de ce goût là. Quand les chiches se sont mis à tomber en rafale. Chiche, on créé un spectacle. Chiche, on l'écrit nous même. Chiche, on le met en scène sans l'aide de personne. Chiche, on parle de la drogue dans ce spectacle. Et ainsi de suite.
Le spectacle était pas terrible. Je n'ose pas écrire nul mais ça ne devait pas être loin de ça. L'aventure, par contre, fut magnifique. Nous avions assumé. Nous avions relancé la machine, en quelque sorte. D'une fin en queue de poisson, en prenant le stylo et le papier, nous avions reboosté la bande et permis à l'hisoire du théâtre dans ce où il est quasiment une insitution locale (était) de continuer et même de jeter les prémices d'années futures qui furent bien belles. Comme quoi, les belles pages peuvent parfois s'écrire ave des textes de merde.

Version imprimable | Tranches de vie(s) | Le Samedi 23/09/2006 | 0 commentaires | Lu 385 fois



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