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Pas de quartier(s) en politique ?

Ce fut l'une des infos de la fin d'année, qui faisait suite à un sursaut démocratique, lui-même issu des événements dans les quartiers. Dans mon esprit, c'était a priori une des clés de la prochaine présidentielle, le genre grande équation de l'inconnue (et grande inconnue de l'équation) : comment voteront les jeunes en avril prochain (et combien seront-ils) ? Combien de ces nouveaux démocrates passeront à l'acte, autrement dit, nantis d'une carte d'électeur, se rendront derrière l'isoloir ?
Un article paru aujourd'hui sur le site du Monde met une tarte à ce que je pouvais croire. Sous la plume de Luc Bronner, deux chercheurs sont au micro après cinq années d'études sur le terrain (un quartier de Saint-Denis en l'occurrence) et la publication d'un bouquin au titre révélateur : La démocratie de l'absentation. Ci-dessous quelques morceaux choisis de l'interview, qu'on peut par ailleurs lire en entier ici.-----

Qu'est-ce qui caractérise, sur le plan politique, la population de ce quartier sensible ? demande le journaliste. C'est une forme d'indifférence à la politique. Il faut bien se rendre compte de l'état de la démocratie d'un tel quartier : 1 400 habitants, dont 700 environ en âge de voter. Parmi eux, 500 inscrits et moins de 300 sont allés voter. Lorsqu'on étudie les listes d'émargement sur la longue période, pour voir qui participe régulièrement, on se rend compte que le noyau dur des électeurs tombe à 150 personnes... (...)
En 2001, le maire (Patrick Braouezec) a été élu, au premier tour, avec un peu moins de 7 500 voix sur une population de 85 000 habitants ! Son prédécesseur
(Marcelin Berthelot) avait, quant à lui, été élu au premier tour en 1977 avec 20 515 voix.
(...) Lorsque nous questionnons les habitants, une partie connaît à peine les noms des candidats à l'élection présidentielle. Beaucoup ne savent pas ce que recoupe la distinction entre la droite et la gauche et, a fortiori, ne différencient pas gauche et extrême gauche. Ici, la politique est perçue comme un spectacle assez ésotérique. (...)
Si on comprend que la démobilisation en cours n'est rien d'autre que le prolongement de la ghettoïsation dans l'ordre électoral, on comprend également qu'il faudra plus que des opérations de pour que le pays légal ressemble à nouveau au pays réel.

Version imprimable | Campagne pour tout le monde ! | Le Mercredi 14/02/2007 | 0 commentaires | Lu 229 fois



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