S'identifier


Métier de parent, l'apprentissage permanent

Dans la série des têtes bien pleines.

J'aime ça. Beaucoup. Même si j'en chie. Souvent. C'est la vie ? J'aime quand les cogitations animent les tréfonds de soi. J'aime l'oser sous l'angle de la résilience, faire d'un problème une opportunité, d'un gloubiboulga profond une piste à suivre, un chemin à arpenter. J'aime quand le quotidien est un squellette démantibulé, un moteur dont on a démonté chaque pièce, et qu'on s'essaye à assembler pour que ça fonctionne. Le puzzle de nos jours, la joie d'inventer l'eau chaude. Le tumulte alentour n'est pas toujours une obligation, un alibi, un refuge ou un ennemi. Il est là, voilà tout. C'est notre bataille à nous.
J'aime quand les idées, les pensées deviennent des et quand le quotidien ressemble à un itinéraire dont ces seraient les premiers pas. Ils se font prudents, hésitants, incertains. Ou osés, audacieux, souriants, toniques. L'un, puis l'autre, puis plus rien, puis tout ça. Des qui existent, quitte à n'être qu'éphèmères. J'avance, je recule, je suspends le pas, j'accélère. Horizon, me voilà. Scrutent les prunelles. Je pense. Donc je suis ?
Depuis quelques semaines maintenant, notre grand de huit ans rencontre des probèmes lorsque le soir venu, il convient de dire adieu à la journée écoulée et de sombrer dans les bras de morphée. C'est pour lui devenu une montagne à escalader, à moins qu'il ne s'agisse d'un précipice dans lequel il mettrait toute son énergie pour ne pas tomber.-----
Les faits sont là, imparables : il ne sait plus s'endormir. Heureusement, il dort bien... quand Morphée a choisi de lui foutre la paix. Chaque soir est une épreuve. Qui tape les nerfs. Les siens. Par ricochet, les nôtres. C'est une de ces épreuves qui rappellent comme parent c'est un apprentissage permenant et comme être un enfant, ce n'est pas toujours une synécure.

Il ne sait pas ce qu'il se passe. Il ne comprend pas. Nous non plus. Il attend. Que ça se solutionne. Nous cherchons. Pour le moment, ce n'est pas trés probant. Mais le fait son oeuvre.
Ce dimanche matin, nous avions une réunion avec madame. La maman. Une réunion éducative et parentale. Faire le point, essayer de comprendre et de , échanger vues et intuitions, pensées et sensations.
L'école s'apprête à reprendre du service et après quinze jours de vacances où l'enfant a pu sans dommages s'endormir trés tard puisque pouvant se lever tard, nous nous demandons diantre fichtre comment ça va bien pouvoir se passer si le petit fumier ne dort pas plus. Si parent, c'est subir, c'est aussi essayer d'anticiper, autant que faire se peut.
L'enfant change. L'enfant grandi. Il a physiquement évolué. Le voilà plus grand, plus fort. Il faut que le mental suive, et l'analyse indique que c'est trés certainement ce qui est en train de se passer. Dans la crispation. Les nerfs en pelote. Pelote dont il convient aujourd'hui de démêler les fils. Dénouer les noeuds. pas simple quand c'est pour soi, difficile quand c'est pour son propre enfant.
Ce dimanche, alors que les tatonnements se promettent de durer quelques encore, je mesure une fois encore qu'on ne naît pas parent mais qu'on le devient. Et ce sont nos enfants qui nous l'apprennent. Ou nous le rappellent. Il nous indiquent non les pas à faire mais le fait qu'il y ait des pas à faire. Et j'aime ça, en ce que ça promet et permet des évolutions, des adaptations, des modifications. je conçois aussi, du coup, que ça puisse produire l'inverse. générer des peurs, des blocages, entériner des fausses pistes. Mais je n'ai pas envie de cette route-là. L'enfant fait sa vie et nous observe. Il attend que nous fassions la nôtre. Et lui indiquions le chemin. On s'y emploie.

Version imprimable | Café mômes | Le Dimanche 07/01/2007 | 5 commentaires | Lu 384 fois


Commentaires

Etre parent, c'est évoluer en permanence. Ne pas agir à leurs quatorze ans comme on le ferait à leurs quatre ans. Prendre la température, adapter le remède. Se souvenir de son enfance. Et surtout, beaucoup discuter pour comprendre.
Vous trouverez la solution à ce rythme. Forcément.

 


La grande Loulou | Le Dimanche 07/01/2007 à 23:12 | [^] | Répondre

Re:

Merci pour ces encouragements. Je pense aussi les choses en terme de patience, d'échanges, de paroles. D'ailleurs, j'en sors... ! 0 h 45, le gars qui dort pas... Suffit juste de pas du tout penser que l'école débarque dés ce lundi et tout va pour le mieux, n'est-ce pas ? !!! En attendant, il a pleuré un bon coup, ça fait pas de mal, on a papoté de pas mal de choses... Semer, semer, semer... Il en sortira bien quelque chose !

 


Didier | Le Lundi 08/01/2007 à 00:50 | [^] | Répondre

Re: Re:

Je vois que le souci de sommeil n'est pas résolu, oh45, c'est très tard effectivement, pas facile pour toute la famille.

Essayez l'homéopathie, cela permettrait peut-être de le relaxer, il y a forcément quelque chose qui le bloque pour ne pas arriver à fermer les yeux.  Vous êtes là à le rassurer, il le sait et ne va pas s'en priver de tout cet amour de parent. Cela lui confère une attention particulière par rapport à son frère, ne craignez-vous pas qu'il s'installe dans cette relation mi-conflictuelle, mi-privilégiée ? Simple questionnement comme vous devez le faire, ça n'aide pas ce que je dis, je sais bien.
J'ai eu ce souci avec ma fille un temps, nous avions installer ce problème finalement avec le recul, je le crois. il est arrivé un jour où nous n'avons plus"joué le jeu", nous étions d'accord, mon mari et moi, pour ne pas nous relayer à son chevet... Des crisess de pleurs, une concession, lumière allumée toute la nuit, un nouveau joujou qui dormirai à ses côtés, parler du programme du lendemain succintement, bisous et au dodo. Papa et maman se retrouvent seuls enfin !

 


Edenlys | Le Vendredi 12/01/2007 à 11:22 | [^] | Répondre

Epreuve à vivre

ô, justement, je ne suis pas sûr que nous l'ayons autant rassuré que cela ! C'était plutôt dur, et je crois que cela a aussi accentué le phénomène. Il a souvent exprimé la peur de nos réactions, par exemple. La crainte d'être le dernier à s'endormir, également. Pendant un temps, c'est justement le "maintenant, c'est le moment des parents et tu vas rester dans ta chambre s'il te plaît " qui prévalait, avec le cortège d'explications qui vont avec, sur les moments des uns, des autres, la vie des grands, celle des plus petits, etc. Y'a même eu du " puisque tu ne dors pas, et que tu arrêtes pas de faire du bruit, tu vas aller dormir dans un autre lit, c'est pas la peine de réveiller les autres ". J'en passe et des meilleures, bien sûr. Les engueulades de bon aloi, les tentatives pacifiques de parole(s) qui calment, les calins, les échanges pour essayer de savoir ce qu'il a fichtre dans le bocal. Le stress des parents aussi, d'ailleurs. L'oreille aux aguêts, la nuit venue, pour sentir s'il dort ou non et pis non, bien sûr.
Quelques semaines, donc, que ça dure, et pour ma part, aujourd'hui, une conviction : lui et nous avons cela à vivre. C'est une épreuve à traverser. Lui et nous avons choses à apprendre, à faire évoluer. Conviction, aussi, que  ce sont plein de trucs qui ont conduit à cette situation, qu'il convient de décoder, afin chacun et surtout nous, parents, de remettre l'ouvrage sur le métier, comme on dit. Ses difficultés à s'endormir, car fort heureusement, il a ensuite une excellente qualité de sommeil, ne tombent jamais par hasard. Il y a des déroulés de journées qui expliquent des choses, des lendemains qui s'appréhendent, etc.
Avec la reprise de l'école, par exemple, je note du mieux mais on a un peu aidé, il faut dire. L'homéo n'a pas marché. Le Nopron, par contre, a bien fonctionné. Y compris sous l'angle placebo.


 


Didier | Le Samedi 13/01/2007 à 09:32 | [^] | Répondre

Re: Epreuve à vivre

Tout cela est juste, votre enfant grandit et il parviendra avec de l'aide à vaincre ses peurs, trouver la confiance nécessaire pour.

Bon courage en attendant. ;)

 


Eden | Le Samedi 13/01/2007 à 21:41 | [^] | Répondre

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