N'en parlions pas le sourcil froncé, l'oeil sévère, le doigt tendu de ceux qui jugent d'un mauvais oeil les ceusses qui ont plié bagage.
N'en parlions pas non plus sous l'angle virtuel, théorique ou utopique des il faudrait. Ni n'en parlions avec l'arrogance de ceux qui ont tout pigé, bien sûr, et qui savent, évidemment, ce qu'il faut faire.
Non, nous en parlions avec le souci de ceux qui aimeraient pouvoir trouver des solutions. Avec une humilité certaine, une conscience peut-être, d'un long chemin à parcourir.
Conscients finalement qu'il n'y a pas de recettes toutes faites. D'accord sur l'idée que si parfois nous sommes tentés de penser que ce sont les systèmes qui défont les hommes puis qui les font, il est clair que ce sont les hommes qui font les systèmes et qui donc... peuvent les défaire.
On en arrive alors à ce qui nous unissait dans l'échange, lui et moi. La sensation que tout est affaire à d'état d'esprit. D'animation. De médiation, pour reprendre un terme à la mode. D'espaces intermédiaires, si vous préférez. Ces espaces rognés de partout, aujourd'hui disparus, et dont il faudrait retrouver le sens.
Et c'est alors que je me suis surpris à dire ceci : " Il faut réintroduire les cons dans le débat. Comme ça, on retrouvera le débat " .
Je veux dire, les vrais cons. Pas les faux cons, ni les faucons. Non, les vrais, ceux qui pensent et disent des trucs énormes, à vous faire hérisser le poil, sauter en l'air, crever le plafond. ceux qui vous donnent envie d'exprimer et non de rentrer colère. Et pas via un poste de télé ou un écran d'ordinateur, non. Dans le quotidien, là, sous vos semelles. Les vrais cons, ceux-là mêmes que le politiquement correct et la langue de coton s'évertuent à évacuer du paysage.
Ce sont ces cons qui nous manquent le plus, je crois, en ce qu'ils
Les cons sont toujours là, bien sûr. Mais ils se cachent, maintenant. Où ils sont cachés. Vite, déterrons-les !!! D'autant que ça a de l'avenir : il paraît qu'on est toujours le con de quelqu'un. La classe, non ?
Accompagnement sonore : Le roi des cons, Georges Brassens, par Noir Désir.
C'que vous en dites
→ plus de commentaires