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Le jour où j'ai failli mourrir sous une branche

Ce qui a trés certainement ruiné mes possibles en matière de joies aquatiques.

J'ai dans les 12-13 ans, ce jour-là. Dans mon , il y a une jolie rivière. Elle serpente tranquillement et coupe le vert des champs alentours avec élégance, elle regorge de poissons qu'aiment taquiner de nombreux passionnés du gougeon, elle traverse le bled de part en part, s'est même forgée une jolie réputation lorsqu'en 14-18, une poignée de paysans en ont fait une frontière inviolable à coup de fourches et de détermination.
Cette rivière est également un théâtre et une aire de jeu. Un endroit accessible sert un peu de piscine municipale, je parle d'un où le tout sécuritaire permettait sans trop psychoser de s'adonner aux joies de la vie au contact avec la nature et du plouf dans l'eau. Et surtout, un club de canoé kayak vient de se créer sous l'impulsion de trois accrocs de la pagaie. C'est un club convivial, qui fabrique lui-même les bâteaux et permet aux jeunes de la commune de s'initier, notamment en scolaire. -----
Cette année-là, je suis en classe de cinquième. Ce sera une année terrible pour mon moral. Je découvre par hasard qu'un de mes copains a déjà du poil à la quéquette et pas moi, ce qui me lamine le mental. On découvre l'injustice dans des contextes particuliers, quand on y songe. En l'occurrence dans une vieille grange servant ici de vestiaire, où nous délaissions nos studieux habits pour nous endosser la tunique du kayakiste et filer dare dare en maillot de bain au bord de l'eau.
Ce jour là, l'initiation porte sur l'esquimautage. Une technique qui permet de se repositionner lorsque la tête et le kayak sont retournés, donc sous la flotte. Le genre secours pratique, quoi. Sauf que je foire tellement bien mon coup que je finis par dangereusement me déporter sur la droite, me cogne le bord de la rivière, rebondit vers une souche d'arbre et me retrouve je ne sais comment la tronche sous l'eau, impossible à remonter, coincée sous une branche. Comme si quelqu'un voulait me noyer. Etrange sensation que celle-ci.
J'en serai quitte pour une magistrale frousse, autant le dire. Et une appréhension face à l'eau, à sa masse, à sa puissance. Le genre à palpiter en regardant les dents de la mer et Titanic.

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Version imprimable | Tranches de vie(s) | Le Samedi 26/08/2006 | 0 commentaires | Lu 435 fois



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