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Nous, nous ne sommes pas des veaux

Dans la série des rebonds.

Les français sont ils des veaux, demande Le Monolecte sur son blog ? (en conclusion à un billet qui évoque un film vieux comme Hérode qui renvoie à notre maintenant, billet que l'on peut lire ici).

Dans les discussions de troquet ou de soirées entre potes, c'est à qui exposera la manière dont il appréhende les choses. Selon les personnes, cela va de l'indifférence totale à la peur exprimée, avec au milieu, les variantes de tous poils.
Dans les blogs, au gré des lectures, on trouve de tout. Des militances aux idées "arrêtées" aux enthousiasmes pleins d'espoirs, en passant bien sûr par les frustrations diverses et les déceptions du moment.
Moi là-dedans, pour le moment, je ne me situe pas (encore). Je lis, j'écoute, j'observe, j'essaie de ressentir, parfois de comprendre. Le phénomène internet et la place qu'il va prendre, par exemple, m'intéresse igrement.
En "réponse" à la question du Monolecte, je suis tenté de penser : non, les français ne sont pas des veaux. Loin de là. Si je suis convaincu que quelque chose se passera en 2007, au moins en écho et en prolongement à ce qui s'est passé en 2002, 2004 et 2005, je ne suis pas persuadé que ce sera pour autant un quelque chose de violent. Pas encore. Mai ça sent la dernière chance. Pour eux. Je veux dire les actionnaires de la cinquième république. Les animateurs, soit disant, de la démocratie à la française.
Il m'arrive d'écrire ici, de manière ironique et souvent conclusive à un billet : nous vivons une époque formidable. Je crois dur comme fer qu'effectivement, nous vivons une époque formidable. Pleine d'intérêt(s). Une période où l'on sent que rien n'est acquis, que rien n'est lisible, où il flotte du coup dans l'ère un parfum de tout est possible qui me fait penser que l' a de beaux jours devant elle !!!-----
Ce que je crois, c'est que les français ont aujourd'hui besoin d'espérance. Et de nouvelles têtes. Ce que je crois, aussi, c'est que les pouvoirs publics (au sens large : politiques, appareils, syndicats, technocrates) ne sont pas prêts et vont même, becs et ongles, se battres pour leur pré carré. Ce que je crois, enfin, c'est que les gens sont beaucoup moins dupes et dociles qu'ils ne laissent croire. Je ressens, par exemple, une certaine maturité face à ce qui se prépare. Chacun est plus cultivé, mieux informé, plus enclin à penser par lui-même, conscient des défis.
Un exemple : celui des retraites. ON écoute les experts, on entend parler de l'impossible réforme. On discute au quotidien autour de soi, tout le monde sait que ça ne pourra pas continuer comme ça. Attend la réforme. Sourire en coin ou presque. Ou grimace aux lèvres, c'est selon.
Un autre exemple : celui de la . Il est acquis pour presque tout le monde que quelque chose est allé trop loin, qu'il a urgence, etc. Et pourtant, dans le quotidien, parce que le souffle collectif n'est pas encore posé (c'est mon avis), chacun continue comme si de rien n'était. Enfin, disons plutôt : une écrasante majorité (dont je fais partie... snif...).
Non, les Français ne sont pas des veaux. Mais ils sont un peu comme mon fils. Je pense qu'au fond de lui, il a compris que le père de Noël n'existait pas. Je pense qu'il sait que ce sont les parents et les familles qui remplissent la hotte. Mais il préfère croire au père Noël. Et en soi, ce n'est pas forcément me semble-t-il une mauvaise approche. Selon moi, le quatre candidats qui vont se détacher seront Le Pen, Royal, Hulot (s'il y va) et Bové (s'il y va). Si les deux derniers n'y vont pas, la voie sera... royale pour Ségo. Mais alors, le plus dur commencera pour elle. Pas sûr qu'elle ait 100 jours de délai de grâce. L'espérance a ceci de pervers qu'elle peut trés vite générer des impatiences et faire s'exprimer des frustratons.
Le règne du grand Jacques a réussi ceci : 82 % des français attendent en ordre rangés ou clairsemés que quelque chose change. Je crois qu'ils sont (encore) prêts à faire confiance. Mais le patron a changé de camp. Le patron redevient petit à petit le peuple, à l'image des Don Quichotte, des Coluche ou des Onfray. Mais ce n'est pas un peuple. Mais des peuples. Et là que ça se corse. Comment vont converger les votes des ces peuples ? Voilà l'enjeu des prochaines semaines. Je pense que jusqu'au vacances de février, ça va vivoter. Chacun va se préparer. Il restera ensuite six ou huit semaines. Et beaucoup de choses se joueront.
En attendant, et au-delà, je vote pour l'idée d'un vaste coup de balai... à venir. Qui se matérialisera surtout, je pense, en juin (députés) puis au printemps prochain (cantonales et municipales). La prime aux sortants ne fonctionnera plus, j'en fait le pari.
Autrement dit : sixième république, nous voilà. Objectif 2012. Ou alors nous sommes des veaux...

Ambiance sonore (morceaux à écouter un par un ou les deux en même )
Oller-Yvert-Sanlaville, marche des 999
 

René Aubry, seuls au monde.

Version imprimable | Campagne pour tout le monde ! | Le Lundi 15/01/2007 | 1 commentaire | Lu 311 fois


Commentaires

Certains signes ne trompent pas...

c'est l'année de Ségolène, je te l'ai déjà dit, on est en plein dedans...Je vois comment les choses évoluent, autant te dire que  mon milieu professionnel me montre que j'ai raison...On va pas avoir des vies faciles...

 


seb | Le Lundi 15/01/2007 à 19:58 | [^] | Répondre

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