En attendant et sans préjuger de quoi que ce soit, et parce que par hasard hier soir je suis tombé sur Soir qui diffusait de larges extraits des témoignages de ces personnes, je souhaite témoigner. J'ai été "sous le choc" de ce que je voyais et de ce que j'entendais, pendant que chez Delarue, on causait animaux de compagnie et magasins spécialisés dans les biscuits pour chiens, etc. Curieux "paralaxe" .
Je me disais qu'au-delà de l'affaire Outreau, que je connais insuffisamment pour en dire quoi que ce soit et en penser sérieusement quelque chose, ces auditions sont un fascinant symbole de ce qu'est devenue notre "société". Un miroir de ce que nous sommes nombreux à dénoncer ou à ressentir ici ou là. Il faut décidément toujours des crises et des cas extrêmes, des vies bousillées, des drames, pour que tout le cocotier soit secoué. Et on ose par ailleurs brandir en pemanence le fameux "principe de précaution" ? Oh ironie... !
En tout cas, j'ose espérer que là, il l'est, secoué, le cocotier. Car c'est effarant ce qu'on entend. C'est effarant ce qu'expriment ces gens au-delà de leurs mots. C'est effarant de voir ce que donne en chair et en os, en larmes et en rides, une société qui broie les femmes et les hommes. Effarant... et effrayant. On songe quelques instants à ces vies qui basculent. L'horreur mécanique qui se met en route, implacable. Le cliquetis des barreaux. Le tambour des neurones. L'horreur. Et puis on rouvre les yeux, on voit ces gens qui s'expriment, avec des mots simples, face à des élus qui s'écoutent, devant des caméras et des micros. Soudain, c'est comme l'image d'une société qui se met à regarder et à écouter trop tard. Soudain, c'est comme soudain l'image d'une démocratie souillée avec des gens qui paient cher le fait d'être des "petites gens". L'image d'une démocratie, aussi, où les coupables sont innoncentés et où les responsables se déguisent, se cachent, se nichent dans l'impunité.
C'est un peu tarte à la crème, ce que je vais écrire là mais une fois encore, le constat s'impose à moi : je suis scié à la base de voir une fois encore des élus du peuple être et se dire effarés parce qu'ils entendent, être et se dire effarés comme vous et moi, alors qu'ils sont mandatés pour voter des lois, les appliquer, les faire évoluer. Gérer les affaires de la cité. Gèrent pas. Agissent pas. Réagissent. Se défendent. Se protègent.
J'ai lu ce matin dans mon quotidien régional ceci : " Il est dangereux, pour quelque institution que ce soit, à partir des prérogatives données par l'exercice d'une profession, de s'enfermer dans une tour d'Ivoire de certitudes, comme si elle était frappée d'une sorte d'infaillibilité " . Ces mots sont ceux d'un député UMP. Ils visent la justice. Ils ne devraient pas viser que la justice. Parce que me semble-t-il, beaucoup de tours d'ivoire cohabitent en ce moment. Les journalistes, les politiques, les ceci, les cela.
Bien sûr, sans doute, le fameux juge de l'affaire Outreau va s'en prendre plein la gueule. Il sera probablement désigné coupable. C'est comme ça que notre système impunisant règle ses états d'âmes. Les responsables pourront continuer à gambader dans les champs ? Le pire, c'est que quelque part, par mon indifférence, encore fallait-il que je le sache, j'estime que j'en fais un peu partie de ces responsables.
C'que vous en dites
→ plus de commentaires