Un temps magnifique. Des petites routes qui serpentent au milieu de petites vallées. Des prairies qui s'étendent généreusement, où paissent quelques vaches et leurs veaux. L'un d'eux est né cette nuit. Sa "mère" en porte les stigmates rouge. Le veau tête.
Des cours d'eau s'étalent comme des traits de crayon. C'est parfois paresseux, c'est parfois tonitruant. De trés belles maisons semblent défier d'un air goguenard les pavillons récents qui peinent à se faire une place dans le paysage. Des gens dans les rues, parfois des familles entières se promènent, où l'on sent des générations réunies le temps d'un week-end pascal. Un père et son fils se baladent à moto. Au loin, quelques dizaine de kilomètres pas plus, une ville est invisible, inodore, indolore. Tenue en respect.
Des lieux où se confondent les temps.
Ici, la saline royale, une ode à l'utopie architecturale qui cache à grand peine comme les hommes vivaient dans des conditions déplorables. Un détail, tout bête, une réalité, toute violente : un architecte avait décidé de ne pas mettre de cheminée au-dessus de l'Atelier pour ne pas rompre l'harmonie du site. Des ouvriers évoluaient dans une enceinte où il faisait près de 50°. Le soir, ils rentraient dans une maison glaciale. Toute décidée par le roi qu'elle fut, toute entière dédiée à la prouesse technique puisque c'était de développer la production d'or blanc dont il était question, la Saline n'en sera pas moins jetée comme une vieille chaussette quelques années plus tard. Pas rentable. Elle accueillera des familles chassées par la guerre quelques années plus tard. Sera récupérée par les collectivités locales ensuite. Deviendra fierté par la grâce d'un classement Unesco.
Là une grotte découverte il y a près de cinq cent ans, elle fut la première à générer du tourisme et des visites. A l'époque, on s'éclairait de torches en résine. La voûte est noircie. A côté, l'eau a ruisselé pendant des centaines de milliers d'années. Les couleurs se confondent. Plus loin, des squelettes d'ours ont été découverts. Des militaires ont construit 110 m sous terre et à près d'un kilomètre sous la galerie un mur en pierre qui franchit la rivière souterraine. On ne sait pas pourquoi. Le pont ne conduit pas vers une autre sortie.
Plus loin une source qui jaillit d'une grotte. Il y fait sombre et froid, humide et profond. Un escalier conduit de l'autre côté. Tout n'est que chaos rocheux. Et pour cause : la montagne s'est effondrée ici, creusant un goufre de 80 m de haut. On plonge dans l'amas et se retrouve curieusement face à une croix, plantée dans la pierre, témoignage anonyme et en silence d'un temps passé, probablement douloureux. Un temps de combat, aussi. On apprend que ce site-là est celui qui a déclenché une loi sur l'environnement. Nous sommes alors en 1899. Un propriétaire veut capter l'eau et envisage d'installer des tuyaux. Les habitants protestent. Procès. Gagné en 1902. Ici naissait la législation sur l'environnement.
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