C'est un monsieur qui possède une maison. Il y a quelques années, il a investi pour rénover la masure et la mettre en location. La maison est vieillotte. Elle ne paie pas de mine, cependant. Elle dispose d'un vaste terrain. Elle est située dans une petite ville, non loin d'une rivière. C'est une bâtisse posée à même le sol, barraque d'ouvrier de naguère, abri de jardinier ou de maraîcher. Elle a d'ailleurs été dans l'oubli pendant une vingtaine d'années. Et puis nous sommes venus nous installer là. La maison présentait quelques défauts mais elle est tout à fait habitable. Nous y sommes bien.Les maisons sont comme les gens. Dans le temps, elles évoluent. Des muscles et des rides apparaissent. La marche est plus lente. C'est ainsi. En l'occurrence, l'humidité ambiante se fait plus prégnante à chaque automne. L'air prend ses aises à travers des huisseries qui ont la trentaine bien entamée. La maison est fraîche en été, froide l'hiver. Depuis peu, jonc de mer et meubles se piquent de taches verdâtres. Faut nettoyer beaucoup, aérer (trés) souvent. Pas trés cool. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois : nous prenons contact avec le propriétaire ; nous voulons lui montrer. En parler avec lui. Mais il est un peu dans la défausse. Il ne l'entend pas trop de cette oreille. Il a investi, il
perçoit les loyers. Il ne répond pas aux courriers. Pour le reste, pas se prendre la
tête. S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problèmes pourrait être sa devise. Alors ça traîne. On ne résoud que les
incontournables. Ce
n'est pas de la gestion, c'est du colmatage.
Finalement, après un énième appel, il a fini par venir. Il a beaucoup fait ouh là là, à mesure qu'on lui montrait ceci, qu'on lui disait cela. Il faut intevenir, on lui a dit. Il y a des travaux à faire. Il a demandé du temps pour réfléchir. Nous a demandé notre projet. Lui avons dit que c'était de vivre dans une maison saine. Que la manière dont cela se ferait était à discuter. Soit c'était lui, soit on envisageait l'achat. A débattre, quoi. Mais si rien ne bouge, nous ne resterions pas. Il est reparti.
Comme cela va-t-il évoluer ? La suite au prochain numéro. Sachant qu'on en a déjà causé ici.
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