Elista, tout revoir dés le début
Ségo lance bien mais tombe mal. C'est con. Le débat qu'elle a lancé sur la question de la vie démocratique est en effet, je le crois profondément, le fond du vrai débat de l'élection à venir. le seul qui vaille. L'enjeu est considérable. Mais c'est foutu d'avance si une fois encore, la machine élude le fond en se cachant derrièe le je voudrais bien mais je ne peux point. On n'a pas besoin de plats tous préparés. Ni de trouver des recettes. Non, on a besoin de créer la recette. On a trop attendu. La clé d'entrée qui consiste à revisiter de fond en comble la manière dont on fait vivre la démocratie, dont on veut la faire vivre ici, y compris avec dans l'idée de le montrer au monde entier, me semble être la seule qui vaille, l'ambition qui manque à notre pays, tout le reste en découlant. On a besoin d'avoir confiance, d'y croire, d'aller de l'avant. De rêver. D'audace. On se fait chier, là. On finit par tout gober. Que la France serait ceci, ne serait plus cela. Qu'on est en retard. Que les autres truc et machin. Notre société n'est pas malade de son coeur ni de ses tripes. Non. Elle est cancérisée par le fait que ceux qui ont des idées se font exploser par ceux qui n'en ont pas. Et ceux là sont nombreux. Et ceux là sont aux manettes. Ce n'est pas de leur faute : ils les ont prises. Elles étaient vacantes. Les grands mots masquent les vrais maux et ne déclenchent pas les bons remèdes. Les mots en isme (populisme, activisme, technocratisme, etc.) trucident trop souvent ce qui me semble être pourtant clairement et profondément exprimé par la vox populi, y compris la silencieuse : c'est de parole échangée, dont nous avons besoin. Et non de parole consommée, diffusée, confisquée. C'est de se sentir utiles dont on besoin plein de gens. Et non d'être harcelés, violentés, méprisés.
Je fais partie de ceux qui souffrent de sentir le sale air de la peur envahir les neurones de mes proches. Mon goût des autres est une plaie. J'écoute, j'observe, je discute. Je ressens trés fort ce désir d'utilité qu'expriment les uns et les autres, à des degrés différents. Et je ressens plus fort encore la violence de l'époque face à la non prise en compte de ce besoin basique pourtant, qui, s'il n'est pas présent, ouvre la boite de pandorre.
Une boite dans laquelle on trouve les stigmates d'une société malade (alcool, médicaments, chômage, etc.) qui n'en est plus à se demander comment elle va fonctionner, c'est du luxe ça. La vraie question, qui ne date pas de 2002 mais vraisemblablement depuis bien plus longtemps que ça, est de se demander par quel bout prendre les choses 1) pour arrêter de dysfonctionner ; 2) pour être vivante de nouveau. En intégrant si possible deux ou trois détails. Du genre la planète qui est bouffée par l'homme. Du genre mon village est aujourd'hui un pays. Du genre la France est une goutte d'eau. Du genre les politiques ne sont plus que des régulateurs... au mieux. S'ils le veulent bien.
Ma conviction est que ce n'est pas de machins
dont nous avons besoin. Je veux dire, le débat ne doit pas riper sur la
question des outils démocratiques dont il conviendrait de se doter,
sous peine une fois encore de basculer et de passer de l'autre côté
d'une barrière qui consiste à dévoyer un problème de fond par une
sucession de faux débats. Au bout du compte, il restera l'inertie. Et
les gens en place garderont leurs prérogatives. Ainsi les jurys
citoyens (ou populaires). Ainsi la démocratie participative. Parlez-en
sur la forme, il n'en restera pas grand chose. Tout le monde dira que
ça ne marche pas, que tout a été fait, etc. Essayez d'en parler sur le
fond, c'est à dire en passant du pourquoi pas au pourquoi et du
pourquoi au comment, et j'en suis persuadé : au champ habituel de
l'impossible, car il se trouvera toujours des voix pour conduire aux
impasses, on peut basculer vers des univers de possibles.
Personnellement, aux trous sans fond, je préfère les horizons. Et n'ai
pas peur des orages et des tempêtes. Il en faut.
Plus ça va et plus je me dis que c'est un voire deux mandats qui seront nécessaires pour conduire cette réflexion. Il faut avoir le courage de dire je ne sais pas, je ne sais plus, mais on va se retrousser les manches et se donner les moyens d'aller de l'avant. L'utilité est aussi celle de la nation. La France peut-être utile à quoi, pourquoi, pour qui, comment ? Je voterai en 2007 pour le candidat qui sera le plus proche de cet état d'esprit. J'y verrai alors le signe d'une prise de conscience. Et je ne voterai pas s'il n'y a pas de candidat. J'en prends... le risque :-)
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