S'identifier


La démocratie ? Une salle des ventes

Dans la série des opinions qui ne mangent pas de pain.

Les sondages, d'accord, c'est bon enfin bref. Mais certains amènent tout de même des choses étonnantes. Ainsi celui paru dans le Figaro. Qui nous apprend que 7 français sur 10 se disent déçus par la électorale des présidentielles.
J'y lis le fait qu'il y avait de l'attente, de l'espoir, et quelque part, c'est un bon signe, non ? Les gens ont envie d'y croire. D'espérer. Tellement glauque, sinon;
Plus surprenant, dans ce même sondage, et pour tout dire ça me troue un peu la ciboulette : presque un sondé sur deux (43 % pour être précis) estime que " personne n'est responsable " de cette situation. J'y lis le fait que parallèlement à l'attente, il y a de la désabusion après coup. Et c'est moins bon signe. Un coup j'y crois, un coup j'y crois pas : voilà de quoi alimenter la thèse d'un probable vote d'impulsion, de dernier moment peut-être bien.

Personnellement, je n'accroche pas avec cette . La manière dont nous sont présentées les choses ne me "parle" pas, entre cultes de la personnalité d'un côté, ambiances délétères de l'autre, coups bas et vacheries qui donnent envie de revoir tout la politique d' nationale. Elle est pas là pour produire des "cerveaux" qui pensent si petit.
Bref, ce n'est pas du tout à la hauteur des enjeux, tout cela. Mais faut-il s'en étonner ? Cette est celle des chiffres, des lobbyings de tous poils, avec des programmes qui n'émergent pas et des projets qui ressemblent au mieux à des catalogues.
La démocratie est devenue une salle des ventes. C'est à qui piaillera le plus fort. Pour méditer un peu, ci-dessous un extrait d'un texte de Umberto Eco. Où il est question de populisme. Toutes ressemblances avec des personnages ayant réellement exsisté etc. !!!
Le populiste s'appuie non pas sur le peuple mais sur une projection idéale et fantasmée d'une assemblée gagné à sa cause et dont la fonction principale est d'approuver son action. Par ailleurs, le populiste évite systématiquement toute confrontation réelle avec le peuple. Berlusconi n'allait jamais au Parlement mais réservait ses discours aux .
(...) Auparavant, dans un monde sans , le peuple n'avait pas de contact avec ses dirigeants. Le peuple ne voyait guère son roi qu'une fois dans sa vie, quand au lendemain de son sacre il visitait ses provinces et guérissait les écrouelles. Mais dès lors que le politique a commencé à se montrer, il est devenu un acteur. Il devient très difficile pour un honnête homme politique de ne pas être lui-même une dupe du système. Aujourd'hui, les hommes politiques réservent la primeur de leurs déclarations à la télévision avant de s'adresser au Parlement qui leur permettrait pourtant d'étayer et d'argumenter leurs propositions. C'est le début du populisme. En privilégiant l'exercice médiatique, ils se cantonnent eux-mêmes au seul slogan. (...) Umberto Eco.
 

Version imprimable | Campagne pour tout le monde ! | Le Vendredi 02/02/2007 | 0 commentaires | Lu 298 fois



Recherche


Archive : tous les articles