S'identifier


Mais bordel, c'est de se sentir utile(s) dont les gens ont besoin !

Elista, tout revoir dés le début

Ségo lance bien mais tombe mal. C'est con. Le débat qu'elle a lancé sur la question de la vie démocratique est en effet, je le crois profondément, le fond du vrai débat de l'élection à venir. le seul qui vaille. L'enjeu est considérable. Mais c'est foutu d'avance si une fois encore, la machine élude le fond en se cachant derrièe le je voudrais bien mais je ne peux point. On n'a pas besoin de plats tous préparés. Ni de trouver des recettes. Non, on a besoin de créer la recette. On a trop attendu. La clé d'entrée qui consiste à revisiter de fond en comble la manière dont on fait la démocratie, dont on veut la faire ici, y compris avec dans l'idée de le montrer au monde entier, me semble être la seule qui vaille, l'ambition qui manque à notre pays, tout le reste en découlant. On a besoin d'avoir confiance, d'y croire, d'aller de l'avant. De rêver. D'audace. On se fait chier, là. On finit par tout gober. Que la France serait ceci, ne serait plus cela. Qu'on est en retard. Que les autres truc et machin. Notre société n'est pas malade de son coeur ni de ses tripes. Non. Elle est cancérisée par le fait que ceux qui ont des idées se font exploser par ceux qui n'en ont pas. Et ceux là sont nombreux. Et ceux là sont aux manettes. Ce n'est pas de leur faute : ils les ont prises. Elles étaient vacantes.

Les grands masquent les vrais maux et ne déclenchent pas les bons remèdes. Les en isme (populisme, activisme, technocratisme, etc.) trucident trop souvent ce qui me semble être pourtant clairement et profondément exprimé par la vox populi, y compris la silencieuse : c'est de parole échangée, dont nous avons besoin. Et non de parole consommée, diffusée, confisquée. C'est de se sentir utiles dont on besoin plein de gens. Et non d'être harcelés, violentés, méprisés.

Je fais partie de ceux qui souffrent de sentir le sale air de la peur envahir les neurones de mes proches. Mon goût des autres est une plaie. J'écoute, j'observe, je discute. Je ressens trés fort ce désir d'utilité qu'expriment les uns et les autres, à des degrés différents. Et je ressens plus fort encore la violence de l'époque face à la non prise en compte de ce besoin basique pourtant, qui, s'il n'est pas présent, ouvre la boite de pandorre.
Une boite dans laquelle on trouve les stigmates d'une société malade (alcool, médicaments, chômage, etc.) qui n'en est plus à se demander comment elle va fonctionner, c'est du luxe ça. La vraie question, qui ne date pas de 2002 mais vraisemblablement depuis bien plus longtemps que ça, est de se demander par quel bout prendre les choses 1) pour arrêter de dysfonctionner ; 2) pour être vivante de nouveau. En intégrant si possible deux ou trois détails. Du genre la qui est bouffée par l'homme. Du genre mon est aujourd'hui un pays. Du genre la France est une goutte d'eau. Du genre les politiques ne sont plus que des régulateurs... au mieux. S'ils le veulent bien.

Ma conviction est que ce n'est pas de machins dont nous avons besoin. Je veux dire, le débat ne doit pas riper sur la question des outils démocratiques dont il conviendrait de se doter, sous peine une fois encore de basculer et de passer de l'autre côté d'une barrière qui consiste à dévoyer un problème de fond par une sucession de faux débats. Au bout du compte, il restera l'inertie. Et les gens en place garderont leurs prérogatives. Ainsi les jurys citoyens (ou populaires). Ainsi la démocratie participative. Parlez-en sur la forme, il n'en restera pas grand chose. Tout le monde dira que ça ne marche pas, que tout a été fait, etc. Essayez d'en parler sur le fond, c'est à dire en passant du pourquoi pas au pourquoi et du pourquoi au comment, et j'en suis persuadé : au champ habituel de l'impossible, car il se trouvera toujours des voix pour conduire aux impasses, on peut basculer vers des univers de possibles. Personnellement, aux trous sans fond, je préfère les horizons. Et n'ai pas peur des orages et des tempêtes. Il en faut.

Plus ça va et plus je me dis que c'est un voire deux mandats qui seront nécessaires pour conduire cette réflexion. Il faut avoir le courage de dire je ne sais pas, je ne sais plus, mais on va se retrousser les manches et se donner les moyens d'aller de l'avant. L'utilité est aussi celle de la nation. La France peut-être utile à quoi, pourquoi, pour qui, comment ? Je voterai en 2007 pour le candidat qui sera le plus proche de cet état d'esprit. J'y verrai alors le signe d'une prise de conscience. Et je ne voterai pas s'il n'y a pas de candidat. J'en prends... le risque :-)

Version imprimable | Campagne pour tout le monde ! | Le Lundi 06/11/2006 | 9 commentaires | Lu 714 fois


Commentaires

...Et je ne voterai pas s'il n'y a pas de candidat...

Dans certains pays on fait revoter s'il n'ya pas eu assez de suffrages exprimés. Peut-être que de cette façon -et avec beaucoup d'engagement de la part des citoyens- on se retrouverait à devoir faire un choix entre des candidats vraiment intéressants.

Mais comme toi, je ne voterai pas s'il n'y a pas de candidat en qui je croirai vraiment.

 


nikkos | Le Lundi 06/11/2006 à 10:58 | [^] | Répondre

Re:

Je l'ai déjà fait. Et je le referai. Le problème est que j'y crois de moins en moins... Et que les couleuvres sont elles de plus en plus grosses. Pas optimiste le gars ? Ben oui.

 


Vivien | Le Lundi 06/11/2006 à 13:33 | [^] | Répondre

... je précise

Lorsque j'écris je n'irai pas voter, c'est mal dit. J'irai voté, quoi qu'il en soit, quoi qu'il se passe et quel que soit le candidat. Mais si je ne "sens" personne, je voterai blanc.

 


Didier | Le Lundi 06/11/2006 à 14:35 | [^] | Répondre

Re: ... je précise

Oui, mais ça ne compte pas !!! Ton acte citoyen ne vaudra rien...

 


nikkos | Le Lundi 06/11/2006 à 15:48 | [^] | Répondre

Re: Re: ... je précise

au contraire : ma conscience !!! C'est pas rien, ça :-)

 


Didier | Le Lundi 06/11/2006 à 16:04 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: ... je précise

La conscience ?...ah ouii ! on m'en a parlé une fois.  ;-)

 


nikkos | Le Lundi 06/11/2006 à 17:43 | [^] | Répondre

Re: Re: Re: Re: ... je précise

Précise itou. Je parlais de blanc. Et de pas aller aux urnes aussi. Des deux en fait. Pour l'instant, le résultat est identique. Je suis partisan pour que l'on tienne compte du blanc lors des votes. Question de citoyenneté comme dirait le père Did. 

 


Vivien | Le Lundi 06/11/2006 à 19:07 | [^] | Répondre

Voter blanc... ça sert !

C'est voter nul qui ne sert à rien !

Il faut que vous consacriez du temps à aller dépouiller les votes : les votes nuls sont écartés, les votes blancs sont comptabilisés et accrochés aux enveloppes de résultats.
Même si le vote blanc n'est pas inclus (pas encore) dans les pourcentages, il compte.

Quant à Sego je persiste à dire qu'elle dit juste et que si tu as besoin que les politiques donnent envie aux gens de se sentir utile c'est vers elle qu'il faut aller.

Oui je nuance ton propos, les gens ont besoin de se sentir utiles? ça ne dépend que d'eux !
Par contre qu'on leur donne envie de se sentir utiles c'est du ressort des politiques, des dirigeants d'entreprises, des responsables d'associations ou de club sportifs !

Personne n'ira chercher les gens en leur disant "venez, vous vous sentirez utiles!"
Par contre si tu vas vers les gens qui peuvent te donner envie d'être utile alors ça va marcher.

Je vis ça dans mon asso de parents d'élèves : ceux qui veulent qu'on viennent les chercher, je n'y vais plus, a eux de venir s'impliquer, militer, agir !

Stop ! Bougez vous les fesses si vous voulez vous sentir utiles !

 


Impertinences | Le Lundi 06/11/2006 à 19:46 | [^] | Répondre

Re: Voter blanc... ça sert !

Non, je ne crois pas que ça ne dépende que des gens. J'ai quelques exemples en tête.
Une personne est sur son lieu de travail. Elle a la valeur de 2-3 h de boulot par jour, pas plus. Elle a essayé de s'impliquer dans des choses. Mais le "système" produit cette "inutilité". Le système, c'est pas seulement l'organisation interne au boulot. C'est aussi l'évolution des techniques, qui modifié le contenu de postes sans que l'adaptation suive.
Une autre personne est confinée dans des tâches qui ne sont pas son métier.
Une autre n'a pas d'emploi.
Une autre n'a pas d'autre solution que de reprendre des études parce qu'elle n'a pas été conservée au terme de deux années de contrats précaires.
Une autre veut lancer des actions mais se fait casser dés qu'elle entreprend quelque chose.
Une autre démissionne de son poste parce qu'elle est usée par un "responsable" qui ne fait rien d'autre qu'empêcher que sa parcelle de pouvoir soit rognée.
Une autre engage pendant deux ans une procédure via la médecine du travail pour se faire licencier parce que ses conditions de travail sont devenues détestables.
Une autre arrête la vie associative parce que dans son groupe, des personnes se sont liées contre elle.
Etc... Etc...
Bien sûr, ces personnes ne sont pas "toutes blanches" . Elles ont commis des erreurs. Mais qui n'en commet pas ? Et quel droit à l'erreur, dans ce cas ?
Ce qui me frappe le plus, dans tous les exemples, c'est qu'à un moment donné, il y a toujours rupture de la parole. Arrêt des échanges. Et alors ça entre dans une autre dimension. Mauvaise pente.
L'utilité n'est donc pas seulement quelque chose qui se décrète, ou s'obtient. Ni un privilège de gens en bonne santé. C'est aussi quelque chose qui se permet, qui s'entretient, qui se travaille. C'est aussi cela, la solidarité. Que les uns qui peuvent aident les autres qui peuvent pas.
Je suis d'accord avec toi, Impertinences. Ceux qui se bougeront pourront être dans les clous. Ceux qui cogiteront sauront s'en sortir, dépasser les choses. Mais tout le monde ne le peut pas. Certains ne le peuvent plus. Ils ne sont pas pour autant des incapables, des feignants ou je ne sais quoi d'autre.

 


Didier | Le Mardi 07/11/2006 à 06:46 | [^] | Répondre

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