Il y a des étapes qu'il ne faut pas brûler, et peut-être aujourd'hui a-t-on tendance à raccourcir celle de l'enfance... Béatrice Copper-Royer, pédiatre interviewée par un journaliste de La Croix, plaide pour que les parents reprennent confiance dans leur rôle. Qu'ils ne considèrent pas trop tôt qu'ils n'ont plus leur mot à dire, qu'ils transmettent leurs valeurs et leur expérience, et qu'ils préservent aux 8-12 ans une enfance à part entière.
Une enfance où l'on a le temps de jouer, sans enjeux et sans pressions. Déjà le pédiatre Winnicot pointait les vertus du jeu, qui aide à expérimenter sans danger toute la palette des émotions et relations humaines, qui permet d'évacuer en douceur tensions et agressivité. Or, justement, les enfants ne jouent plus beaucoup, rivés à la télévision ou à leurs écouteurs. Les fabricants de jouets ont été les premiers à s'en désoler, eux qui voient leur marché se tarir dès l'âge de 7 ou 8 ans...
Une enfance où l'on a le droit d'être insouciant, et de faire confiance aux adultes pour la conduite de sa vie.
Pour cela, rien ne vaut les limites et les interdictions, même si elles sont désagréables sur le moment. Elles permettent de protéger les enfants de ce qui «n'est pas pour eux» . Elles permettent aussi, à un moment où cela est encore possible, de mettre en place des règles et des lois. Celles-là mêmes qui permettront de grandir. Et de franchir sans encombre l'étape suivante, celle de l'adolescence. Sinon, contre quoi pourront-ils s'opposer, quand viendra la nécessité de prendre de la distance avec les parents ? Ils seront obligés d'aller plus loin encore dans la rébellion et le danger... Une enfance où l'on découvre le plaisir d'apprendre, où l'on est disponible pour toutes les découvertes, prêt à tous les apprentissages, pour peu qu'on les propose de manière adaptée. Où l'on est content aussi de partager ce plaisir avec les parents : le meilleur moment pour les randonnées communes, les visites de châteaux ou de pays nouveaux, les fêtes où les deux générations s'amusent.
«Il ne s'agit pas de vouloir faire vivre les enfants en dehors du temps ni de tout interdire, mais simplement de ne pas se laisser dicter sa vie ni par la société de consommation ni par des enfants sans expérience. Les parents sont riches de tout leur parcours humain, de leur bon sens et de leur esprit critique, ils ont une vision du monde, des valeurs à transmettre... Ils doivent avoir la conviction qu'ils ont la capacité de guider leurs enfants», conclut la psychologue.
Peut-être ces parents qui manquent de conviction ont-ils été trop soumis aux experts en tous genres qui entourent nos enfants ? La fameuse crise de l'adolescence est si détaillée partout, qu'ils chercheraient à l'anticiper pour mieux l'éviter ?
Texte extrait de l'un des articles de la rubrique "Parents et enfants" du quotidien La Croix. A découvrir en cliquant ici. L'article source quant à lui a été dégoté là.
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