J'aime quand les idées, les pensées deviennent des mots et quand le quotidien ressemble à un itinéraire dont ces mots seraient les premiers pas. Ils se font prudents, hésitants, incertains. Ou osés, audacieux, souriants, toniques. L'un, puis l'autre, puis plus rien, puis tout ça. Des mots qui existent, quitte à n'être qu'éphèmères. J'avance, je recule, je suspends le pas, j'accélère. Horizon, me voilà. Scrutent les prunelles. Je pense. Donc je suis ?Depuis quelques semaines maintenant, notre grand de huit ans rencontre des probèmes lorsque le soir venu, il convient de dire adieu à la journée écoulée et de sombrer dans les bras de morphée. C'est pour lui devenu une montagne à escalader, à moins qu'il ne s'agisse d'un précipice dans lequel il mettrait toute son énergie pour ne pas tomber.-----
Les faits sont là, imparables : il ne sait plus s'endormir. Heureusement, il dort bien... quand Morphée a choisi de lui foutre la paix. Chaque soir est une épreuve. Qui tape les nerfs. Les siens. Par ricochet, les nôtres. C'est une de ces épreuves qui rappellent comme parent c'est un apprentissage permenant et comme être un enfant, ce n'est pas toujours une synécure.
Il ne sait pas ce qu'il se passe. Il ne comprend pas. Nous non plus. Il attend. Que ça se solutionne. Nous cherchons. Pour le moment, ce n'est pas trés probant. Mais le temps fait son oeuvre.
Ce dimanche matin, nous avions une réunion avec madame. La maman. Une réunion éducative et parentale. Faire le point, essayer de comprendre et de partager, échanger vues et intuitions, pensées et sensations.
L'école s'apprête à reprendre du service et après quinze jours de vacances où l'enfant a pu sans dommages s'endormir trés tard puisque pouvant se lever tard, nous nous demandons diantre fichtre comment ça va bien pouvoir se passer si le petit fumier ne dort pas plus. Si parent, c'est subir, c'est aussi essayer d'anticiper, autant que faire se peut.
L'enfant change. L'enfant grandi. Il a physiquement évolué. Le voilà plus grand, plus fort. Il faut que le mental suive, et l'analyse indique que c'est trés certainement ce qui est en train de se passer. Dans la crispation. Les nerfs en pelote. Pelote dont il convient aujourd'hui de démêler les fils. Dénouer les noeuds. pas simple quand c'est pour soi, difficile quand c'est pour son propre enfant.
Ce dimanche, alors que les tatonnements se promettent de durer quelques temps encore, je mesure une fois encore qu'on ne naît pas parent mais qu'on le devient. Et ce sont nos enfants qui nous l'apprennent. Ou nous le rappellent. Il nous indiquent non les pas à faire mais le fait qu'il y ait des pas à faire. Et j'aime ça, en ce que ça promet et permet des évolutions, des adaptations, des modifications. je conçois aussi, du coup, que ça puisse produire l'inverse. générer des peurs, des blocages, entériner des fausses pistes. Mais je n'ai pas envie de cette route-là. L'enfant fait sa vie et nous observe. Il attend que nous fassions la nôtre. Et lui indiquions le chemin. On s'y emploie.
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