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Le ménage en grand

Fascinant reportage hier sur Arte. La pommade du soir, chez Wally Petterson, c'est un onguent pour les mains. Ses mains. Presque câgneuses, amochées, rognées par des années à les utiliser et en même , pleines de dexterité, chantantes, toujours en mouvement. Ses mains sont sa vie. Wally Petterson est femme de ménage. En Suède.

 
Photo : Arte.

Reportage pas banal, avec longues plages de silence. Parfois, la bande son, c'est le ronronnement d'un chat. Wally vit dans une petite maison où les voisins sont un étang, des oiseaux, une forêt. On la voit nettoyer les maisons des autres chez l'universitaire du coin, chez le docteur, chez des personnes handicapées. On la voit pêcher en silence pendant de longues heures et aux quatre saisons, nettoyer des champignons, faire des beignets à sa petite fille. Elle est comme une fée au visage aride. Tout ce qu'elle touche elle le transforme en propre, en rangé. Tout ce qu'elle fait, elle le fait sans faiblir, pas à pas, geste par geste, avec patience. Savoir faire. Elle se moque au passage de la société. " A l'usine, un jour, ils ont payé des consultants. Ils ont voulu nous montrer comment travailler. Mais nous, la merde, on savait bien où elle était " ! Elle se dit que c'est un peu fou tout ça "mais les jeunes ont l'air de revenir vers la nature. Ils ont compris que le matérialisme ne leur apprend rien" . Et à moment, elle dit que la vie, le sens de la vie, c'est aider les autres. Trés fort.

Version imprimable | Zarchives (côté cour) | Le Vendredi 03/03/2006 | 0 commentaires | Lu 516 fois



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