Ce jour là, où plutôt, ce week-end-là, toute la bêtise et la bonne humeur à la fois dont sont capables des mecs s'est exprimée dans toute sa splendeur.
A l'époque, je venais de changer de métier et je devais trisser du Cher vers les deux-Sèvres. Après quelques mois de vie dans une maison coup de coeur, le genre cheminée, arbres, espaces verst, tout ça, nous nous apprêtions à remettre les meubles dans un camion. C'est la fin de l'hiver. Avec des potes, nous organisons donc le déménagement. Nous sommes une bande de joyeux fêlés. La copine de l'un d'entre nous a décidé d'égayer la fête et s'est fendue d'un temps certain dans sa cuisine pour nous préparer des beignets, époque carnaval explique. Dans l'ouest, on appelle cela les Botrots (doute sur l'othographe....). L'initiative est bien sûr trés sympa. Le résultat, par contre, est assez désastreux. Sont durs comme la pierre, les fameux botrots, limites imangeables. Vous savez, c'est le genre de situation où du bout des lèvres, vous croquez un met qu'une personne a préparé avec envie et amour, un met que vous mettez des plombes à mâcher tellement c'est pas simple, un met, aussi, qui vous serre la glotte chaque fois que la mâchouille finie par ne plus rester en bouche. Le tout en esquissant un sourire évidemment rassurant et en disant avec la déglutition comme compagnon du discours : oui, oui, c'est bon, trés bon... La politesse, quoi. L'élémentaire politesse. Enfin... C'est comme cela que ça aurait dû se passer, en toute civilité, mais ce jour-là, ça ne s'est pas passé du tout comme ça.
Tous à notre ambiance trés colonie de vacance malgré notre tentaine bien dépassée, nous oublions la dite politesse et nous sommes quelques uns à nous adresser des clins d'oeil du genre, putain, c'est pas bon. A la longue, évidemment, l'un d'entre nous commence à lâcher le morceau, si je puis dire. ca a dû commencer par l'expression toute en délicatesse bien sûr du genre : tu es sûre qu'ils ne sont pas un peu trop cuits, tes botrots ? Et puis ça dégnère. De un peu trop ceci, les dits botrots deviennent trop cela, puis pas bons, puis carrément ratés, etc.
Z'allez me dire, ça aurait pu en rester là, c'était déjà bien assez pour la pauvre copine. Mais le mot nous a plu, que voulez vous. Le gag est devenu récurrent. C'est à qui trouverait moyen de mettre "botrot" dans sa phrase.
Personne n'a vu l'armoire à Botrots ? demande l'un. Bon, je vais mettre les botrots dans le coffre, dit un autre. Tiens, un bouquin. Si ça se trouve, y'a la recette des botrots, rétroque un troisième. Le quatrième, de son côté, annonce : allez on charge tout ça et dans une heure, on se fait une pause botrot. Le genre où l'on ricane presque tout le temps, vous l'aurez compris. Sauf la pauvre copine, au bord de la dépression nerveuse. Mais pas de chance. Plus sa mine était déconfite, plus cela décuplait les forces botroïnés de l'ensemble. Et plus ça allait, plus ce mot était sur toutes les lèvres.
Les années ont passé. Il reste un souvenir impérissable. Un sacré moment de poilade. Mais aussi, pour moi, une sourire qui me revient souvent. La copine, bonne joueuse, nous a fait cadeau de la boite dans laquelle elle avait mis les beignets. Pardon, les botrots. Et cette boite, nous l'avons toujours. C'est la boite à botrots.
A l'époque, je venais de changer de métier et je devais trisser du Cher vers les deux-Sèvres. Après quelques mois de vie dans une maison coup de coeur, le genre cheminée, arbres, espaces verst, tout ça, nous nous apprêtions à remettre les meubles dans un camion. C'est la fin de l'hiver. Avec des potes, nous organisons donc le déménagement. Nous sommes une bande de joyeux fêlés. La copine de l'un d'entre nous a décidé d'égayer la fête et s'est fendue d'un temps certain dans sa cuisine pour nous préparer des beignets, époque carnaval explique. Dans l'ouest, on appelle cela les Botrots (doute sur l'othographe....). L'initiative est bien sûr trés sympa. Le résultat, par contre, est assez désastreux. Sont durs comme la pierre, les fameux botrots, limites imangeables. Vous savez, c'est le genre de situation où du bout des lèvres, vous croquez un met qu'une personne a préparé avec envie et amour, un met que vous mettez des plombes à mâcher tellement c'est pas simple, un met, aussi, qui vous serre la glotte chaque fois que la mâchouille finie par ne plus rester en bouche. Le tout en esquissant un sourire évidemment rassurant et en disant avec la déglutition comme compagnon du discours : oui, oui, c'est bon, trés bon... La politesse, quoi. L'élémentaire politesse. Enfin... C'est comme cela que ça aurait dû se passer, en toute civilité, mais ce jour-là, ça ne s'est pas passé du tout comme ça.
Tous à notre ambiance trés colonie de vacance malgré notre tentaine bien dépassée, nous oublions la dite politesse et nous sommes quelques uns à nous adresser des clins d'oeil du genre, putain, c'est pas bon. A la longue, évidemment, l'un d'entre nous commence à lâcher le morceau, si je puis dire. ca a dû commencer par l'expression toute en délicatesse bien sûr du genre : tu es sûre qu'ils ne sont pas un peu trop cuits, tes botrots ? Et puis ça dégnère. De un peu trop ceci, les dits botrots deviennent trop cela, puis pas bons, puis carrément ratés, etc.

Z'allez me dire, ça aurait pu en rester là, c'était déjà bien assez pour la pauvre copine. Mais le mot nous a plu, que voulez vous. Le gag est devenu récurrent. C'est à qui trouverait moyen de mettre "botrot" dans sa phrase.
Personne n'a vu l'armoire à Botrots ? demande l'un. Bon, je vais mettre les botrots dans le coffre, dit un autre. Tiens, un bouquin. Si ça se trouve, y'a la recette des botrots, rétroque un troisième. Le quatrième, de son côté, annonce : allez on charge tout ça et dans une heure, on se fait une pause botrot. Le genre où l'on ricane presque tout le temps, vous l'aurez compris. Sauf la pauvre copine, au bord de la dépression nerveuse. Mais pas de chance. Plus sa mine était déconfite, plus cela décuplait les forces botroïnés de l'ensemble. Et plus ça allait, plus ce mot était sur toutes les lèvres.
Les années ont passé. Il reste un souvenir impérissable. Un sacré moment de poilade. Mais aussi, pour moi, une sourire qui me revient souvent. La copine, bonne joueuse, nous a fait cadeau de la boite dans laquelle elle avait mis les beignets. Pardon, les botrots. Et cette boite, nous l'avons toujours. C'est la boite à botrots.
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