S'identifier


Trop dans la caboche

En une semaine, tout l'univers professionnel de madame s'est donc effondré. C'en est saisissant quant à la fragilité de ce que l'on construit, finalement.
De nos jours, aimer son boulot, vouloir bien le faire, se donner les moyens que ça fonctionne, que ça ait du sens, etc, c'est dingue comme c'est être complètement décalé limite à côté de la plaque. C'est impressionnant comme c'est être une forme d'extra-terrestre. Dans le cas de madame, ça l'est encore plus puisqu'elle a accepté un poste sous-dimensionné par rapport à ses diplômes. Et sous payé par rapport à la mission.
Pourquoi ? Par envie de relever un défi, par désir de mener une mission innovante, par souhait aussi de bosser dans la ville où nous habitons. Par désir, aussi, d'évoluer dans une petite structure où pourraient se mettre en place des vraies relations humaines, lisez des relations de confiance. Limite ringard, tout cela, non ?----- Tellement vrai, pourtant. Mais comme le dit Thiéfaine, casse toi de mon ombre tu fous du soleil sur mes pompes... A tout cela, finalement il ne pouvait être opposé que le recours aux ragots et à la rumeur. A la méchanceté. Ce qui grandi, on le rend plus petit. Chéri, j'ai rapetissé les gosses ! Comme s'il valait mieux détruire ce qui fonctionne, semblent se dire quelques uns. Plutôt que de s'en inspirer pour évoluer soi ou dans son domaine. , tu fais mal parfois !
Les agissements scandaleux dont madame a autant été la victime que l'objet que le sujet sont en tout cas là pour témoigner (si besoin était) combien en ces tourmentés, les relations humaines sont bien méprisées et combien derrière les agresseurs du moment se nichent des souffrances et des mal être. De l'irrationnel, aussi.
Rien n'explique rien. Rien ne justifie rien. Mais au fond, même dans les coins reculés de l'hexagone, même dans des associations à caractère , des choses pas belles avec des égoshypertrophiés et des coeurs qui avancent à reculon "cassent" des gens.
J'y vois le signe que l'on n'est pas rendu, comme on dit l'Ouest. Qu'il y a du boulot à faire pour que ce monde invivable le soit un peu plus. J'y vois la preuve, aussi, que des dégats considérables se sont engouffrés dans bien des caboches, y compris celles, avenantes, qui semblaient de prime abord pouvoir contribuer à un monde meilleur.
Tout cela donne envie d'être le roseau qui plie mais ne rompt pas. Question de principe. Question de bon sens. Ils le valent bien. Non les tueurs. Non les censeurs. Non les petits bras. Mais nos amis, nos familles, nos enfants. Le coeur doit réapprendre à parler et à se poser. Il n'est pas une tare. Mais les cerveaux surchauffent un peu trop. Ceci explique peut-être cela.



Version imprimable | Zarchives (côté jardin) | Le Jeudi 06/07/2006 | 5 commentaires | Lu 612 fois


Commentaires

Désolé pour madame, mais j'ai le sentiment pour bien connaître le milieu que dans le social, pas  de social entre collègue, on va pas ramener du travail à la maison.J'espère que ton petit bout de femme a les nerfs assez solide, en tout cas elle a tout mon soutien.Une grande phrase qui pourra peut ^tre lui remonter le moral,"c'est vraiment trop injuste"

 


seb | Le Vendredi 07/07/2006 à 09:46 | [^] | Répondre

Ouf !

18 juillet, une réunion était organisée suite aux "soucis" du 30 juin. Madame y est allée et en est ressortie assez grandie, je trouve. Notamment dans sa volonté de ne pas banaliser ce qui s'est passé, mais aussi dans son "bilan" de la situation. Plutôt que d'entrer dans les psychodrames et autres pétages de cable des esprits surchauffés, elle a préféré dire de manière professionnelle que tout cela avait sans aucun doute rappelé qu'il était nécessaire de prendre le temps de structurer les postes, les missions, les fonctions de chacun. Et elle a proposé que cette partie là du boulot soit intégré à son travail. Assentiment des différents partenaires qui étaient assis autour de la table. Voilà qui ma foi donne de la perspective, ce qui tombe bien, puisque c'est précisément ce qui avait volé en éclat au départ. Du coup, madame peut partir l'esprit serein en congés. Et c'est une bien belle victoire car il y a quinze - vingt jours de cela, on était loin de ça et d'oser penser à ça ! Chapeau bas...

 


Didier | Le Mardi 18/07/2006 à 14:59 | [^] | Répondre

Bravo pour le côté PRO qu'à fait ressortir madame, évitant l'écueil du psychodrame. Hélas, Monsieur, comme tu l'as dit toi même, que ce soient chez les enseignants, chez les éducateurs, bref, chez tous ceux qui travaillent dans "le social", tous ces milieux sont extrêmement pathogènes ! Chacun a pu le vivre à ses dépens. Mais le revers de la médaille est que l'on peut ressortir grandi de ce genre d'expérience, à condition de ne pas vivre dans le conflit en permanence évidemment.

En chinois, CRISE signifie deux choses : DANGER ou OPPORTUNITE. Il semblerait que Madame a saisi une opportunité ... En tous cas, elle a bien mérité ses vacances !

 


Carole | Le Mardi 18/07/2006 à 16:37 | [^] | Répondre

Re:

Je le reconnais : elle m'impressionne ! Je crois que le bon truc, c'est de resituer les choses. Pourquoi je travaille, pour qui. Après, il y a les contextes locaux mais en même temps, il y a la mire qui est fixée, le cap à atteindre et sûrement que ça aide ! Et puis nous échangeons beaucoup autour de tout ça, depuis la fin juin. La parole, la vraie : ça aide !

 


Didier | Le Mardi 18/07/2006 à 16:59 | [^] | Répondre

Comme quoi il est hyper important d'avoir un bon cadre/projet, auquel on peut se référer... mais félicitations à ta moitié d'avoir trouvé l'énergie pour tourner la situation ainsi !

 


Marie | Le Mardi 18/07/2006 à 18:23 | [^] | Répondre

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