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Les frontières intérieures du TGV

Dans la série que c'est ben triste, tout cela.

Ca devait être l’harmonie totale, le bonheur partagé, la fierté régionale étendant grand ses bras et les ouvrant à la nation, que dis-je, à l’Europe. Le président de la France devenait venir depuis Paris, il aurait été rejoint par la chancelière allemande, qui serait venue de son côté. Leurs trains respectifs se seraient arrêtés au même endroit. C’aurait été une merveilleuse union. Mais les nœuds étaient mal ficelés. La pelote se débine, l’euphorie se délite. Ca vire cacas nerveux. Ca suinte la débandade. Le 19 mars, c’était prévu en grande pompes, ça devient petit bras : la ligne à grande vitesse, autrement dit le TGV Est Européen, allait être inaugurée. 3 000 personnes invités, des feux qui s’allument tout le long du parcours, que la lumière fut, etc. La LGV sera toujours inaugurée ce jour-là. Mais le protocoles se prend des tacles sévères. Et la polémique enfle.  Chirac, finalement, n’en sera pas. Il y aura à sa place le ministre des transports. La chancelière non plus, du coup, ne vient plus. -----Là-dessus, les symboles escomptés sont passés à la moulinette. Les trains présidentiel et chancelier devaient en effet s’arrêter à Louvigny, en Moselle. Ils s’arrêteront finalement un peu avant. En Meurthe-et-Moselle. Les cacas nerveux deviennent gueules de bois. Et aux langues de coton se sont substituées les langues de vipère. C’est qu’en Lorraine, la question des gares fait l’objet de vives querelles depuis de longues années. Deux stratégies s’opposent.  L’une promeut la connexion entre le TGV et les avions. D’où Louvigny. La gare, en effet, serait située près de l’aéroport régional, soit dit en passant scrupuleusement situé à égale distance des deux métropoles du coin, Metz et Nancy. L’autre promeut la connexion entre le TGV et les trains régionaux. D’où Vandières, situé à l’exacte interconnexion entre le TGV et les trains régionaux. En 2001, d’ailleurs, tous les partenaires du avaient paraphé un document… entérinant les deux gares. Mais depuis, chacun faisait mine de penser à la sienne comme étant LA gare Lorraine. Le renoncement présidentiel, le changement de parcours inaugural sont interprétés comme des aveux. Que Vandières, finalement, l’emporterait sur Louvigny. Les élus du coup s’en mettent plein le nez, et resurgissent les « guerres » territoriales. En gros, la Lorraine nord contre la Lorraine sud. Le TGV ne relie pas les hommes. Il créé des frontières intérieures. Et dire que ce n'est... que la première inauguration. En juin prochain, l'autre est prévue. Celle de la SNCF. Là, c'est RFF. Mais j'en ai déjà causé ici.

Source de l'image : le site de LGV.

 

Version imprimable | Comptoir du temps | Le Vendredi 09/03/2007 | 2 commentaires | Lu 347 fois


Commentaires

On pensait avoir touché le fond du grand nimp, eh bé non :-)
Dimanche, l'info tombait comme quoi, finalement, le parcours initial était réinstauré. Le convoi inaugural déboulera donc bien à Cheminot, en Moselle. Y'a du coup de fil entre élus, ministres, préfets. Tout ça pour ça...

 


Didier | Le Lundi 12/03/2007 à 10:30 | [^] | Répondre

Tout sur le Tigivi

Une infographie intéressante en cliquant ici.


 


Didier | Le Jeudi 15/03/2007 à 20:13 | [^] | Répondre

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