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Quand l'économie solidaire se fait manifeste

On l'appelle le tiers secteur. Il est là, sous nos yeux, souvent invisible. Un manifeste vient d'être rédigé pour, en 10 points, développer, créer de l'emploi. Ce n'est pas (que) l'affaire de quelques uns.

Qu'est-ce que l'économie ? C'est un mouvement qui regroupe des milliers d'initiatives locales pour produire, consommer, employer, épargner et décider autrement. Les entreprises solidaires se battent sur le marché, comme les autres. Elles assurent des services collectifs pour mieux ensemble. Elles sont soutenues par des ressources mixtes : paiement par des clients, aides nationales et locales, engagements bénévoles. Certaines activités de l'économie sont bien connues : logement des exclus, éducation populaire, aide aux personnes, recyclage, protection de l'environnement. Mais des champs nouveaux se sont ouverts. L'insertion par l'activité économique, qui remet au travail des chômeurs de longue durée, emploie désormais entre 250 000 et 300 000 personnes. Le commerce équitable vient soutenir les petits producteurs du tiers-monde. Des régies de quartiers se créent dans des cités où la rentabilité n'est pas assurée, etc.
L'économie est présente partout où l'on promeut la recherche du bien commun. C'est une économie de proximité. Voici, réunies au sein d'un manifeste, dix propositions concrètes pour que ça se développe.-----

1. Citoyens, vivez solidaires. Investissez-vous dans toutes les initiatives soucieuses de l'homme et de l'environnement. Faites appel au commerce équitable qui rémunère les producteurs à leur juste prix. Privilégiez les circuits courts, du producteur au consommateur. Adressez-vous aux entreprises de services, de production, de recyclage (vêtements, électroménager, etc.) qui emploient ceux qui sont menacés d'exclusion ou handicapés. Donnez un sens à votre épargne. Donnez de votre à ceux qui en ont besoin.

2. Salariés, épargnez . Depuis 2001, vous pouvez confier une partie de votre rémunération à des fonds salariaux solidaires créés dans les grandes entreprises. Une fraction de ces fonds - 5 % à 10 % - est investie dans des entreprises solidaires, pourcentage sur lequel l'épargnant retrouve son capital initial mais renonce à ses intérêts. Cette capacité d'investissement pourrait atteindre 200 millions d'euros d'ici à cinq ans. On doit aller bien au-delà. A deux conditions : assurer la promotion de l'épargne salariale et améliorer sa réglementation.

3. Etudiants, actifs, militants associatifs, devenez entrepreneurs solidaires. C'est le défi décisif : point d'entreprises sans entrepreneurs qualifiés. Il faut préparer les candidats à ce difficile en leur proposant des formations de qualité, en les accompagnant dans leur .

4. Collectivités publiques, achetez . La loi permet de faire exécuter une partie des marchés publics de l'Etat, des , des bailleurs sociaux par des entreprises solidaires. Mais ces clauses sociales sont souvent ignorées.

5. Régions, contribuez au développement de l'économie . Parmi vos compétences figurent le développement économique et la formation. Appuyez les opérateurs qui orientent les porteurs de projets à travers les maquis administratif et financier. Organisez l'allocation des aides régionales, au démarrage et dans la durée. Evaluez les résultats obtenus. Consacrez 15 % de votre budget d'action économique à l'économie sociale et .

6. Départements, appuyez-vous sur l'économie pour employer les personnes en grande difficulté. Au-delà de l'impératif moral, tout démontre que c'est un investissement rentable pour les finances publiques. En retrouvant un travail, ces personnes deviennent des producteurs de richesses et donc d'impôts et de cotisations sociales.

7. Financiers, prenez des risques sur l'économie . La Caisse des dépôts en a la tradition et les banques mutualistes le font de longue date, parce que c'est conforme à leur vocation et qu'elles y gagnent des clients stables. Le capital-risque n'en est qu'à ses débuts. Toutes les banques peuvent prouver qu'elles sont socialement responsables en inscrivant leurs actions en ce sens dans leur rapport annuel : cela ne manquerait pas d'influencer leur notation.

8. Entreprises, coopérez avec l'économie . Les entreprises solidaires ne sont pas des concurrentes mais des partenaires qui peuvent donner du sens à votre engagement et conforter votre ancrage territorial. Ayez recours à leurs services, passez des marchés de cotraitance et de sous-traitance. Encouragez et abondez la participation de vos salariés à l'épargne salariale .

9. Syndicats, impliquez-vous dans l'économie . Développez l'épargne salariale dans les entreprises. Innovez, pour que les salariés des entreprises solidaires aient les mêmes possibilités de représentation que ceux des entreprises classiques.

10. A l'Etat enfin de lancer un plan en faveur de l'économie et de le respecter. Ce tiers-secteur se développe par l'expérimentation, le bénévolat et l'initiative locale. Mais il a aussi besoin de la solidarité nationale dans la durée. C'est pourquoi l'Etat doit définir un cadre juridique souple et stable, soutenir l'économie par des aides à la personne, par des cofinancements. Il doit se porter garant, à long terme, des financements qui lui sont destinés.

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Version imprimable | Zarchives (côté cour) | Le Mercredi 27/09/2006 | 0 commentaires | Lu 1095 fois



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