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Vite, remettons les cons dans le circuit !

Dans la série la balle au centre ne permet pas de jouer la partie.

Parlions politique avec un copain, ce week-end. Je veux dire, parlions vraiment de politique. D'outillages démocratiques, en fait. Pas du grand jeu digne de la loterie nationale qu'on nous sert en ce moment. Parlions en particulier de la désaffection des gens, de la quasi disparition de l'esprit collectif, de ce que d'autres appellent l'intérêt général. Et de son sens. Le fameux sens de l'intérêt général, bouté hors de l'hexagone, galvaudé, désuet, tellement les intérêts et les cas particuliers l'ont mangé tout cru, à l'image de ce code des impôts bourré de décerts divers et variés, éxonorant ceux-ci de celà et ceux-là de ceci. Parlions donc de la vie démocratique, de l'implication du dans tout cela, et donc, de la non vie démocratique, de la non implication. On peut d'ailleurs trouver un prolongement/éclairage sur cette question en cliquant ici.
N'en parlions pas le sourcil froncé, l'oeil sévère, le doigt tendu de ceux qui jugent d'un mauvais oeil les ceusses qui ont plié bagage.
N'en parlions pas non plus sous l'angle virtuel, théorique ou utopique des il faudrait. Ni n'en parlions avec l'arrogance de ceux qui ont tout pigé, bien sûr, et qui savent, évidemment, ce qu'il faut faire.
Non, nous en parlions avec le souci de ceux qui aimeraient pouvoir trouver des solutions. Avec une humilité certaine, une conscience peut-être, d'un long chemin à parcourir.
Conscients finalement qu'il n'y a pas de recettes toutes faites. D'accord sur l'idée que si parfois nous sommes tentés de penser que ce sont les systèmes qui défont les hommes puis qui les font, il est clair que ce sont les hommes qui font les systèmes et qui donc... peuvent les défaire.
On en arrive alors à ce qui nous unissait dans l'échange, lui et moi. La sensation que tout est affaire à d'état d'esprit. D'animation. De médiation, pour reprendre un terme à la mode. D'espaces intermédiaires, si vous préférez. Ces espaces rognés de partout, aujourd'hui disparus, et dont il faudrait retrouver le sens.
Et c'est alors que je me suis surpris à dire ceci : " Il faut réintroduire les cons dans le débat. Comme ça, on retrouvera le débat " .
Je veux dire, les vrais cons. Pas les faux cons, ni les faucons. Non, les vrais, ceux qui pensent et disent des trucs énormes, à vous faire hérisser le poil, sauter en l'air, crever le plafond. ceux qui vous donnent envie d'exprimer et non de rentrer colère. Et pas via un poste de télé ou un écran d'ordinateur, non. Dans le quotidien, là, sous vos semelles. Les vrais cons, ceux-là mêmes que le politiquement correct et la langue de coton s'évertuent à évacuer du paysage.
Ce sont ces cons qui nous manquent le plus, je crois, en ce qu'ils permettent permettaient de se situer, en ce qu'ils apportent apportaient par défaut des obligations d'intelligence, en ce qu'ils aident aidaient à remettre au coeur du nid ce qui manque : la tolérance, la patience, le respect des différences.
Les cons sont toujours là, bien sûr. Mais ils se cachent, maintenant. Où ils sont cachés. Vite, déterrons-les !!! D'autant que ça a de l'avenir : il paraît qu'on est toujours le con de quelqu'un. La classe, non ?

Accompagnement sonore : Le roi des cons, Georges Brassens, par Noir Désir.

Version imprimable | Campagne pour tout le monde ! | Le Lundi 13/11/2006 | 7 commentaires | Lu 1694 fois


Commentaires

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Rezo.net : "Vite, remettons les cons dans le circuit ! (Utopie 11h23)" rel="nofollow"

 


| Le Lundi 13/11/2006 à 11:40 | [^] | Répondre

Moi, je suis un con, un vrai! Qu'on me donne la parole!

"Les cons sont toujours là, bien sûr. Mais ils se cachent, maintenant. "

Pas vrai! Seulement, je ne suis pas seul! Une foule! Veulent pas me laisser le bénéfice de la connerie, rien de plus démocratique et égalitaire que la connerie, Descartes le disait y'a des siècles!

"il paraît qu'on est toujours le con de quelqu'un"

Je parviens même à être le con de tous! Un con pour tous, tous pour un con! Votez pour moi, un con à l'Elysée, pour la continuité dans le changement!

 


bert | Le Lundi 13/11/2006 à 13:43 | [^] | Répondre

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Rezo.net - Relevé sur le Net... : "Vite, remettons les cons dans le circuit !" rel="nofollow"

 


| Le Lundi 13/11/2006 à 17:22 | [^] | Répondre

Les cons en ont marre qu'on les prennent pour des cons sous pretexte qu'ils n'ont ni la culture ni l'intelligence pour participer aux débats ou qu'ils ont des idées hors norme. Dès qu'ils sortent une connerie, tout le monde se ligue contre eux. Le dernier exemple notoire concerne Le Pen et Dieudonné, avouez qu'ils succitent presque l'unnanimité contre eux et, sans aller jusqu'à voir un Bayrou et une Laguilier ou un Besancennot et une Boutin se rouler des patins (j'ai pas osé le couple vedette ;-), admettez que c'est pratique pour susciter un haut le coeur général. Le seul problème avec ces cons là (les deux premiers, ne me faites pas dire ce que j'aurais voulu dire je n'ai pas dit) est qu'ils n'ont pas nécessairement conscience d'être cons, d'où leur succeptibilité, d'où leur usure. Je dis bien usure car si certains sont encore sur la scène médiatique après près de trente ans de présence, on ne peu pas dire qu'ils se renouvellent beaucoup.

Non, le problème se situe au niveau des cons que l'on n'identifie pas comme tels.
S'il leur arrive d'être traité de con, ce n'est jamais que par une frange en total désaccord, et cela ne dure pas.Ceux-là sont dangereux, ils ont la sapience et la rhétorique à leur avantage et que leur mode de raisonnement soit totalement faussé par la connerie, passe inaperçu.

Enfin, les cons volontaires.
Ceux qui se dévouent pour passer pour des cons. Ceux qui provoquent la réflexion par des positions outrancières ou simplement déviantes. Ceux qui se font systèmatiquement l'avocat du Diable. Ceux qui sacrifient leur réputation et leur mérite. Ils ont conscience qu'une solution doit paraître venir de qui la reçoit pour être acceptée et se font fort d'amener ces aveugles à la lumière sans avoir donné l'impression de les y aider. Tâche hautement compliquée dans la mesure où il faut non seulement doser sa connerie a priori afin que la réaction soit de la force appropriée, et la diriger à peu près à l'inverse du but visé. A la fois propulseur et pilote au rétroviseur, sa tâche n'est qu'à peine facilitée par la possibilité d'en remettre une couche.

Ça se complique quand le con pense ne pas l'être et décide malgré tout de se ranger parmis les cons volontaires. Ainsi nous avons là un individu persuuadé de ne pas être le dernier des cons  mais décide de l'être pour éclairer le monde, et ne comprend pas qu'il y ait tant de cons pour agréer à ses inepties volontaires et tant d'autres pour ne pas le rejoindre sur ses intimes convictions, voire pour le traiter de con !

Personnellement, je me range parmis les cons lucides qui font l'effort d'accéder à l'intelligence (avec plus ou moins de succès) et essayent de faire réléchir les autres en prenant le parti de la dérision ou de l'outre-cuidance, c'est selon, bref un con qui provoque pour évoluer lui-même. Mais je suis sans doute con de faire çà !

J'aime bien le détournement : un con pour tous, tous pour un con. Ça me rapelle une chanson de La rue kétanou ;-)
Et à l'inverse des Z'amis d'ta femme, je dirais "diguedondon, vive les cons"

 

 


Jimmy | Le Lundi 13/11/2006 à 21:00 | [^] | Répondre

Re:

Bel exercice, Jimmy. Je me sens con, maintenant. De quel con au juste ai-je voulu parler ? Est-ce que con, c'est le bon mot ? Pas sûr !!!


 


Didier | Le Mardi 14/11/2006 à 07:09 | [^] | Répondre

Les cons?....


Les cons?.... mais, mon gars.... les cons, les vrais, ils sont partout,
à la TV, en politique, la pensée molle, moyenne, la médiocrité (pas au
sens grec du terme, ça se saurait...), c bien ça le problème; les
autres vrais cons, le con ordinaire, le philosophe de comptoire, dont
peut être tu causes, l'écouter d'une oreille distraite et se marrer...
ça sert à rien de pisser dans un violon... non, les vrais cons, dixit,
plus hauts, faut les museler! ils envahissent l'air, brouillent les
pistes, sopnt les héraults du relativisme généralisé.... les chantres
de la perte de repères et se prétendent dès lors, ceux qui vont
apporter la solution... travail, famille, patrie, fin du commentaire,
"mon maréchal"...

 


Iznogould | Le Mardi 14/11/2006 à 06:22 | [^] | Répondre

Re: Les cons?....

C'est quoi le sens grec du terme médiocrité ?

Tu peux accuser les centristes de faire dans le consensuel et nos dirigeants d'immobilisme, voire de ressasser les mêmes idées depuis trop longtemps, ce n'est pas totalement vrai car l'explication est simpliste.
Je ne crois pas que, s'il y a besoin de casser ce cercle vicieux, nous y parviendrions par les extrêmes. Il faut tout de même prendre en compte tous les facteurs avant de trancher une question et dans cette mesure, le relativisme est nécessaire à un moment ou un autre.

Et puis enfin, pour répondre à ton attaque à peine déguisée ou totalement fortuite, que proposes-tu pour débrouiller ces discours parasitaires dont tu te fais le pourfendeur sans toutefois donner d'exemple de déconstruction ?
Je te propose l'intelligence, la culture et la philanthropie, rendons les obligatoires, ce sont les seuls phares anti-brouillard pour la connerie.

Sinon, c'est là une diatribe qui pourrait convenir à nombre d'orateurs véhéments, à droite comme à gauche. Sans doute l'illustration la plus parfaite de l'interchangeabilité des discours comme de ceux qui les tiennent ;-)

 

 


Jimmy | Le Mercredi 15/11/2006 à 11:25 | [^] | Répondre

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