Ce jour-là, et cette année-là, nous étions fêtes de Noël expliquent, dans le sud de la France. Quelque part aux environs de Canne. Noël ou pas, il faisait bon, il faisait doux et en ce décembre, nous étions allés nous balader dans le village. De ces vilages de Provence-Alpes-Côte d'Azur où passées les maisons de maintenant, on déboule dans des ruelles étroites pittoresques comme tout. Nous avions garé la voiture près de l'office de tourisme. Petit gars de quatre ans avait dans les un an. C'était le temps des poussettes et autres trotteurs, le temps des mots réduits, le temps des yeux qui regardent partout et des petites mains qui se font expressives. Gars de huit ans, lui, avait donc dans les cinq ans. Le temps où l'énergie ne manque pas et où la magie du Père Noël bat son plein. Entre le parking et les ruelles, il y avait quelques centaines de mètres à parcourir et une route à traverser. Nous étions là , à l'arrêt, regroupés en peloton, laissant passer les voitures, prêts à franchir le rubicon d'asphalte pour nous engoufrer dans les arères de la mémoire villageoise quand soudain, gars de 5 ans s'est mis à manifester l'index tendu une fébrilité toute particulière. Là, là, là, il disait, braillait plutôt, l'index brandi vers une voiture blanche. Le père Noël, le père Noël !
Et vous savez quoi ? Ben c'était parfaitement vrai !
Il venait de voir passer le Père Noël. Au volant d'une voiture. Trés pressé, semble-t-il. Faut dire que nous étions le 24 décembre au matin, quelque part dans le sud de la France.
Et vous devinerez jamais : Le père Noël, il roule dans une ZX blanche. Une ZX break. Avec un aile légèrement défonsée.
Depuis, en tout cas, mordicus, l'enfant est convaincu que l'homme à la barbe blanche et au jogging rouge se balade en voiture le 24 au matin. Et qu'il a une ZX. Les voitures, ça vole pas dans l'espace. Donc le père Noël vient en traineau. Il le gare quelque part en arrivent. Puis il prend une bagnole pour faire le job. C'est plus pratique, avec nos routes.
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